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Hospital terror - Jude / Sol
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Charlie White
froid et détaché
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froid et détaché

Dim 14 Oct - 20:12

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La nuit est courte. Elle ne nous offre que peu de sommeil. Je me laisse bercé , doucement dans le calme de l'appartement de Jude, un endroit que j'aime. Que j'ai toujours aimer. Même quand l'endroit était crasseux, a peine respirable. J'aime bien ici , j'me sens en sécurité , ici. Même si les conséquences de cette nuit passée hors de chez maxine risquent d'être lourde. Je dors pas , ou très peu. La nuit est courte et je me lève vers quatre heure du matin , pour ne plus jamais me recoucher. Je termine le paquet de cigarette de Jude , adosser en silence contre sa fenêtre que j'avais ouvert doucement. Il dort profondément , mon frère sans doute épuiser par toutes les émotion de la veille.  Et je repense à nos échanges , je repense à Maxine à ses menaces et à tout ce qui se passe dans ma vie. J'repense encore aux choses pas belles , à celles auxquelles je devrais vraiment pas penser , si j'veux continuer à être saint d'esprit. J'pense à ce qui se passerait pour moi , si Maxine mettait ses menaces à exécution. Si je les retrouve mortes , toutes les deux. J'pense à la mort, en général. En vérité. J'y pense beaucoup , quand y'a l'abandon pas loin. J'y pense à l'abandon. J'y pense souvent , encore plus en ce moment. J'me demande jusqu'où va ma fidélité pour Maxine. Jusqu'où je suis prêt à accepter la folie de cette femme. Où s'arrête mon acceptation ? Où s'arrête ma résilience ? Quand est-ce que je m'arrête d'aimer , de souffrir , d'attendre toujours les mêmes choses ,d'une personne qui n'est visiblement pas apte. Qui ne le sera jamais. Je regrette pas de ne pas avoir écouter ma famille, non. Je regrette pas d'avoir fait mes propres choix , d'avoir écouter mon cœur , d'avoir aimer qui j'ai aimer. C'est pas ça , la nature de mes regrets. Je ne me dis pas que j'aurais du écouter Jude. Que j'aurais du écouter maman. Je ne me dis pas qu'il aurait fallut que je fasse attention, je ne me dis pas que j'aurais du ne pas rencontrer cette femme. Non. Je regrette d'avoir été assez naïf pour penser qu'on m'aimerait un peu, comme ça. Qu'on m'aimerait un peu comme moi j'aime. Sans limite. Ni d'âge , ni de couleurs , ni de sang, ni rien du tout en fait. J'aurais voulu que Maxine m'aime comme je l'ai aimer, moi. Sans aucune limite. Jusqu'à l'épuisement total de mon âme. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une coquille vide. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien du tout. Plus rien qu'une coquille vide , qui fume devant une rue toute aussi vide que lui. Qui écoute son frère dormir. Qui se demande quand est-ce que ce sera au tour de Jude, d'en avoir marre pour de vrai.

Et maman arrive tôt, le matin. Huit heure et demi, elle a cuisiné toute la nuit , elle a fait tout un tas de plat qu'elle laisse à Jude dans son congélateur. Elle m'embrasse, maman. Elle n'a pas du dormir de la nuit , parce qu'elle a les yeux gonflés. De ceux qui disent qu'elle a sans doute pleurer. Je sais que c'est de ma faute. C'est toujours de ma faute , quand elle pleure. Toujours à cause de moi, de mes conneries , de l'inquiétude que je procure et ça me fait grimacer trop fort. Elle est partie au salon me chercher des vêtements propre , elle se rue sur le placard de Jude et l'aide à préparer son sac alors qu'il est sans doute en gueule de bois , fatigué et pas franchement d'humeur à discuter chiffons. Mais maman , dit qu'il faut qu'il soit quand même présentable. « -Et si y'a les parents de ta copine là-bas ? Hein ? T'y a penser , gros malin ? » Elle lui dit et moi je profites de l'agitation autours de l'armoire de mon frère pour me glisser dans la salle de bain et aller me changer, cachant dans mes bras , le jean noir, le t-shirt noir et la chemise vert bouteille que j'aime bien. J'ai eut beau vouloir être discret, j'entends que ça s'arrête de parler de l'autre côté de la pièce. Ou que ça chuchote , j'en sais trop rien.  Evidemment , ça ne me ressemble en rien d'aller m'enfuir dans la salle de bain pour me changer. Mais, je veux pas me déshabillé devant tout le monde. Je ne veux pas que maman voit ça. Alors je m'observe dans le miroir. J'observe le bras brûlé. Je constate les bleus sur mon épaule , sur mes côtes. J'regarde et puis ça me donnes envie de chialer.  J'voudrais bien dire que c'est rien que des blessures. Parce que ça n'est que ça. Et je suis un boxeur. Je suis pas un putain de mec fragile qui sait pas se défendre. Alors... Alors pourquoi je ressemble à ça ? Pourquoi j'ai cette gueule. Pas un seul endroit qu'est pas inquiétant sur le corps. Et quand ça tape à la porte , j'enfile vite , à la hâte , très vite, même, le t-shirt et la chemise. « -Ça va ? »  Elle dit, maman à travers la porte et je ne réponds pas, je sors de la salle de bain , le sourire factices aux lèvres. Alors que ma mère et Jude échangent un regards. Oui , je le vois. C'est l'inquiétude qui trouble leurs yeux.  Quoi faire d'autre ? Que dire de plus ?
J'enfile mes dr Martens et je m'assois sur le lit en attendant que Jude soit prêt.

Les quatres heures de voitures qui nous séparent de NY sont assez silencieuses. Je n'arrive pas à parler. Je voudrais bien , dire des choses , et puis rassurer Jude. Mais, j'ai aucun mot qui me viennent en tête. Il parle pas beaucoup non plus. Ses demi-sourires remplis d'une inquiétude presque palpable. On pourrait la dessiner du bout des doigts , tant son visage transpire d'une angoisse. C'est tout juste le visage que je ne voulais pas voir. C'est tout juste l'expression dans ses yeux que j'évite depuis hier soir. J'ai peur de cette expression. Il sait que je vais m'écrouler. Il attends le moment. Ça me conforte dans l'idée que ça va arriver. Je voulais y aller, l'accompagner et tout fermer à l'intérieur. Bouclé mes émotions tout au fond et laisser la dépression tout au fond. J'ai envie de lui hurler d'arrêter de me regarder avec ces yeux-là. Et puis avec cette tristesse, là. J'voudrais que Jude se concentre sur le plus important. Sur lui-même. Sur ce qui va advenir de notre journée, de combien il sera dur pour lui de voir. Qu'aujourd'hui , la journée sera plus dur pour lui que pour moi. Mais , il m'observe, Jude. Silencieux pendant quatre heures , il m'observe. Pourquoi il comprends pas ? Pourquoi est-ce qu'il arrive pas à voir que son inquiétude me panique ? Me panique plus que si j'étais seul. Sa présence m'effraie parce que j'ai peur de sombré quand il est là. J'ai peur qu'il souffre. Trop peur qu'il souffre,s'il constate la vérité. J'ai peur qu'il fuit aussi. Qu'il se rende compte à quel point je dysfonctionne, d'à quel point je suis une cause perdue. J'aimerais bien qu'il comprenne mais je sais pas comment lui expliquer ce que je ressens. Je suis incapable de mettre des mots sur mes émotions. Trop brouillon à l'intérieur de moi. Et par où commencer ? J'en sais rien. J'veux pas qu'il sache, au fond. Autant pour moi que pour lui , j'voudrais qu'il oublie que je vais mal. Incapable de faire la conversation alors je reste silencieux. Peut-être bien qu'il arrêtera de me fixé avec ces yeux-là. Que ça lui apparaitra comme une illumination divine. Qu'il comprendra que je l’évince pas. Je l'aime juste trop pour qu'il soit là quand j'peux faire du mal autours, quand ne serait-ce que ma présence pourrait lui brisé le reste de son moral. Je suis terrorisé en vérité. Terrorisé d'avoir un geste, une parole , d'avoir quelque chose qui lui ferait comprendre, l'étendu de tout ça. Tout ce qui se cache à l'intérieur. J'en sais rien. Moi aussi je suis inquiet à mourir. Moi aussi j'ai peur de ce que je vais voir à New-York.  Parce que je ne connais pas cette femme. Je ne sais pas, l'état de la jeune femme en vérité. J'ai beau essayer de rassurer Jude, de rester flegmatique, en vérité, j'ai aucune idée de ce qu'il va se passer, entre nous tous, dans la chambre d'hôpital.

On ne s'arrêtes même pas à l'hôtel pour déposer nos affaires. On se dirige directement vers le grand hôpital de Manhattan, celui où séjourne Sol depuis déjà deux jours. Et alors que je défait ma ceinture de sécurité , je me tourne vers Jude , un sourire encourageant aux lèvres. « - Je suis avec toi. Quoi qu'il arrive, quoi que tu décide de faire. Quelque soit ta décision , ta réaction. Je suis avec toi. Ça va aller. Je te promets. » Je dis, avant de sortir de la voiture , et puis de la verrouillé, constatant avec une certaine fierté, que ma caisse avait tout de même réussi à rouler jusqu'ici sans me lâché. Un exploit, ou un signe. Et on se glisse dans le bâtiments , on monte les étages qu'on nous indique à l’accueil. C'est le couloir de Soledad. Je devrais me sentir étranger , ici. T'sais comme quand t'es coincé dans une pièce avec un couple qui s'embrouille , que t'as rien à faire là. Mais non. Ici , j'suis à ma place. Aussi longtemps que Jude devra y être à la sienne. J'attrape Jude par le bras , pour qu'on s'engage ensemble dans l'couloir, comme deux gamin effrayé par ce qu'ils pourraient découvrir. J'inspire fort, devant la porte , je frappe et alors que je m'attendais à ce que ce soit Sol qui dise d'entré , je me rends compte que c'est un garçon , d'à peu prêt notre âge qui nous ouvre , Sol pleure , au fond de la chambre , recroqueviller sur son lit et je me tourne vers Jude, le questionnant , alors qu'il blêmit. « -T'es encore là, toi ? » Il dit à l'intention de Jude, alors que la mexicaine lève les yeux vers son petit ami et saute d'un bon, pour le rejoindre, attrapant à la volée , la perfusion pour s'approcher de Jude, elle me pousse, comme si elle me voyait pas et je me décalle d'un pas, sans demander mon reste. « -Je le savais. » Elle dit en sanglotant. Alors qu'elle serre Jude contre elle et que je me prends à détailler le gars en face de moi, un air suspicieux au visage. « - Et toi , t'es qui ? » Il me dit alors que je hausse les épaules. « -Personne. » Je réponds avec toute la simplicité du monde, et Sol se tourne vers moi , elle est grande Soledad. Pas assez grande pour ne pas avoir à me regarder en levant la tête. « - Charlie ? » Elle dit en pleurant et puis je lui fais un sourire. « -Dites lui de partir je vous en supplie. J'en peux plus. » Elle dit , bien trop sérieuse, pour que ce soit une blague. Elle a l'air faible , la jeune femme. Très faible. Elle a l'air... mince ?  Ce qui n'est évidemment pas vraiment encourageant lorsqu'on est mannequin grande taille. Et moi , dans un geste automatique , je me tourne vers Jude. « -Occupes-toi d'elle, j'm'occupe de lui » Je souffle.

Et j'attrape le garçon , qui qu'il puisse être par le bras, ma force brute habituelle alors qu'il est n'est ni petit , ni frêle, j'le traine comme un gosse en dehors de la chambre de la jeune femme. « - Non mais attends. Sol a besoin de moi. » Il dit, alors que Sol lui hurle dessus . « - PUTAIN MAIS CASSES TOI ADAM. CASSES-TOI. T'EN A PAS DÉJÀ ASSEZ FAIT ? » elle pleure et on est déjà envahit de putain de problème, à peine a t-ont passer le pas de la porte. « - Casses-toi, elle a dit. » Je lui répète, pour qu'on soit bien clair. « - Si tu te casses pas, j'vais devoir te frapper. Et crois-moi, j'en ai vraiment aucune envie. » Je dis, parce que c'est vrai. J'suis bien trop fatigué pour me mettre à cogné. Ça risquerais d'être trop violent pour ce que c'est. Alors je préfère éviter.


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Dim 14 Oct - 22:33
Hospital terror


Une nuit difficile suivie d’une matinée qui l’était tout autant.
Jude n’était parvenu à dormir que deux ou trois heures. Couché tard et réveillé bien trop tôt.
Il avait sentit Charlie se retourner à côté de lui, son corps imposant défaisant son lit alors qu’il tendait la main à la rechercher de quelque chose sur la table basse.
Il l’avait sentit égalemnt lorsque son frère s’était appuyer contre le mur et s’était mis à fumer dans un silence religieux.
Mais il n’avait rien dit, Jude. Il s’était contenter de serrer un peu plus fort son oreiller entre ses bras alors qu’il sentait une douce odeur de tabac remplir la pièce.
Il avait envie de fumer, lui aussi.
Mais il n’avait plus la force de s’extirper hors de sa couverture.
Il était bien trop fatigué pour ça. Bien trop fatigué pour rappeler à Charlie sa présence.
Alors il restait là, plusieurs longues minutes, à profiter de la présence rassurante de son frère sans dire un mot, avant de lentement sombrer dans l’oublie.
Et lorsqu’il fut tirer d’un sommeil tout sauf réparateur par les premières lueur du jour, Jude grogna tout contre son coussin alors qu’une douleur affreuse vrillait son crâne. Contre coup d’une soirée passée à tisée.
Et il gémit, Jude, enfuyant son visage dans l’oreiller comme si ce simple geste était à-même se soulager sa douleur. Sans succès.
Au contraire, même. Il commençait doucement à se sentir prit de nausée.
Mais il n’avait plus rien à vomir. Pas même de l’eau.
Alors, il profita de ses quelques forces retrouvées pour se redresser sur son lit et chercher du regard son frère assoupi.
Ses paupières vibrant au rythme de sa respiration apaisée tirèrent un sourire au brun qui, s’asseyant sur le rebord de son matelas, se demanda depuis combien de temps son cadet était endormi.
Sûrement pas longtemps, en vu de ses yeux cernés et de son corps affaissé de manière peu naturelle contre le matelas, pelotonné dans sa couette.
Alors, en faisant attention à faire le moins de bruit possible, Jude s’extirpa de sous sa couverture pour ramper jusqu’à son armoire à pharmacie improvisée et sortir une boite d’ibuprofène. Se remplissant un plein verre d’eau, il avala le comprimé dans un grognement guttural, devant se faire violence pour ne pas le vomir aussi sec alors qu’il sentait son estomac se contracter dans le vide.
Il avait faim… Il avait la gerbe, mais il avait surtout vraiment, vraiment très faim.
Se traînant une nouvelle fois jusqu’à son lit, il s’y laissa retomber avant de se recouvrir une fois de plus de cette chaleur artificielle tant adoré et se laisser envelopper une fois encore par les bras de Morphée.

Deuxième réveil à l’arrivée de Miranda, sacs chargés de victuailles dans les mains et yeux encore bouffie d’avoir pleuré malgré l’immense sourire étirant ses lèvres maquillées.
Il grogne, Jude. Son mal de crâne toujours bien présent, mais moins violent qu’avant.
Et il se lève, Jude. Il observe cette femme ranger ses offrandes dans son frigo avec un naturel le faisant doucement sourire.
Et il observe Charlie, son sourire factice aux lèvres alors que lui aussi observe sa mère s’affairer dans tout l’appartement.
La tête lourde, Jude se laisse tirer jusqu’à son armoire et accepte sans rechigner lorsque Miranda l’aide à choisir ses vêtements, à remplir sa valise comme s’il avait régressé de quinze ans.
Il n’a plus la force, ni de se débattre contre cette femme ne voulant que son bien, ni de courir après Charlie lorsque ce dernier profite de l’accaparement de sa mère par Jude pour s’enfuir se changer dans la salle de bain.
Miranda et Jude s’échangèrent un regard entendu, et le brun su sans qu’ils n’aient besoin de parler qu’elle aussi en était venu à la même conclusion que lui.
A cette unique conclusion, sans doute, à laquelle il refusait pourtant de croire.
« Je le lâcherais pas des yeux, Miranda… On reviendra entier » Qu’il lui chuchote, un sourire se voulant rassurant étirant ses lèvres alors qu’il finit de remplir sa valise, sa tête semblant peser plus lourd que cette dernière.
Et il le voit, le regard de cette femme inquiète pour son fils. Pour ses fils, mais encore plus pour celui enfermé dans une salle de bain exiguë qu’il avait prit l’habitude de toujours laissé ouverte. Même lorsqu’il se branlait.

La trajet en voiture paru durer une éternité à Jude. Sans doute car il avait réellement durée une éternité.
Quatre heures, pour être exact.
Quatre heures passées à écouter les mêmes stations radios débiles brouillées par une antenne bien trop ancienne pour bien captés les ondes et retranscrire la musique sans en sauter les meilleures parties.
Deux cents quarante minutes à tenter de ne pas trop focaliser son regard sur Charlie. A ne pas lui montrer ô combien il s’inquiétait pour lui. Ô combien l’idée même de voir Soledad ne lui permettait pas d’arrêter ne serait-ce qu’une seule seconde de s’inquiétait pour lui.
Il avait suffisamment d’inquiétude en lui pour eux deux. Suffisamment de cheveux sur sa tête pour en avoir des cheveux blancs et pour se les arracher par poignées pour eux deux.
Mais il avait beau essayer, concentrer son esprit sur autre chose, musique ou paysage il sentait à chaque fois son regard retrouver le visage de Charlie. Sa balafre encore bien visible et puis son corps caché sous une couche de vêtement.
Ce corps qu’il connaissait si bien, qu’il avait vu grandir et se noircir de dessins et dont-il tentait aujourd’hui de déceler les secrets, tout en refusant de les accepter.
Car il savait, Jude. Il n’était pas à ce point là stupide pour ne pas comprendre des signes aussi évidents. Pour ne pas ne serait-ce que penser à cette éventualité qu’il se refusait à croire.
Seulement voilà, tout comme il avait du mal à accepter le fait que Soledad puisse être malade, il ne pouvait tout simplement pas croire que Charlie était… Que Charlie avait… Que quiconque ai pu faire du mal à son frère.
C’était tout bonnement impossible pour lui d’accepter ce fait.
Il ne supportait pas même l’idée que quiconque ai pu ne serait-ce que penser lui faire du mal.
Et s’il ne disait rien, Jude, son regard en disait pourtant bien long sur ses inquiétudes.
Et il sentait au regard suppliant de son frère que ce dernier ne les avait que trop comprise.
Conversation muette dans une voiture bercé par un silence pesant entrecoupé de morceaux de musique saturées.

Lorsqu’il franchit l’immense porte de cet hôpital New Yorkais aux allures de série médicale, Jude sentit l’étau qui lui avait couper le souffle tout au long du trajet se resserrer encore un peu plus autour de son coeur. A l’intérieur de sa gorge encombrée de mille mots qu’il n’oserait sans doute jamais prononcer.
Ni à Sol, ni même à Charlie.
Mots tabous qu’il tentait de ravaler. Mots blessant écorchant sa chair alors qu’il s’avançait jusqu’à la réception et demandait Soledad Lopez.
Il avait beau dire, Charlie. Il avait beau répéter encore et encore qu’il était fort, le plus fort des deux, la vérité restait que si son frère ne l’avait pas accompagné jusqu’ici, jamais il ne serait venu.
Et quand bien même aurait-il prit le train pour se rendre jusqu’à New-York, il se serait liquéfier sur place avant même d’avoir atteint la réception.
Charlie sembla le sentir et, avant même que Jude ai pu ne serait-ce que penser à fuir, il sentit le tatoueur attraper son bras et le conduire aux travers des dédales de couloirs jusqu’à l’étage indiqué par la réceptionniste. Jusqu’à la chambre qu’elle leur avait donné.
Et il laissa son frère frapper. Prostré là, derrière cette porte dont il redoutait plus que tout l’ouverture.
Qu’allait-il dire à Soledad, lorsqu’elle ouvrirait ?
Qu’allait-il faire, lorsque son regard croiserait celui de sa petite amie ?
Il n’en avait aucune idée. Vraiment. Il n’avait pas la moindre idée de la réaction qu’il devrait avoir. Encore moins de celle qu’il aurait.
Mais il n’eut pas à se poser la question bien longtemps, observant la porte s’ouvrir lentement non pas sur Soledad, mais sur… Adam.
« -T'es encore là, toi ? » Qu’il claque, le regard hautain, et Jude semble comme se figer instantanément. Statut de sel au beau milieu de l’entrée. Au beau milieu de cet hôpital grouillant de monde et pourtant si vide.
Qu’est ce qu’il fait là, ce type ? Pourquoi est ce qu’il était là, dans cette chambre, auprès de SA petite amie. La sienne, plus celle de ce mec.
Etait-ce Soledad qui l’avait appelé ? En avait-elle eu marre de ses silences ? S’était-elle lassé de lui et de son incompétence pour retourner dans les bras de cet homme qui, Jude n’en doutait pas, était en grande partie responsable de son état ?
De ce type qui, à ses dire, avait passé la moitié de son adolescence à la rabaisser. A lui dire ô combien elle était moche et ô combien elle était grosse. Être hideux nécessitant de changer.
Il devait être heureux, Adam, à l’heure actuelle des choses. Il devait être ravis de voir que Soledad avait suivie ses conseils. S’était affamée pour paraître plus belle. Plus parfaite à ses yeux de gros connard de merde.
Et pourquoi Soledad était-elle en larme, sur son lit, dans le fond de la pièce ?
Pourquoi pleurait-elle ? Et pourquoi Adam lui semblait si posé ? Si sûr de lui ?
Mais il n’eut pas le temps de terminer son analyse que son regard croisa celui de la jeune femme et que, d’un bond, elle quitta son lit pour courir se jeter dans ses bras, bousculant Charlie et Adam au passage.  « -Je le savais. » Qu’elle dit, le serrant fort dans ses bras lui paraissant soudaine si minces.
Et il sourit, Jude. Il sourit car, d’eux deux, elle était bien la seule qui savait. Qui savait qu’il allait venir. Qu’il allait franchir les dizaines de kilomètres les séparant et la crainte immense noircissant son coeur pour aller à sa rencontre.
S’il aurait du parier là dessus, il n’aurait jamais parier sur lui.
Mais Soledad elle semblait n’avoir jamais ne serait-ce que penser qu’il puisse la laisser tomber.
Elle était si pure, Soledad.
Si fragile entre ses bras d’homme, attachée qu’elle était à sa perfusion faisant doucement paniquer le brun.
Il ne voulait pas lui faire mal et, pourtant, il était tout simplement incapable de dessérer son étreinte autour du corps de la belle.
Il aurait pu en pleurer, s’il ne se sentait pas aussi fatigué.
Il aurait pu s’effondrer contre son corps, s’il n’y avait Charlie, et surtout Adam.
Elle lui avait manqué, Sol. Putain ce qu’elle lui avait manqué.
Alors il respira son odeur. Mélange d’elle et d’hôpital. Et il inspire fort, jusqu’à s’enivrer d’elle. De cette drogue humaine qu’elle était devenu pour lui.
Et il se sent moue. Si moue dans ses bras alors qu’il desserre son étreinte pour mieux l’observer.
Et il sourit lorsque la jeune femme semble enfin remarquer la présence de son frère. De cet immense masse d’un mètre quatre-vingt dix semblant pourtant bouffer toute la place disponible.
Il sourit car, lui qui avait craint qu’elle ne succombe au premier regard ne l’avait même pas calculé jusqu’à il y a quelque secondes.
Et alors qu’Adam semblait lui aussi prendre conscience de la présence de son frère, Jude l’observa en silence d’un regard en disant long sur ce qu’il pensait de lui.
Trois heures de sommeil en 72h, un reste de gueule de bois et un trop plein d’émotion à faire ressortir d’une façon ou d’une autre. Ce n’était vraiment, mais alors vraiment pas le moment de venir le faire chier.
« -Dites lui de partir je vous en supplie. J'en peux plus. » Qu’elle supplie, Soledad, d’une voix presque éteinte. Et Jude l’a serre une nouvelle fois dans ses bras. L’éloigne d’un Adam entraîné plus loin dans le couloir par un Charlie ayant lui aussi bien trop peu dormi pour le bien de cette enflure.
Et lorsqu’il insiste, que Soledad est obligé de crier malgré son état, Jude se sent doucement voir rouge.
Il voit rouge car il est fatigué, excédé, dégoûté et qu’il a un putain de mal de crâne qui lui retire le peu d’indulgence qui lui restait.
Il voit rouge car plus rien ne tourne rond autour de lui. Que Soledad va mal, que Charlie va mal et que lui-même voit sa vie prendre un tournant drastique fait de choix et de concessions qu’il aurait souhaité ne jamais avoir à faire.
Alors d’entendre ce trou du cul réclamer des droits qu’il n’avait pas, ça en était trop.
Ni une, ni deux, il protégea Soledad de son corps avant de s’approcher des deux hommes mis à l’écart et repousser Charlie pour attraper d’un geste sec le col d’Adam et le plaquer contre le mur le plus proche.
Ancrant son regard meurtrier dans le sien. Leurs deux visages se faisant face, Jude s’en approcha jusqu’à tant que leur deux nez se touchent presque avant de cracher de sa voix puant sans doute un reste d’alcool malgré ses trois brossages. « Tu te casses, Adam. Tu te casses MAINTENANT ! Elle a pas besoin de toi, Soledad. Personne n’a besoin d’un enculé tel que toi ! D’un connard incapable d’assumer une putain de perle rare comme Sol et osant encore se penser irremplaçable après toute les crasses qu’il lui a faite. T’es qu’une merde, Adam. Une sale merde collant à ses pompes que j’vais m’empresser de nettoyer.
Et si la manière douce fonctionne pas, j’vais passer cette merde au karcher. C’est bien compris ? »

Et il appuie plus fort le crâne de l’homme contre le mur, comme pour appuyer ses propos. Faire en sorte que ces derniers s’imprègnent au mieux dans sa cervelle lui paraissant des plus limitée. Et il le relâche, Jude. ignorant les quelques visiteurs passant par là, hésitant sans doute à appeler la sécurité.
« Maintenant tu te tire. Tu te tire et tu lasse ma meuf tranquille. TU L’APPROCHES PLUS ! »
Qu’il abboie, sa voix cassée par le sommeil et une haine non feinte vrillant la couloir avant qu’il ne s’approche de Soledad et ne la reprenne une fois de plus dans ses bras. Semblant comme s’éteindre à son contact. Comme s’affaisser entre ses bras lui ayant tant manquer. « J’suis désolé de pas t’avoir répondu, Sol… Je… Je savais pas quoi répondre… Je voulais pas t’inquiéter... »
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Lun 15 Oct - 0:26

TRUTH



Jours 1 :
J'ai vu blanc. Ça a semblé duré seulement une seule seconde et pourtant , quand j'me suis réveillée, j'étais à l'hôpital.  J'ai vu tout blanc , les yeux ouvert pendant un bon moment. Je ne sais pas trop comment ça s'est passé. Je sais juste que je me suis retrouvé à l’hôpital, dans un lit, dans une chambre que je connais pas. Des bip tout autours et puis Tom qui parle fort au téléphone. Il débat , il s'agace et même s'il parle fort, j'ai du mal à comprendre tout ce qu'il raconte.  Je comprends ce qu'il s'est passé. Je comprends, quand je vois les yeux de Tom se poser sur moi. Ce type qui est pourtant si désagréable avec moi, se précipite tout prêt. « -Putain de merde, Lopez. Qu'est-ce qui s'est passé ? » Il me dit et moi , encore à moitié dans le coaltars, je hausse les épaules. Il m'attrape le visage, tire mes yeux et puis attrape mes mains, que je m'empresse de cacher. « -Non. » Il dit. Il les attrape  de nouveau , les observe, d'un mouvement dépité de la tête. « -Pourquoi, Soledad ? Pourquoi tu fais ça ? » C'est la première fois qu'il a une voix, douce, Tom. La première fois que je le vois inquiet pour moi. Mais je comprends pas, ce qu'il veut dire. J'veux pas comprendre. Je préfère rester dans l'ignorance. Je veux pas essayer de réfléchir à la situation , de liées des idées qui sont peut-être pas liées du tout. J'ai fais un malaise. Seulement un malaise. C'est pas si grave. « -Bon écoutes. Pas de panique d'accord. Pas de panique. C'est arrivé à plein de mannequins. C'est arrivé à beaucoup de filles. Je vais faire jouer mes relations. Je vais te payer l'une des meilleures cure du pays. Tu vas voir. Ça va aller. » Il dit, essayant d'effacer de ses doigts, les traces sur mes jointures. Et je me recroqueville un peu sur moi-même. « -Je vais rentré sur Fairwalk. J'vais m'occuper de ça. Tu gardes ton téléphone ouvert et sitôt que tu rencontres ton docteur, tu me communique son numéro de téléphone. C'est bien compris ? » Je hoche la tête, il me serre le poignet dans un geste rassurant. Le plus beau geste qu'il m'ait jamais offert. Il n'est pas homme à s'épancher dans la douceur , Tom. Pas homme à me plaindre , à essayer de me rassurer, non. Tom est un homme de l'action. Il ne perd pas plus de temps , reprends le téléphone et quitte la chambre dans un derniers signe de main.

Je restes ici, toute seule, pendant des heures. Ça dure longtemps... Tellement longtemps. Les infirmières passent , elles me regardent , viennent me prendre du sang et puis elle viennent vérifié que tout va bien.  Je demandes quand est-ce que je pourrais voir le médecin et sortir parce que j'ai un shooting, moi.  Je suis confuse, un peu à l'ouest, j'ai du mal à me situer et sitôt , mon téléphone récupéré, j'envoie un sms à Jude.  Les infirmières ont beau me répété que je suis malade, que je vais rester ici pour reprendre quelques forces, je me refuses de comprendre. Je voudrais que Jude me réponde, je voudrais qu'il me parle. Je sais pas. Je comprends rien à ce qui se passe.

Jours 2 :
Bobby arrive , un grand sac à main et un cabas sous le bras. Elle pleure à chaude larme, quand elle me voit. Elle se mets instantanément à pleurer. Je ne comprends pas. Alors je la regarde. Sans savoir quoi dire, le nez dans le petit déjeuner qu'on m'a servit il y a déjà une heure. Je découpe en tout petit morceau les aliments sans ne jamais rien porter à mes lèvres. Et Bobby pleure. Pourquoi est-ce qu'elle pleure ? Je ne comprends pas. « -Mais qu'est-ce qui t'es arrivée, Soso ? » elle dit , de sa petite voix fluette, jolie voix de fille que j'aurais toujours voulu avoir. « -Qu'est-ce qui se passe ? Tu as vu dans quel état tu t'es mise ? Mon bébé, qu'est-ce que t'as fais ? » Elle dit et moi je comprends vraiment pas. Je suis juste vraiment fatiguée. Je suis juste vraiment épuisée. Elle sort tout un tas de fringue de son cabas, me dis que tout est pour moi. Qu'elle a tout acheter à ma taille mais que tout m'ira grand, maintenant. Et je ne comprends pas. Je ne réalise pas. Rien n'est jamais grand pour moi. Jamais. Elle observe mes lèvres séchées et puis elle se mets à me coiffé , en pleurant comme une madeleine. Rien à faire, je perds beaucoup de mes cheveux. Elle se mets à parler d'Adam. De combien ce type est une enflure.Que tout est de sa faute. Mais moi, je comprends plus rien. Et ça m'fait pleurer. Je pleure toute les larmes de mon corps, quand Bobby me dis que ça va aller. Que tout va bien aller. Et elle dégaine son téléphone , je l'entends parler, au téléphone , hurler, parce que c'est un tempérament de feu, Bobby. Personne ne lui marche sur les pieds. Personne ne m'explique , ou peut-être que je veux pas entendre. J'en sais rien. Je me sens comme dans un autre monde. Et je suis tellement fatigué. Elle m'embrasse, avant de partir. Elle a cours l'après-midi, mais elle me dit qu'elle va revenir bientôt. Elle reste jusqu'à ce que j'arrêtes de pleurer, jusqu'à ce que je m'endorme, à demi, ayant perdu toutes mes forces de toutes façon. Et Jude ne m'a toujours pas répondu. La panique s'empare de moi , toute la nuit. Je pleure parce qu'il doit m'en vouloir pour quelque chose, c'est certain.  J'ai du dire quelque chose. J'ai du faire quelque chose. Je ne sais pas. Je veux juste que Jude vienne. Qu'il vienne me chercher. J'ai peur ici toute seule. J'ai l'impression que plus rien à de sens. Ils arrêtent pas de répété que je suis malade. Que je suis comme ces adolescentes malade qu'on voit à la télévision. Mais, c'est pas moi. C'est pas moi. Non . C'est pas moi parce que déjà, je suis grosse. Enorme, même. Je peux pas être malade, je peux pas être anorexique.

Jours 3 :
J'ai cette idée qui m’obsède ce matin. Je n'y avais pas penser , ces deux derniers jours mais, aujourd'hui , j'y pense. Ça m’obsède et on m'en empêche.  On me dit que je ne suis pas assez en forme pour le faire.  Je n'ai pas fait d'exercice pendant deux jours. Pas fais une seule de mes séances de sports depuis presque trois jours. Et l'idée m'angoisse, alors j'essaie de faire des abdos dans mon lit. A chaque fois que les infirmières rentrent , elles me font la leçon. Me demandent de m'arrêter, sans quoi , elles seront forcés de me donner de quoi dormir. Elles sont méchantes , les infirmières ici. Toutes, super méchantes. Personne ne prends trop le temps de discuter avec moi. De m'expliquer. Elles disent qu'elles ont pas le temps pour ça. Que de toute façon je partirais bientôt pour une cure, qu'ils s'occuperont très bien de moi, là bas. Une cure pour les TCA. Troubles du comportement alimentaire. Mais, j'ai pas de ça moi. Moi je suis une fille normal. J'ai peut-être abuser dans mon régime, j'ai peut-être été un peu trop loin, mais ça va. Je suis pas malade , juste parce que j'ai pas faim. Ça arrive à tout le monde. Jude n'a toujours pas répondu à mes sms. Et quand, vers onze heure, on frappe à ma porte, je me prends à espérer que ce soit lui. Qu'il est venu me voir, enfin. Je sais qu'il est occupé avec son frère, Ju. Je sais qu'il est mal en ce moment. Que l'abandonner et ne pas pouvoir venir à cause de mon travail ou a cause de ma santé, ça à du être dur pour lui.  Je sais, qu'il a besoin d'un peu de temps pour lui. Alors je ne lui en veux pas. Il va venir , je le sais. Je le sais que Jude va venir. Parce que c'est mon prince charmant, qu'il me laissera jamais tomber.

Mais c'est pas Jude, qui franchis la porte , non. C'est Adam. Et Adam me regarde avec son regard étrange. Un mélange de culpabilité et d'envie. Mais, je n'ai pas beaucoup d'énergie , aujourd'hui. Pas assez pour géré les histoires avec Adam. Sa jalousie, sa façon de dire que je suis à lui quelque soit la situation. Non. Je suis pas apte. Je suis plus apte à supporter Adam. Il vient m'embrasser la joue. Il me dit que je vais bien aller. Me demande où est passer le fameux petit copain. « - T'es sérieuse Lopez ? Ce type à même pas prit la peine de se déplacer ? » Qu'il me dit, me rappelant au fait que Jude est loin de moi. Que je voudrais de Jude, là maintenant. Que j'aurais bien besoin de le sentir contre moi. Parce que je me sens perdue. « -Et après c'était moi , le mauvais petit ami ? Tout ce que je t'ai conseiller, moi, à l'époque ou on était ensemble, c'était de faire un régime. Quoi qu'en dise Bobby, le résultat, il est là. Deux mois de relation avec ce gars et regarde toi. »

Il continue. Et il continue de parler. De me rabaisser. De me dire que avec lui au moins , y'avait pas de surprise. Et j'finis par craquer. Par pleurer. Me remettre encore à pleurer quand on tape de nouveau à la porte. Que je me dis que ce soit être Bobby qui sort des cours. Que je me recroqueville sur moi-même parce que je sens que ça va partir en dispute entre Bobby et Adam. Et je n'ai plus aucune énergie. Plus rien du tout à l'intérieur, me permettant de géré une telle situation. Pourquoi est-ce que lorsqu'Adam est là, je me sens si mal ? Pourquoi est-ce qu'il me culpabilise tellement de tout , avec un naturel aussi déconcertant ? Je ne sais même plus quoi dire. Quoi faire pour que ça se calme. J'me sens pleurer et pleurer encore.

« -T'es encore là, toi ? » Il dit, Adam. Et j'ouvre à peine les yeux. C'est immédiatement sur le visage de Jude que je tombe. Mes larmes redoublent alors que d'un bon , avec les dernières forces qu'il me reste , je me lève pour rejoindre Jude , pour me jeter dans ses bras, le serrer contre moi. « -Je le savais. » Je lui dis. Je savais qu'il viendrait pour moi. Je le savais parce que Jude me dit toujours les plus belles choses. Il m'aime, ne serait-ce qu'un peu. Il m'aurait pas laisser, Ju.

Je voudrais qu'il m'étouffe de ses bras, Ju. Qu'il me fasse oublier toute la folie qui règne ici. Qui règne à l'intérieur.  Et Adam continue de parler, il s’adresse à quelqu'un d'autre et quand je tourne la tête, je remarque enfin, le grand type qui accompagne Jude. « -Charlie ? » je demande , parce qu'il sort de nul part, celui-là. Parce que la dernière fois que j'ai parler à Jude, il était encore en dispute avec son frère. Une dispute telle , qu'elle avait réellement complètement retourner mon petit ami. A un point tel , qu'il m'avait fallu presque une nuit entière , pour le calmer. Charlie me fait un sourire, de son visage abîmé et Adam, comme d'habitude , se remets à parler. Sa voix , rien que sa voix me fatigue. Je voudrais qu'il parte. Qu'il arrête. Qu'il arrête de me faire mal, comme ça. Dés que l'occasion se présente. Il me torture, tout le temps, il me torture. Depuis mon adolescence, il me torture. Et s'il m'avais un jour aimer, il ne m'aurait jamais fait autant de mal Alors je m'adresse à Charlie, parce qu'il est grand Charlie. Parce qu'il fait peur. Parce qu'avec sa gueule défoncé , j’espère pouvoir convaincre Adam de partir sans faire d'histoire. « -Dites lui de partir je vous en supplie. J'en peux plus. » Je souffle. Qu'il parte, je suis trop épuisée pour avoir à le géré. Je suis trop épuisé pour ça.

Il me reprends dans ses bras , Jude. Il me serre contre lui , alors que son frère attrape d'un geste vif le bras de Adam pour le pousser dans le couloir, en dehors de la chambre. Mais il se débat, le bougre. Il se débat. Et alors qu'il se débat, je sens entre mes bras, Jude se raidir. Et moi je supplie Adam de partir, je lui hurle de partir. Je lui hurle qu'il me fait mal, que j'en ai marre. « - PUTAIN MAIS CASSES TOI ADAM. CASSES-TOI. T'EN A PAS DÉJÀ ASSEZ FAIT ? » Ça n'est pas assez, visiblement. Parce qu'il refuse, il s'approche de  moi. Et si j'avais toujours vu Jude calme , depuis le début de notre relation, le calme à présent s'était envolé. Il avait repousser son frère, grosse masse énorme de presque deux mètres, gros plein de muscle, d'un geste presque naturel et avait attraper Adam par le col de son petit polo d'université. Crachant aux yeux de qui le voulait, que lui, il faisait des études.

Jude se mets à hurler. Il se mets à menacer, violemment mon ex petit copain.  Et moi , j'me sens  perdre de nouveau toutes les forces qui m'habitent. Je vois blanc, de nouveau. J'entends les cris, ça sifflent dans mon oreille. « Maintenant tu te tires. Tu te tires et tu laisses ma meuf tranquille. TU L’APPROCHES PLUS ! » qu'il hurle et moi, je sens plus que les larmes dégouliner de mes yeux.  Tou ça, c'est de ma faute. C'est de ma faute. J'ai les jambes qui tremblent, je sens que je vais tomber encore.

Y'a les bras de Jude qui me rattrape alors que Charlie attrape le col de Adam et le traine en dehors du couloirs de l'hôpital.  J'entends Jude parler, mais je comprends pas ce qu'il dit. Je dois rejoindre mon lit avant de tomber pour de vrai, cette fois. Mais j'arrive plus à parler. Qu'est-ce qui m'arrive putain. Pourquoi je me sens si faible ? Pourquoi est-ce que tout vrille dans mon crâne. Pourquoi est-ce que je pleure si fort, m'accrochant à Jude. « -Mon lit. » Je dis, alors qu'il s'empresse de m'y accompagner. Que je me laisse tomber, les yeux mi-clos, faisant à peine attention à la perfusion qui menace de s'échapper de mon bras. « -Me laisses pas toute seule ici, Ju. » Je pleure, fort , en m'accrochant à sa main. « -Me laisses pas ici... Je comprends pas... Qu'est-ce qui m'arrive, Ju ? Qu'est-ce qui m'arrive, putain ? » J'ai besoin de forcer sur ma voix , pour que les sons en ressortent. Et j'entends la porte se refermer, Charlie est revenu, il se frotte la main, d'un air agacé, s'approche du lit ; en silence. Il s'assoit sur la chaise prêt du lit. Il inspire.

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Lun 15 Oct - 19:27

Charlie is a bad boi


C'est le chaos pendant quelques secondes. Je me laisse repousser par Jude. Je vois son visage. Je vois que s'en est trop.  Et je comprends. A chaque mot qu'il prononce, Jude, je comprends. Je comprends qui est le gars qui se permets de dire que Sol a besoin de lui. De la taille de mon frère, le type est assez musclé , ravagé par les tâches de rousseurs et si j'suis loin d'être gay, j'peux dire non sans peine que le type est vraiment mignon.  Le genre de type qui m’énervait au lycée, parce qu'il avait tout ce qu'il voulait sur un putain de plateau d'argent.  Il a la gueule du type qui réussit trop bien , tu sais ? Celui a qui personne résiste. J'comprends, quand y'a les yeux de Jude qui vrillent. Quand il lui hurle tout prêt de la gueule. Jude c'est pas le genre de garçon, qui s’énerve pour rien, nan. C'est pas le genre de garçon qui s'attends à ce qu'on le repousse. C'est pas le genre de garçon qui s'attends à ce qu'on aille à son encontre et Jude est si énervé, et Soledad pleure et moi, je glisse mes main dans mes poches. J'attends. Je regardes , les deux êtres  qui comptent, qui devraient compter vraiment en tout cas, entré dans une panique totale. Moi je suis trop fatigué pour ça. Je suis trop fatigué pour réagir violemment. Et puis je suis là pour tempérer la situation, justement. Pas pour l'envenimé.  Il hurle , Jude. Il hurle à ce type de laisser sa copine tranquille, De plus jamais s'en approcher.  C'est rare de le voir  autant en colère, Jude . Ça lui arrive, parfois. Il est pas perméable et je dirais pas que c'est la première fois.

Mais, il est d'habitude si calme. Si calme... Que lorsqu'il s'éloigne de Adam, pour arrêter je s'énerver, j'prends  le bras du type , j'continue mon chemin, comme si de rien n'était. On se glisse pas dans l’ascenseur, nan. Je prends exprès la cage d'escalier. Et je le pousse à l'intérieur, l'air sans doute le plus calme que j'ai jamais eut. Il parle Adam. Il parle mais je l'écoutes pas. J'ai pas la patience de l'écouter. J'suis pas ce genre de garçons, moi . Je l'ai jamais été, d'ailleurs. Non, moi je suis pas Jude. Je suis pas patient. « - Laisses-moi y retourner, connard. » Il dit et c'est la limite qu'il fallait pas dépasser avec moi aujourd'hui. J'suis pas en colère, aujourd'hui. Ni même irascible  Non. Je suis calme, crois-moi. J'suis calme et bien trop vide. Pourtant, j'ai peu d'acceptation, aujourd'hui. Alors quand il ouvre sa bouche , la fois de trop , je l'attrape par le col. Je lui lance mon poing dans la gueule. Une fois parce qu'il a réussi à énervé mon frère. Une seconde pour Soledad. Et puis une troisième fois pour Soledad aussi. Et une dernière fois, parce qu'il a bousiller ma chemise. J'entends le craquement distinctif d'un nez qui se casse. J'reconnais le bruit parce que c'est pas la première fois que je pète un nez. Pas la première fois non plus qu'on me pète le mien. Je le relâche et puis il tombe sur le sol. « -Tu penses que t'arriveras à rentrer jusqu'à chez toi ? » Je lui dis, le plus naturellement du monde et alors qu'il s'apprête à ouvrir la bouche, je lève le doigt pour lui intimer le silence. « -Tu-t-tut ! Réfléchis bien à ce que tu vas dire. Je sais pas le genre de personnes que tu fréquente, mec. Mais crois-moi, c'est pas des gens comme moi. Moi je suis un vrai méchant. Alors réfléchis bien, mon pote. » Il referme sa bouche, ce pauvre type. Et je me penche, encore plus. M'assois à sa hauteur. « -Voila ce que tu vas faire. J'vais te filer cent dollars et mon numéro de téléphone. Tu vas aller te faire réparer ce nez cassé. Et tu m'enverras les factures. Tu vas prendre les cent dollars. Et tu vas aller bien te faire foutre. Si je te revois encore trainer prêt de Soledad... Écoutes-moi bien , parce que je rigoles vraiment , vraiment pas quand j'te parle. Si jte revois prêt de Soledad, ta propre mère reconnaitra pas ton visage. T'as compris ? J'veux que tu hoche la tête et que tu me dise que t'as compris. » Je l'observe, le plus sérieux du monde et j'attends. Il me jauge, le type. Il sait pas si je fais des menaces en l'air. Mais c'est jamais le cas, avec moi.
Il hoche la tête , Adam. Et je l'aide à se relevé. , lui sortant mon porte-feuille et deux billets. Je le regarde silencieux. Je me laisse retomber, nonchalant, contre le mur. Et il descend les escalier, en titubant. « -Oublies pas ce que je t'ai dis Adam. » J'inspire fort et puis m'en vais vers les toilettes les plus proche, pour aller laver le sang de mes mains. Ça me mets mal de voir ça sur mes mains, dans un hôpital, en plus.  J'imagine à peine la gueule de ma mère si elle apprenait ce que je viens de faire. Est-ce que tout le monde s'inquiéterait un peu plus ? J'en sais rien.

Je veux même pas y penser en vrai. J'file en dehors des toilettes, mains propre et sèches que je me frictionne désagréablement en entrant dans la chambre de la jeune femme qui pleure à chaude larme devant un Jude complètement dépasser par l'émotion. Je m'assois, moi. Un peu en retrait, parce que je voudrais pas interféré. « -Me laisses pas ici... Je comprends pas... Qu'est-ce qui m'arrive, Ju ? Qu'est-ce qui m'arrive, putain ? »  Elle dit, en serrant fort contre elle , la main de Jude. Et je reste silencieux, je tremble à chacun de ses sanglots. J'ai pas envie de voir encore quelqu'un pleurer. Alors je me lève. Et puis je m'assois sur le bord du lit de Soledad. « -T'es malade. » Je dis, sincèrement, naturellement, un petit sourire aux lèvres, censé la rassurer. Je sais qu'elle est troublée. Elle a toutes les raisons de l'être. Et en plus de ça, elle est si faible, qu'il est normal qu'elle soit un peu à l'ouest. « -Mais, tu vas aller mieux. Si tu te reposes et que tu paniques pas. » Je dis, attrapant le bras de Jude, pour le réveiller un peu de l’inquiétude, de la colère et peut-être des deux. « -J'ai discuter avec le garçon de tout à l'heure. Crois-moi, il reviendra plus jamais te faire du mal. » Je souffle , d'une voix assez douce pour ne pas trop la brusquer, malgré mes propos , induisants une violence certaine.

Et je tape l'épaule de Jude et puis je fais un sourire à Soledad. C'est vrai, qu'elle est mignonne, la copine de Ju. Attendrissante, même. Je comprends. Je comprends Jude. Tout à fait. Alors je me lève, je soupire et puis je souffle aux deux tourtereaux. « -J'vais vous laisser discuter. J'vais aller chercher des cafés. Soyez sage . » trait d'humour complètement déplacé , mais j'essaie. J'essaie de faire redescendre la panique d'un cran. D'un côté comme de l'autre. J'me dis que c'est un peu pour ça que je suis là, après tout.

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Lun 15 Oct - 19:40
Hospital terror


Il n’a pas l’habitude de s’énerver, Jude. Pas du tout même.
Pas depuis qu’il avait quitter le cocon familial. Pas depuis qu’il n’était plus forcé de partager l’air avec ses géniteurs. Avec cet homme lui ayant déjà fait suffisamment de mal.
Il n’était pas violent, Jude. Pas du tout même.
S’il lui était déjà arrivé de cogner, plus d’une fois même, il n’avait jamais été l’instigateur de tels coup. Jamais.
En général, il se contentait de répondre à ceux d’un homme excédé par son comportement et bien décidé à ouvrir les hostilités ou à rentrer dans un pogo violent, bagarre général le plus souvent orchestré par son frangin. Génie du chaos et de la destruction.
Alors oui, là, Jude cognait. Là il sentait des nez se briser sous ses doigts, sentait le sien se tordre sous ceux d’inconnu et sentait la sang couler dans sa bouche, dans sa gorge grognant une haine artificielle. Une haine salvatrice. De celle qui vous permet de vivre plus fort. De cogner plus fort surtout.
Mais la haine qu’il ressentait actuellement était tout sauf artificielle, non. Elle n’avait rien à voir avec ce qu’il avait pu ressentir face à tout ses inconnu marqués de ses phalanges.
La haine qui l’animait à l’heure ou ses mains empoignèrent le col d’Adam, petit universitaire à la gueule d’ange et au coeur pourri, cette haine là n’avait rien de factice. Elle était profonde. Viscérale. Presque animale.
Il avait la haine, Jude. Une haine qu’il n’avait plus ressenti depuis longtemps. Depuis des années.
Alors lorsqu’il plaque l’homme contre le mur, qu’il l’y maintien d’une force brute, animé par la colère, Adam ne bouge pas.
Jude a conscience que des trois homme, il est le moins taillé pour la bagarre. Que, même s’il est loin d’être frêle, il n’est ni particulièrement musclé, ni particulièrement imposant, contrairement à Adam qui lui semblait musclé et Charlie qui était les deux.
Il n’avait l’air de rien, là, au milieu de ces hommes.
Mais il n’y pensait pas, Jude, à l’heure ou il crachait ces mots à la gueule de cet enfoiré.
Il ne réfléchissait pas à ses chances de victoire ou à toutes ces conneries. Pas du tout même.
Tout ce qui lui traversait l’esprit, c’était que cet enculé avait fait du mal à Sol. Plus encore que lui ne lui en ferait sans doute jamais.
Qu’il lui avait fait du mal et que, au lieu de s’excuser, d’admettre ses torts, il venait là comme une fleur et lui faisant encore plus de mal.
Elle n’avait pas besoin de ça, Sol. Et elle n’avait surtout pas besoin de lui.
Alors il menace, Jude. Il menace de son regard le plus acéré.
Il menace et, s’il n’y avait pas toutes ces âmes déambulant dans le couloir. S’il n’y avait pas Sol en pleur sur le pas de sa porte, sans doute qu’il aurait aussi frappé.
Mais il ne frappe pas, Jude.
Il relâche sa prise sur cette enflure ne méritant pas même qu’il s’intéresse à lui et retourne envelopper sa petite amie de ses bras, la sentant s’affaissant lentement entre ces derniers.
Et il observe Charlie reprendre le bras d’Adam et le tirer jusqu’aux escaliers.
Il ne dit rien, Jude. Il ne dit rien, mais il connaît son frère.
Il sait que jamais ce dernier n’aurait la patience de supporter Adam, s’il lui parlait avec autant de condescendance et de mal-politesse.
Alors il les regarda quelques secondes s’en aller, l’étudiant vociférant des paroles que Jude n’entendait même plus, préférant focaliser son attention sur la jeune femme effondrée dans ses bras.

« -Mon lit. » Murmure finalement une Soledad aux paupières vrillant sous l’effort qu’elle devait fournir pour les maintenir ouverte.
Il n’en fallu pas plus à Jude pour le sortir de sa torpeur et la soutenir jusqu’à son lit, l’aidant à s’y allonger avant d’installer à ses côtés sur le matelas. Le regard perdu alors qu’il sentait le jeune femme serrer se main des siennes avec le peu de force qu’il lui restait.
Et il l’observa, Jude. Observa cette femme qu’il avait tant de fois vu nue sur une si courte période.
Cette femme qui avait su capter son regard en cette soirée alcoolisée, au milieu de cette piste de danse, le corps éclairé par une pluie de spots multicolore.
Il ne comprenait pas, Jude. Il ne comprenait pas comment une femme aussi belle qu’elle pouvait être… Pouvait ne pas assumer ce corps qui le faisait tant rêver. Qui en faisait sûrement rêver plus d’un, d’ailleurs.
Comment une femme dont la beauté était la métier pouvait se sentir… Se sentir quoi au juste d’ailleurs ? Moche ? Grosse ? Inutile ? Il n’en savait trop rien, Jude. Il ne savait pas ce que Soledad pensait en son fort intérieur. Ce qui l’avait poussé à agir de la sorte.
Il ne comprenait pas, Jude. Mais il n’était pas sûr d’être prêt à entendre la vérité.
Ni celle de Charlie, ni celle de Sol.
Il n’était pas prêt. Pas aujourd’hui. Pas encore.
Un jour, sûrement…
« -Me laisses pas toute seule ici, Ju. » Qu’elle dit, Soledad, et Jude serre plus fort encore ses mains dans les siennes.
Il aurait voulu parler et la rassurer. Lui dire que tout allait bien. Qu’elle allait bien. Il aurait voulu lui promettre qu’il resterait. Qu’elle n’en avait pas pour longtemps. Que tout était bientôt terminé.
Mais la vérité, c’était qu’il n’en savait rien.
Il ne savait rien ni de son état globale, ni de combien de temps il pourrait rester et encore moins combien de temps elle-même serait hospitalisé ici.
Il n’en savait rien, mais alors rien du tout.
Observant son frère retrouver seul le chemin de la chambre, frottant ses mains dans un geste équivoque que Jude ne reconnaissait que trop bien, le brun devina avant même d’avoir remarqué la tâche de sang sur sa chemise vert pomme qu’Adam ne serait plus un problème.
Pas aujourd’hui, tout du moins.
Offrant un sourire discret à son frère, il reporta son attention sur sa petite amie en larmes, le suppliant d’une voix presque éteinte de lui demander d’expliquer une chose que lui-même ne comprenait pas.
« -Me laisses pas ici... Je comprends pas... Qu'est-ce qui m'arrive, Ju ? Qu'est-ce qui m'arrive, putain ? »
Que dire ? Que répondre à cette femme le regardant de ses yeux apitoyés ? Regard innocent d’un être ne comprenant pas ce qui était en train de lui arriver.
Soledad semblait perdue. Véritablement perdu dans toute cette agitation. Dans tout ces termes médicaux que les infirmières lui avaient sans nul doute répéter et dans cette chambre impersonnelle la laissant seule avec elle-même. Seule avec cette femme magnifique qu’elle se refusait de voir.
Et Jude ne savait pas quoi lui dire, quoi faire pour qu’elle comprenne ce qui était en train de se passer dans sa vie.
Il ne savait pas comment lui faire prendre conscience d’une chose que lui-même avait encore du mal à assumer. La faire réaliser cette chose qu’il n’osait pas prononcer même dans ses pensées.
Anorexie.

Un mot si laid qui lui semblait si irréel. Prenant lentement sens alors que ses yeux retraçaient les courbes perdu de la Mexicaine.
Elle était belle, Soledad. Même aujourd’hui. Même en pleure, décoiffée et mal habillée. Même le teint blafard et les yeux rougit, elle était belle.
Mais elle était maigre, aussi.
Beaucoup plus maigre que ce qu’elle était lorsqu’il l’avait connu.
Et si elle ne paraîtrait sans doute pas si maigre que ça aux yeux des badauds, voir peut-être même encore ronde aux yeux des Adam en puissant, Jude lui savait que ce n’était pas le cas.
Elle était faible.
Elle semblait comme prête à se briser au moindre souffle. Au moindre contact un peu trop appuyer sur son corps frêle. Si frêle.
Comment avait-il fait pour être aussi aveugle ?
Comment avait-elle fait pour donner le change aussi longtemps ?
Pour être dans un tel état aujourd’hui, cela voulait dire qu’elle allait déjà mal lorsqu’il était avec elle. Qu’elle aurait déjà pu s’effondrer entre ses bras alors qu’il l’aimait de la manière la plus animale qui soit.
Alors il baissa la tête, Jude. Serrant plus fort la main de sa belle sans savoir quoi faire ni quoi dire.
Il se sentait petit, si petit dans cet immense hôpital. Entouré de tout ces médecins et de tout ces malades et de tout ces bip et de toutes ces machines dont-il ne comprenait pas même l’utilité.
Il observa la perfusion au bras de Soledad. Observa Soledad l’observant comme s’il était son sauveur. Celui qui viendrait la tirer d’ici et qui parviendrait à lui expliquer ce qu’elle ne comprenait pas. Qui la rassurerait.
Il a peur, Jude. Il se sent vide. Si vide.
Il se sent inutile, ici. Dans ce lieu immense.
Il ne peut rien faire pour elle. Il ne peut même pas répondre à une question aussi simple que celle qu’elle venait de lui poser.
« -T'es malade. » Répond un Charlie au visage fatigué alors qu’il prenait place à leur côté sur le lit. Qu’il expliquait à Soledad ce que Jude se trouvait bien incapable de lui expliquer.
Et il la sent, Jude, la poigne de son frère le secouer comme pour le forcer à retrouver la place qui lui était dû.
« -J'ai discuter avec le garçon de tout à l'heure. Crois-moi, il reviendra plus jamais te faire du mal. » Qu’il conclu, son frère, confirmant ainsi au brun ce qu’il savait déjà.
Et il soupire, Jude. Il inspire un grand coup en tentant de redresser son corps fatigué. Sa main toujours pressée entre celles de Sol alors qu’il observe son meilleur ami se lever et s’absenter le temps de leur chercher quelques cafés bienvenus.

« Je... » Commence-t-il, incertain. Son regard charbonneux cherchant celui de la jeune-femme. Et il se mord la lèvre, Jude. Il ne sait pas comment continuer.
Il se sent si, tellement inutile.
Il aurait tant aimé trouver les mots. Être le petit ami dont Soledad avait besoin, celui apte à la soutenir dans cette épreuve qu’elle niait traverser, mais il n’était pas encore assez fort.
Mais lorsque son regard croisa celui de sa petite amie, il su qu’il ne partirait pas.
Elle lui avait vraiment, mais alors vraiment trop manqué.
Il avait beau tenter de se mentir à lui-même. De temporiser ces sentiments qu’il se sentait posséder, il fallait bien un jour qu’il finisse par l’accepter.
Il était amoureux de Soledad. Follement amoureux même. « Je… J’veux que tu te soigne, Sol… S’il te plait » Qu’il murmure d’une voix cassée, fatiguée. Tentant de rester digne malgré l’ouragan de sentiments déferlant dans son corps.
Et il se rapproche d’elle, encore un peu plus. Il s’assoit au niveau de son buste, sur l’extrémité du matelas alors que, sans plus réfléchir, il l’encercle de ses bras. La protège de son corps.
Et il glisse une main dans ses cheveux long, secs, cassant. Dans ses beaux cheveux semblant tout à coup si fins. Si fragile.
Et il les caresse, Jude. Il les caresse avec douceur et amour. Il caresse son crâne, sa nuque, avant de la serrer plus fort encore contre lui. « J’v-J’veux pas que tu te fasse du mal Sol… J’voudrais tant que… tu te vois comme je te vois moi… Je… Je t’aime. Voilà. Je t’aime putain. J’suis amoureux de toi ! »
Finit-il par lâcher, fataliste. Comme résigné à ses propres émotions. Nichant son visage dans le creux de l’épaule à Soledad, il embrassa son cou avant de serrer fort ses paupières.
Il ne voulait pas pleurer. Pas maintenant. Pas alors que Soledad avait besoin de lui.
Il ne pouvait pas se permettre de se montrer faible. Il devait être fort. Pour lui, mais surtout pour elle.
Alors il ne pleurait pas, Jude, lorsqu’il se redressa lui faire face, un demi sourire en coin et qu’il déposa un chaste baiser sur ses lèvres sèches.
Il lui faudrait se battre, il le savait.
Mais il ne pouvait simplement pas l’abandonner là.
Il ne pouvait tout simplement pas laisser l’anorexie avoir raison de leur histoire.
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Soledad Lopez
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Lun 15 Oct - 23:53

Sick



Ils disent tous que je suis malade. Que quelque chose ne va pas à l'intérieur de moi. Ils disent tous que je vais mal. Et c'est vrai que je me sens pas bien depuis quelques semaines. Parce que rien ne fonctionne. La balance m'indique doucement que je maigris mais... C'est comme si rien n'y faisait. Je n'ai pas l'impression de maigrir, bien au contraire. J'me sens étouffée dans mon corps. J'me sens trop grande , trop grosse et puis je me sens laide. Particulièrement là, tout de suite. J'me sens faible, j'ai l'impression qu'on pourrait de devenir folle. Je n'arrive pas à mettre toutes les idées en place dans ma tête. J'avais toujours eut un rapport problématique à mon corps. Je sais que j'ai enchainé les régimes. Les pertes de poids, puis le regain. C'était comme si la vie refusait que je sois mince et jolie comme toutes les autres filles. Ça a commencer à être vraiment obsessionnel quand je me suis séparée de Adam, en vérité. De plus en plus , ça a commencer à me peser à l'intérieur. J'avais beau essayer de m'engager dans la vie active, faire tout un tas de choses, je regrettais d'avoir quitter Adam. J'avais cette peur, tout au fond de moi qui me disait que je resterais seule toute ma vie ,si je ne faisais pas d'efforts. Ça a commencer par le sport. Des exercices dans ma chambre étudiantes et puis j'ai commencer à m'imposer des règles strictes. Le soir je ne mange pas beaucoup, à midi repas équilibré et pas de grignotages. Mais, ça n'allait pas assez vite. Les résultats étaient trop faibles. Rien ne fonctionnait assez bien. Je le sais, que j'aurais peut-être dû prendre mon temps et que j'aurais du faire attention à moi-même. Je le sais , au fond, que je suis fatiguée plus facilement que les autres. Parfois, après certaines nuit avec Jude, je me sentais réellement vidée de toute mes forces. Plus capable de faire quoi que ce soit, incapable même de bouger un seul muscle.

Ça a commencer tout doucement et je ne l'ai pas vu arriver. La pression au travail, cette image qu'on renvoi de soit , essayant d'être parfaite. Les commentaires sur Instragram, ceux qui disent que je suis affreusement grosse, que je ferais mieux de faire des régimes plutôt que d'essayer de convaincre les gens qu'être gros , c'est pas si laid. J'ai toujours fait semblant que tout ça ne me touchais pas. Mais ça a du compter. Je ne sais pas. Je sais pas vraiment d'où ça vient. J'voulais juste être mince et jolie, comme une poupée qu'on regarde dans une vitrine, intouchable et puis presque irréelle. J'voulais être le genre de fille qu'on serait fier d'avoir à son bras. Le genre de femme avec lequel les hommes se pavanent, comme un signe ostentatoire de réussite. J'voulais juste être belle. Et pas seulement. Je voulais être intelligente et drôle et vive et plus je travaillais dans le milieu de la beauté, moins je me sentais jolie.

Je crois que c'est quand j'ai rencontrer Jude que c'est aller trop loin. J'avais tellement bon espoir qu'il me trouve belle. J'voulais tellement correspondre à l'image étrange qu'il avait de moi. Quand il me disait , au creux de l'oreille qu'il me trouvait belle, je voulais l'être. Encore plus pour lui. Je me disais que si je maigrissais, si je me maquillais toujours bien , que j'étais toujours jolie pour lui, il n'aurait pas trop honte d'être vu avec moi. J'voulais qu'il me trouve belle, qu'il soit fier. J'voulais qu'il me dise un jour qu'il m'aime, sans faire de blague. Qu'il me dise qu'il m'aime, qu'il veut de moi , autant que moi je veux de lui. Parce que je suis tombée amoureuse de Jude. Éperdument. J'suis tombée amoureuse de Jude, de tout son être entier. De tout les sourires qu'il fait, ceux lorsqu'il est presque ivre, ceux qu'il fait, satisfait après l'amour. Ceux qu'il fait quand il m'observe, qu'il croit que je ne le voit pas. Ceux qu'il fait quand il est gêné. Quand il est attendrit. J'voulais tout de Ju. J'voulais tout en entier. Et j'voulais être parfaite. Sans aucune faiblesse. Jamais.

Alors je me sens mal, quand je constate qu'il me voit dans cet état. Quand je constate que je suis à peine coiffée que je suis laide et sans maquillage. J'constate que je suis vraiment dans un hopital à New-York. Pourquoi il est là , Jude ? Pourquoi je suis là, moi aussi ? Je comprends pas. Je comprends pas tout ce qui se passe mais, le frère de Jude se lève et s'approche, aussi doucement qu'il le peut pour s'assoir à mes pied sur le matelas. Il m'observe, il a quelque chose d'éteint dans le regard, ce garçon. Il a quelque chose qui va pas. Il a une tâche de sang sur la manche de sa chemise et j'me mets à avoir peur pour Adam. Malgré tout, je ne veux pas qu'on lui fasse du mal. Il inspire, avant de commencer à parler. S'essaie à un visage doux mais, la balafre qu'il porte sur le visage, signe d'une bagarre ou quelconque autre violence, ne m'aide pas à me détendre. Je pleure à grosses larmes quand il me dit sans ménagement « -T'es malade » Non. C'est pas vrai. Il ment , pas vrai ? Il ment. Je suis pas malade. Ils se trompent tous. Je suis pas malade. Je suis juste fatiguée. Ça arrive. Ça arrive d'être fatiguée. Il me parle mais, instinctivement, je baisse la tête. Il a la voix abîmée et profonde. Une voix rauque, naturellement et grave. Impressionnante , sans doute parce qu'il a une cage thoracique assez large pour contenir sa voix. La faire raisonner à l'intérieur de lui-même. « -J'ai discuter avec le garçon de tout à l'heure. Crois-moi, il reviendra plus jamais te faire du mal. »  Il dit et je me mord la lèvre inférieure. Je voulais seulement qu'il parte. Je ne veux pas être responsable d'une blessure. Je ne veux pas qu'on fasse du mal pour moi. Je hoche la tête, le visage piteux. J'voudrais dormir un peu, oublier tout ça. Toutes les mauvaises choses dans ma tête. J'ai encore merdé. C'est encore de ma faute.

Et Jude à l'air si triste, quand il me regarde. Pourquoi est-ce qu'il me regarde comme ça ? Pourquoi est-ce qu'il me dit des choses comme ça, charlie ? Et il se lève pour aller nous chercher à boire. Je ferme les yeux une seconde, juste une pour me calmer. La porte se referme doucement, tout doucement. Il nous laisse tout les deux, Jude reste silencieux. Je me mets à avoir peur, maintenant. Je me dis qu'il va peut-être me quitter. Que peut-être qu'il a vu, maintenant. Qu'il a compris que je suis toute cassée. Je sais pas. Il dit rien. Il reste là, prostré et il semble chercher ses mots. J'veux pas l'entendre le dire. Je veux surtout pas qu'il me dise qu'il ne veux pas de moi, aujourd'hui. Pas aujourd'hui.

. « Je… J’veux que tu te soigne, Sol… S’il te plait » Il finit par dire et je me mord la lèvre, me recroqueville un peu plus sur moi-même. Non je suis pas malade. Je veux qu'ils arrêtent tous de dire ça. J'voudrais supplier Jude de pas me dire ça. Je veux pas qu'il pense que je suis malade. Non. Je vais bien. Je jure que je vais bien. Je veux pas qu'il pense à ça. Et il me prends dans ses bras alors que mes sanglot redoublent. Que j'me sens encore plus sombrer dans un déni, dans une folie que je ne me connais pas. Je gémis des paroles inaudible, je ne sais même pas ce que je raconte , ça n'a pas de sens. C'est juste mâché et remâché, ça donne juste des bruits informes, alors que je m'accroche à Jude comme si j'allais mourir de ne pas l'avoir contre moi. « J’v-J’veux pas que tu te fasse du mal Sol… J’voudrais tant que… tu te vois comme je te vois moi… Je… Je t’aime. Voilà. Je t’aime putain. J’suis amoureux de toi ! » Je me fais du mal ? Est-ce que c'est ce que je fais ? Je ne comprends pas. Être gros, c'est signe de mauvaise santé , d'abus, de malnutrition. Être mince , à l'opposé, c'est être en bonne santé, non ? Être bien. Avoir un imc correcte, c'est bien , non ? Il me dit qu'il m'aime Jude. Il me dit qu'il m'aime pour de vrai. Qu'il est amoureux. Il ne l'avait jamais dis , avant. Pourquoi est-ce que la déclaration d'amour de Jude me paraît si fade ? Pourquoi est-ce que je suis encore triste, alors qu'il m'a dit qu'il m'aime, que c'est ce que j'attends depuis le début de notre relation ? Pourquoi est-ce que je m'en veux à ce point , d'être aimer par Jude. Pourquoi est-ce que je m'en veux de ne pas être assez bien pour lui ? « -Pardon .. » Je dis, fermant les yeux et puis m'accrochant fermement à lui. Je veux pas que Jude me quitte. Je veux pas qu'il arrête de m'aimer. « -Je suis désolée Jude. J.. » J'ai du mal à parler et je le serre plus fort encore contre moi. « -J'voulais juste que tu me trouves belle. Je voulais pas faire la même erreur qu'avec Adam. J'voulais que ça marche. » Je dis. Et c'est ce que j'arrêtes pas de lui répété. Je veux que ça marche, Jude. Je veux que ça marche. Je veux que ça marche. C'est tout ce que je voulais. Je voulais qu'il m'aime, j'voulais l'aimer fort. J'voulais étouffer de l'amour. J'voulais le tuer de l'aimer trop. Mais, j'ai tout bousiller. « -J'ai tout gâcher... C'est ma faute. » Je dis en sanglotant encore plus fort , alors que l'infirmière entre dans la chambre. Qu'elle constate que je pleure dans les bras de Jude, me cramponnant à lui. « -Tout va bien, mlle Lopez ? Il y a des patient qui sont venu nous alerté qu'un homme était venus vous importuné, il y a eut une bagarre... Vous voulez que j'appelle la sécurité ? » Elle dit. Et je fais non de la tête. « -Non, il est parti. Il l'a fait partir. » Je dis d'une toute petite voix alors que l’infirmière pose doucement sa main sur l'épaule de Jude. Lui demandant de la suivre dans le couloir pour lui parler. Et je fais signe à Jude que c'est bon. Que je suis d'accord. « -Euh... Vous êtes son petit ami ? Je pense qu'on va devoir la sédaté au moins pour la journée. Elle est très agitée depuis deux jours, elle n'a toujours pas manger. Est-ce que c'est bon pour vous ? » elle dit , inspirant longuement.

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Jeu 18 Oct - 21:13
Hospital terror


Il est morne, le regard de Soledad. Il semble perdu. Comme ailleurs. Loin, si loin de leur réalité. D’ici et de maintenant. De lui…
Et il se sent seul, Jude, lorsqu’il croise son regard fatigué, vitreux. Qu’il aperçoit son visage blafard au travers de ses rétines.
Il se voit, Jude, dans les yeux de Soledad.
Il y voit ses propres craintes. Ses propres appréhensions et ses propres dilemmes.
Alors il lui parle, Jude. Il supplie à sa petite amie de se soigner. De prendre soin d’elle. Conscient qu’elle ne l’écoutait sans doute pas.
Et elle se recroqueville, Sol, à ses mots.
Et il a envie de pleurer, Jude, à la voir aussi mal en point.
Il a envie de pleurer, crier, frapper. Frapper ce monde de merde, ces gens de merde qui, à force de tout juger, finissaient par rendre des personnes aussi gentils que Soledad malade de mal être.
Il est colère, Jude. Colère et incompréhension. Tristesse et résignation.
Il ne veut plus, mais alors plus jamais voir sa petite amie dans un tel état.
Elle si belle, elle si douce emprunt à une telle détresse. À un mal être tel qu’il ne savait plus ni quoi dire ni quoi faire pour la faire comprendre la réalité de ce qui était en train de lui arriver.
De leur arriver.
Car Jude ne fuirait pas. Non.
Lorsque ses yeux se posaient sur cette femme, ce petit bout de femme aux cheveux secs et au regard cerné, au corps trop mince pour les vêtements qu’elle portait et aux lèvres gercées, il savait qu’il ne pourrait plus faire machine arrière.
Même ainsi, elle faisait battre son coeur plus fort qu’il n’avait jamais battu pour quiconque.
Même dans un tel état de décomposition, il nourrissait l’envie de la prendre dans ses bras et de l’aimer de toutes les manières possibles. Autant qu’il était capable de le faire.
Dommage qu’il lui ai fallu attendre que la jeune femme aille si mal avant d’enfin se décider à assumer ces sentiments qu’il se savait déjà posséder. Avant de les mettre en mots. Avouant pour la première fois depuis le début de leur relation à Soledad combien il l’aimait.

Car il l’aimait, oui. Putain même ce qu’il l’aimait.
Et de la voir ainsi. De se voir ainsi, lui avait fait réaliser que ce sentiment était encore plus fort que tout ce qu’il avait imaginé.
Il était amoureux d’elle, putain. Éperdu d’un amour qu’il aurait préféré ne pas connaître. Qui lui aurait évité bien des souffrances. Car il allait souffrir, il le savait.
Qu’il reste ou qu’il parte, il allait souffrir.
A lui de choisir ce qui allait le blesser. Et il avait choisi Soledad.
« -Pardon .. » Finit par murmurer cette dernière, unique réponse à une déclaration improvisée. Plus qu’imprévue. A la mise à nu de sentiments qu’il aurait sans doute lui révéler plus tôt. Peut-être plus tard, mais pas maintenant.
Alors il ne dit rien, Jude. Il ne réagit pas à cette absence de réaction de sa petite amie. Il ne s’offusque pas. Il est bien trop fatigué et bien trop honteux de ne pas l’avoir réalisé plus tôt pour oser ne serait-ce que la juger.
De toute manière, ce n’était pas comme si elle ne le lui avait jamais dit, elle. Plus d’une fois, Soledad lui avait fait comprendre qu’elle l’aimait. Qu’elle l’aimait avec toute la sincérité et toute la pureté qui le faisait tant craquer chez elle.
Alors il ne dit rien, Jude. Il la laisse le serrer plus fort dans ses bras. S’accrocher à lui de toutes les forces qu’il lui restait alors que lui même protégeait son corps du sien.
Personne n’avait le droit de faire du mal à Sol. Pas même elle-même.
« -Je suis désolée Jude. J.. -J'voulais juste que tu me trouves belle. Je voulais pas faire la même erreur qu'avec Adam. J'voulais que ça marche. » Elle gémit. La voix cassée. Le regard fuyant alors que Jude se sent se raidir à ces mots.
Il avait raison. C’était de sa faute à lui si elle était ainsi. C’était de sa faute à lui pour ne pas être parvenu à le faire se voir comme lui la voyait. Pour ne pas être parvenu à la convaincre de la véracité de ses propos lorsqu’il lui susurrait combien il l’a trouvait jolie.
C’était de sa faute à lui, de ne pas avoir su combler ce trou béant laissé par Adam.
Adam… La prochaine fois que le chemin de cette ordure croiserait sa route, il ne se retiendrait pas.
Tant pis si l’homme semblait plus fort que lui. Mieux battit. Qu’importerait s’il répondait à son coup. Qu’importerait même si c’était Jude qui finissait par terre, le visage en sang le premier.
Il s’en foutait, Jude. Tout ce qu’il voulait, son seul désir et son seul besoin devenant viscéral, c’était de sentir le cartilage du nez de cet homme craquer sous ses doigts.
Si Adam revenait, Jude ne le laisserait pas repartir indemne.
Avec ou sans Charlie à ses côtés.

« T’es belle, Sol… T’es magnifique… Adam est qu’un con… S’il sait pas reconnaître la beauté, c’est tant pis pour lui. T’es belle. Vraiment belle. Je l’ai pensé la première fois que je t’ai vu. T’es belle et ton corps est magnifique »

Il murmure, Jude, ses lèvres tout contre l’oreille de Soledad alors qu’il sent son coeur se serrer. Il aimerait tant que ces mots pénètrent enfin son esprit. Sa raison.
Mais il savait qu’ils sonnaient creux pour elle. Elle ne les entendait pas. Jamais. Si elle les avait entendues, elle ne serait pas ici, dans ce lit d’hôpital, son visage si pâle et son corps semblant tout à coup si fragile entre ces bras.
Elle était sourde à ses paroles. A ses compliments les plus sincères.
Mais qu’importe. Peu importait le temps que ça prendrait, Jude n’aurait de cesse de lui répéter ces vérités jusqu’à temps qu’elle les assimile. Qu’elle les intègre entièrement. « Tu es belle pour moi, Sol. Aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Je… Je suis désolé de ne pas avoir su voir à quel point tu allais mal... »
Il dit, piteux, le regard baissé en direction des draps d’un blanc immaculé recouvrant le lit de sa petite amie alors qu’il l’a gardait toujours serré contre son corps.
Il ne voulait pas la lâcher. Il ne voulait plus la lâcher.
Même lorsqu’elle tenta de s’accaparer la faute d’un état qu’elle ne comprenait pas. Même lorsque l’infirmière les surprit dans leurs étreintes et lui demanda de la suivre.
Ce que Jude fit. Bon gré mal gré. Le regard tourné vers Soledad jusqu’à ce que la porte de la chambre ne se referme sur eux et qu’il ne se retrouve confronté à cette inconnue au beau milieu du couloir.
Cette femme exerçant le même métier que sa mère.
Cette infirmière qui lui demandait de sa voix la plus professionnelle s’il leur donnait son accord pour qu’ils sédatent sa petite amie déjà si mal en point.
Enfin… En vue du regard que la femme lui lançait, il avait l’impression qu’il n’avait pas vraiment le choix quand à la réponse qu’il se devait de donner…
« Je… Est ce que je peux lui parler encore un peu avant que vous ne la piquez ? Tenter de lui expliquer moi… pour pas la brusquer »
Qu’il demande, piteux. Ne se sentant pas, mais alors pas du tout à sa place en ces lieux.
Il n’aimait pas les hôpitaux, Jude. Il n’aimait pas non plus qu’on lui impose des choix. Encore moins qu’on en impose à ceux qu’il aime.
Mais il n’avait pas le choix, il le savait. Alors il concédait.
Et la femme sembla comprendre son malaise car elle lui accorda le droit à quelques minutes de répit dont il profita pour retrouver Soledad à l’endroit même ou il l’avait laissé.

Retrouvant sa place à ses côtés sur son lit, il l’observa une nouvelle fois de son regard doux, fatigué. Teinté de ses troubles intérieur qu’il tentait de cacher alors que de sa voix la plus tendre, il expliqua à sa petite amie ce que l’on attendait d’elle. « Tu manques de sommeil, Soso… L’infirmière va venir te faire un piqûre pour t’aider à dormir, ok ? Je resterait là jusqu’à ce que tu t’endorme et demain, je serais encore là. D’accord ? Je serais là toute la journée. J’ai pris une chambre d’hôtel donc je serais pas loin. D’accord ? Là il faut que tu te repose. Que tu dormes un peu, hein ? Je reviens demain. Promis. J’te laisse pas tomber hein ? »
Qu’il dit, caressant les cheveux de la belle avec douceur, ses yeux cernés encrés dans ceux de la jeune femme.
Miroir d’une fatigue commune. Lui aussi avait besoin de sommeil. « Et demain, il faudra que tu manges un peu. Juste un peu. Pas beaucoup. Juste un tout petit peu, pour aller mieux. Comme un médicament, hein ? Manger un tout petit peu pour te soigner. Pour aller mieux. Juste un peu »
Essai-t-il de temporiser, un sourire se voulant rassurant étirant ses lèvres alors qu’il embrasse la commissure de celles de sa petite amie.
Il ne voulait pas la brusquer. Surtout pas la brusquer. Mais il ne voulait pas non plus lui mentir.
Il voulait simplement… Qu’elle accepte de se faire soigner. Qu’elle aille mieux. « Je reste là, ok ? Je bouge pas »
Il promet, sincèrement, alors que l’infirmière pénètre le chambre avec son chariot rempli de médicament. De sédatifs. « Je reste là »
Il répète. Prenant la main de la jeune femme dans la sienne pour la porter à ses lèvres. L’embrasser encore, et encore, et encore, et encore...
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Ven 19 Oct - 6:53

TRUTH



Je pleure. Je n’arrive plus à m’arrêter de pleurer. Je pleure et je pleure et je pleure et j’ai beau m’accrocher à Jude, je pleure encore. Il a beau vouloir s’accrocher à moi, tenter de me calmer, de me serrer assez fort pour que toutes mes angoisses disparaissent, je pleure encore. Toujours. Je pleure sans cesses et plus je pleure, plus j’ai envie de pleurer. Jude m’observe comme si j’allais me briser d’un instant à l’autre. Et je me sens déjà brisée quelque part. J’ai l’impression que je ne m’arrêterais jamais de pleurer. L’impression que j’en suis incapable. J’voudrais que ça marche et que tout ses mots fassent tout disparaitre, j’voudrais qu’il soit assez fort pour tout soutenir mais, la vérité c’est que tout ça... tout ses beaux mensonges, me paraissent tellement irréalistes. Il dit que je suis belle, dans le creux de mon oreille. Il dit qu’il me trouve belle , que les autres sont bête de pas le voir. Mais non. Pas du tout. Il est le seul à voir ça. Il est le seul à penser ça. Je ne suis pas belle. Je suis le monstre, gros tas graisseux boudiné et abject. Mon visage étouffe sous le gras, mes bras semblent gonflés à l’hélium, ma poitrine remontre jusque dans ma gorge et mon ventre semble écraser mon torse. Je ne suis pas belle. Je ne peux pas être belle. C’est impossible. Impossible. Et je sais. J’intellectualise très bien le fait que j’ai perdu énormément de poids en quelques mois. Je le vois sur la balance. Je sais que les chiffres sont là, qu’ils ne mentent pas. Je les aient dans les yeux. Mais, j’arrête pas de me dire que ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas assez. Si je perdais plus, juste un peu plus, je serais plus jolie. Moins de hanches, moins de fesses et je voudrais sécher alors je fais du sport. Et c’est devenu comme une drogue. Toutes formes de sports. Et je conscientise très bien que je m’épuise. Je le sais, que quelque chose ne va pas au fond. Mais, je ne veux pas l’accepter. Parce que pour la première fois de ma vie, j’ai l’impression d’avoir le contrôle sur mon corps. Pour la première fois de ma vie, ce n’est pas mon corps qui me dirige, ce n’est pas mon corps qui m’empoisonne l’existante.

J’voudrais dire que c’est de la faute de Adam tout ça. Et évidemment qu’il a une grande responsabilité dans tout ça. Je sais que son comportement avec moi durant l’adolescence a été problématique. Je sais que personne, même pas moi, ne mériterait le traitement d’Adam. Et s’il s’agissait d’une autre personne qui avait été concernée par le comportement de mon ex petit copain, j’aurais peut-être été toute aussi catégorique que les autres lorsqu’ils mentionnent Adam. J’aurais peut-être été aussi sévère que mon père. Aussi outrée que ma mère. Je l’aurais peut-être insulter de tout les noms. J’en sais rien. C’est de moi qu’il s’agit. Pourquoi est-ce que le garçon parfait du lycée se serait embarrasser de quelqu’un comme moi ? Oui, Jude avait raison, lorsqu’il m’avait dit que Adam m’avait aimer. Il avait raison lorsqu’il m’avait dit que Adam avait sans doute été amoureux de moi. Il l’était encore. Pourquoi est-ce qu’il s’embêterait à venir me voir ici ? Pourquoi est-ce qu’il viendrait pour me dire que Jude n’est pas bien pour moi ? Non. Je sais. Je sais au fond que Adam n’est pas responsable. Je voudrais bien dire que c’est de la faute d’Adam mais, c’est de ma faute.

Le soucis c’est moi: ça n’a toujours été que moi. C’est moi qui suis répugnante. C’est moi, qui voudrais disparaitre au fond. Qui voudrait maigrir tellement que j’en disparaitrais complètement. Et je ne sais pas d’où vient se sentiments. Je sais juste que j’ai toujours voulu être aimée. Être le genre de femmes qu’on aime facilement. J’ai toujours voulu être le genre de femme comme dans les films, qui fascine et puis dont on est vraiment amoureux. Dont on a vraiment envie de prendre soin. Mais... maintenant que j’ai ça. Que j’ai l’amour comme dans les films, je me demande si je le mérites vraiment ? Si Jude me voit vraiment telle que je suis. Laide et insipide. Monstrueuse et menteuse. « Tu es belle pour moi, Sol. Aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Je… Je suis désolé de ne pas avoir su voir à quel point tu allais mal... » il me chuchote à l’oreille et je gémis. Je gémis parce qu’il s’excuse alors que ça devrait être à moi de m’excuser. C’est moi qui lui fait du mal. Qui le dérange. Il se sacrifie à être là alors qu’il n’est pas bien. Alors qu’il a ses propres problèmes avec son ami, avec sa famille. Il se sacrifie alors qu’il a déjà tellement souffert,Ju. Même s’il n’en parle pas, les traces et les cicatrices parlent d’elles-même. Même s’il ne m’a jamais dis, je sais. Pourquoi j’imposerais une monstruosité comme moi à un être aussi beau que Jude. Un être aussi gentil, aussi doux, aussi compréhensif que lui ? Pourquoi est-ce que j’aurais le droit de m’imposer dans sa vie ? Pourquoi est-ce que j’aurais le droit d’attendre des excuses ? Pourquoi est ce qu’il s’excuse ,même. C’est moi qui ait menti, c’est moi qui me suis caché qui n’ai pas arrêter les stratagèmes pour qu’il ne voit jamais. Parce qu’au fond, tout au fond, même si je ne voulais pas l’avouer, je savais qu’il ne fallait pas qu’il sache. La vérité c’est que je le supplie de rester mais qu’il ferait mieux de partir. La vérité c’est que je suis éperdument amoureuse d’un homme qui mérite cent fois, mille fois, un million de fois mieux que moi. La vérité c’est que moi,je mérite peut-être bien mieux des garçons comme Adam. J’ai pleurer parce qu’on m’avait cacher pendant des années, j’ai pleurer parce qu’on n’avait pas voulu m’assumer mais, à la place de Jude, à la place d’Adam, je ne me serais pas assumer non plus. Comment est-ce que je pourrais leurs en vouloir dans ce cas ? Jude s’excuse mais de quoi exactement ? Il avait été parfait. Parfait du premiers jusqu’au derniers jours de notre relation. Jusqu’aujourd’hui. Gentil, patient, compréhensif, aimant, doux. Il avait été parfait. Il n’y a pas d’autre mots.

Il me lâche pour suivre l’infirmière dans le couloir et je laisse ma tête retombée sur le moelleux du coussin, espérant vainement avoir un peu de repos. Ils discutent une minute ou deux à l’extérieure de la chambre et moi j’attends, les yeux vrillant d’une fatigue d’avoir trop pleurer, de ne plus être capable de m’arrêter. Je pleure et je pleure et je pleure encore. Je pleure sans arrêt. Sans pause. Sans être capable de stopper. Je voudrais pourtant mais, je me sens complètement perdue. Incapable de réagir sous la peur de perdre Jude, de perdre le premiers homme qui m’aime assez pour que je me sente véritablement bien. Je voulais que ça marche. Je voulais que ça marche si fort avec Jude, que j’ai tout gâcher. Pauvre idiote que je suis. Pauvre conne , grosse , empotée et incapable.
Lorsque la porte s’ouvre, je me tends imperceptiblement vers Jude, vers son regard troublé, vers sa mine fatigué. Ses yeux peiné. Je me sens horriblement mal. Terriblement mal de faire ressentir de telles choses à un être aussi doux que Jude. Je me sens stupide et encore plus laide que d’habitude.« Tu manques de sommeil, Soso… L’infirmière va venir te faire une piqûre pour t’aider à dormir, ok ? Je resterais là jusqu’à ce que tu t’endorme et demain, je serais encore là. D’accord ? Je serais là toute la journée. J’ai pris une chambre d’hôtel donc je serais pas loin. D’accord ? Là il faut que tu te reposes. Que tu dormes un peu, hein ? Je reviens demain. Promis. J’te laisse pas tomber hein ? » il dit , de sa voix la plus douce alors que je lui fais non de la tête. Non. Je veux pas qu’il parte. Je veux pas qu’il me laisse ici toute seule. Et mes sanglot redoublent, et je gémis mon mécontentement. Non. Je veux pas qu’il s’en aille. Je lui fais non de la tête même si je suis fatiguée. Je lui attrape la main instinctivement, alors qu’il glisse sa seconde main dans mes cheveux. Non. Pars pas Jude. Je veux pas que tu parte. Je voudrais lui hurler de rester avec moi. Mais je comprends que j’ai pas le choix. Alors je pleure fort, je suis secouée par mes propres sanglot, j’ai du mal à respiré tant je pleure. Et je vois dans ses yeux hésitants qu’il s’apprête à me dire quelque chose d’autre quelque chose qui va me faire mal. Il adopte sa voix la plus douce, mon petit-ami. Il prends sa voix la plus douce et la plus calme.« Et demain, il faudra que tu manges un peu. Juste un peu. Pas beaucoup. Juste un tout petit peu, pour aller mieux. Comme un médicament, hein ? Manger un tout petit peu pour te soigner. Pour aller mieux. Juste un peu » et mon visage se contracte, je lui lâche la main, je me recroqueville. Non. Il a pas le droit de m’obliger. Je fais non de la tête. Non. Je veux pas. Je veux pas. Je veux pas. Non. Je veux pas, putain. Je peux pas. Je peux surtout pas manger. «- S’il te plait Ju. M’obliges pas à faire ça. S’il te plait, Ju. S’il te plait. S’il te plait. Non... » je dis, secouée d’un nouveau sanglot, alors que l’infirmière observe Jude d’un air désolé et qu’elle glisse de l’autre côté du lit, un air calme au visage, qu’elle attrape mon bras alors que je supplie Jude des yeux, que je ne la voit même pas. Il attrape ma main, il reste calme, Jude. Il reste très calme alors que je le supplie encore et encore. « Je reste là, ok ? Je bouge pas » il me rassure, embrassant ma main tout doucement. Je ne veux pas dormir. Je ne veux pas qu’il parte. Je veux pas qu’il parte parce que je vais de nouveau me retrouver toute seule ici. «-Pardon Jude. S’il te plait, restes avec moi. Pars pas. » je dis, déjà dans les vapes alors que ma tête tombe lourdement contre le moelleux du coussin. Je m’accroche à sa main, de mes dernières forces. Je m’accroche à lui, espérant qu’il parte pas. Qu’il me quitte pas, jamais. Parce qu’au fond c’est pas une question de mérite. Je l’aime trop pour toléré qu’il me quitte.


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Ven 19 Oct - 23:59

Charlie is a sad boi


Je quitte la chambre et inspire fort. J'essaie de retrouver l'air qui me manque. Trop d'angoisse. Trop de stress. Des émotions que je ne connais pas. Que je suis incapable de gèré. Trop intense pour ma petite boite crânienne. Tout tourne trop vite autours de moi et je me sens pris d'un vertige. J'veux rester fort pour Jude. C'est peut-être pour ça que je m'enfuis de la chambre. C'est parce que j'ai l'impression que chaque pan du tissus de ma vie s'étiole. Tout tombe en lambeaux autours de moi. Y'a plus rien qui tiens debout.  Je suis le seul. Le seul qui ne tombe pas. Qui tient debout comme obligé d'être en vie. Comme obliger de rester droit, comme forcé de ne pas flancher. Et très sincèrement je n'ai aucune idée de comment je fais pour être debout. Je ne sais même pas comment, entre l'inquiétude, l'angoisse, la souffrance, la peur et puis la fatigue, j'arrive encore à porter mon corps qui me paraît peser une tonne. Une tonne. Le poids du monde sur mes épaules. J'veux pas perdre Jude. Je veux pas non plus qu'il se perde tout seul alors quand je quitte la chambre ; que je sens mes jambes trembler. Je quitte la chambre parce que Soledad pleure trop . Parce que le visage décomposer de Jude me brise le cœur. Parce que je suis pas capable de voir ça aujourd'hui. Je suis pas capable de pas craquer là tout de suite alors j'm'enfuis en bas. Je prends comme prétexte des putains de cafés pour m'enfuir. Et je me précipite vers les toilettes pour rejeter le peu qu'avait été dans mon estomac depuis hier. Presque rien. Que de la bile que je vomis. Et vomis encore. Je me vide complètement, des  grosses perles d'eau qui roulent lourdement contre mes joues ; qui brûlent ma joue blessée. Je vomis, gémissant la douleurs, le stress. J'suis dans un état minable. Et j'ai beau essayer de garder  mon calme, de garder ma contenance, je sens que je tremble de la tête au pied. Que je tremble de tout mon corps, d'un coup glacé, laissant aller toute l'angoisse qui avait été la mienne, que j'avais retenu pour Jude. Pour pas qu'il s’inquiète, le moins du monde. J'avais garder tout à l'intérieur, sous l'oeil attentif de Jude. Alors je m'effondre dans les chiotte de l'un des plus grands hôpitaux de New-york, fermant à clef la porte d'un geste incertain, je me laisse retomber au sol, dans la cabine, attrapant ma tête entre mes grosses main, je sens que je craque. Que c'en est trop pour moi. Alors je laisse aller. À l'abri des regards, je laisse tout aller. J'me laisse exprimer tout mon malêtre. Tout ce qui avait été contenu, pour chaque minutes passées à garder mon calme, à garder la face. Le minimum que je pouvais afin de conserver l'illusion que, je vais bien. Que je ne vais pas m’effondrer.

Et l'air me manque, j'ai l'impression que je vais étouffe, que je vais mourir. Je suis en pleine crise d'angoisse, assis là, sur les chiotte, l'odeur de mon vomis me rappelant à chaque inspiration combien je tombe en miette. Je pense à Jude qu'est tout seul, là-bas avec sa copine qui  a décider de se suicider à petit feu, sous ses yeux, de le torturer. Je pense au fait que je suis incapable de changer ça. Je peux pas défendre mon frère, je ne peux pas le protéger. Et je peux pas protéger Cara et je ne peux même pas me protéger moi-même. J'me sens inutile. J'me sens obsolète. Jude ferait mieux de trouver quelqu'un d'autre pour être son ami. Quelqu'un qui serait à la hauteur. Et quand je sens enfin que l'air arrive de nouveau à peu prêt correctement dans mes poumons, je me décide à sortir, essoufflé pourtant ,le goût âcre et acide de la bile qui vient de se déverser à l'extérieur de moi. J'essaie de me laver la bouche comme je peux, j'essaie de me laver le visage, des larmes qui se sont déversé alors que je déversais le contenu de mon estomac , y'a des traces du sang d'Adam sur le coin de l'évier, que j'avais pas encore nettoyer et je m'empresse de le faire, effaçant toute mes traces.

C'est bon. Je suis calme maintenant. Je suis calme. Je peux prendre l’ascenseur, je peux prendre l’ascenseur et aller chercher des cafés, accomplir la mission que je me suis moi-même octroyer pour essayer, de me calmer un minimum. Je me glisse dans la cafétéria, essaie de calmer les tremblements sans doute symptômes de manque de nicotines qui apparaissent seulement lorsque je suis beaucoup trop stressé.  J'avale mon premiers café, espérant que la caféine me donnerais un peu plus d'énergie pour aller mieux. Pour garder un tout petit peu plus longtemps la face. Et alors que je devrais gentiment me calmer, que je devrais remonter sagement et essayer d'oublier mes problèmes, je profites de l'absence de surveillance pour téléphoner à Maxine.  
« -Charlie ? T'es où putain... Tu rentres quand ?
-Je te jures que je rentres vite, mon cœur. S'il te plait. Je suis à New-York. On est à...
-T'es à New-York ? Tu m'abandonne Cha ? Tu t'en vas toi aussi ? » Au téléphone , j'entends Maxine se mettre à pleurer à chaude larmes et je me laisse retomber sur une chaise de l’accueil de l’hôpital soudainement de nouveau épuisé, vidé, même. « -Non, Max. Promis je t'abandonne pas. Pleure pas s'il te plait... Tu sais que je supportes pas quand tu pleures. » Mais, elle ne m'écoutes pas ma petite amie, elle ne m'entends même plus et ses sanglots me fendent le cœur. « -Pourquoi tu t'en vas si loin ? Pourquoi tu veux pas revenir à la maison ? » et ça me tends de l'entendre pleurer. « -Arrêtes, Max. J'te jures. Je suis à l'hôpital avec mon frère. Tu sais que je te laisserais jamais tomber. Arrêtes... » Mais c'est trop tard. Comme d'habitude, dés qu'elle entends le nom de Jude, dés que je parle de mon frère, de prêt ou de loin, Max se mets à hurler. Elle ne m'entends pas, la trentenaire. Elle est plus capable de m'entendre. Et j'ai beau essayer de parler c'est fini.  Elle est plus capable de m'entendre. « -J'espère que tu seras bien content, quand tu nous retrouvera toutes les deux morte à la maison. J'espère qu'il sera bien content , lui aussi. T'as intérêt à rentrer, Charlie. » Et je serre les dent, j'essaie de faire en sorte d'endiguer les larmes qui menacent. « -Pourquoi tu dis une chose pareil, Max ? Comment tu peux dire ça ? Je m'en remettrais jamais si il t'arrivais un truc. Je t'aime, moi... » Je souffle alors qu'elle me raccroche au nez, que je reste là, les deux cafés posés à mes côté, sans savoir quoi faire.

J'ai envie de m'enfuir. J'ai envie de m'enfuir loin , de partir et de plus jamais revenir. J'ai envie de plus jamais revenir ni ici, ni à fairwalk. J'voudrais prendre toute ma thune et me tiré à l'autre bout du monde. Rester tout seul, et puis plus jamais penser aux gens que j'aime trop, qui sont trop enclin à me faire du mal. J'voudrais tout lâcher, tout abandonné. Parce que ça devient trop dur de tenir sur mes deux jambes. Parce que ça devient trop compliqué d'accepter la réalité qu'est devenue la mienne. J'ai besoin d'un verre, ou dix. J'ai envie de boire jusqu'à perdre connaissance. Je sens un besoin d'auto destruction qui ne m'a jamais habité avant. J'ai plus la force. Plus la force putain de supporter toutes ces merdes. J'suis plus capable. Pourtant je me lève. Je me dirige d'un pas lent, mollasson, donnant pourtant toute l'énergie que j'ai à garder mon calme. À me vidé complètement de toutes mes émotions. Les enfermées bien profondément, qu'elles ressortent plus avant que je rentre chez moi. J'voudrais juste, juste un peu garder la face. Alors je la retrouve. Je décrispe mon visage, je m'enferme à l'intérieur.  Je m'éteint, un tout petit peu plus. Et alors que je m'en vais pour prendre l’ascenseur, Jude arrive, le visage tout aussi blanc et décomposer que lorsque je l'ai quitter, quelques minutes plus tôt. Il n'a pas besoin de parler. Je sais. Je sais très bien, alors je l'attrape et puis je le serre dans mes bras. « -Ça va aller frérot. J'suis là. » Je dis, ma voix brisée, douloureuse d'avoir vomit, de la fatigue qui me prends dans tout le corps. « -On va aller à l'hôtel. T'as besoin de repos. Et de nourriture. » Je dis, glissant entre ses doigts le café que je lui ai amener. Et puis, je l'attrape par le bras, retrouvant un peu de ma force, face à la faiblesse de mon frère, face à son désarroi.

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Sam 20 Oct - 13:22
Hospital terror


Elle s’endort, Sol.
Elle s’endort rapidement après que l’infirmière lui ai injecter le produit.
Ses paupières deviennent lourdes. Si lourdes qu’elle ne parvient plus à les garder ouvertes que quelques secondes avant de sombrer dans un sommeil sans rêve.
Sans doute qu’elle était déjà bien trop fatigué pour résister plus longtemps, même si elle le voulait.
Alors Jude porte une fois de plus sa main à ses lèvres et l’embrasse. Il y dépose moult baisers papillons sous le regard curieux du personnel soignant. Se moquant pas mal de leurs jugements.
Il embrasse sa main, sa joue, son front. Son propre regard cernés observant celui de sa belle endormi qui, il le savait, ne se réveillerait d’aucun de ses baisers.
Il valait mieux qu’elle dorme. Qu’elle se repose.
Lui aussi avait besoin de repos.
Charlie aussi, d’ailleurs.
Charlie qui n’était toujours pas remonter malgré le temps passé.
Alors, offrant un sourire timide à l’infirmière, il quitta la chambre.
Il aurait bien pleurer, mais il n’en avait même plus la force. Il n’avait plus la force de rien, exténué par deux nuits d’insomnie et trop de chose à gérer pour un autre aussi immature qu’il ne l’était.
La maladie de Sol, le retour de Charlie. Cette… Détresse qu’il voyait au fond des prunelles de son frère, mais qu’il tentait de cacher.
Trop d’évènements négatifs pour une si courte période.

Alors, se traînant jusqu’à l’ascenseur, Jude se laissa retomber mollement contre le mur opposé aux étages et prit son visage entre ses mains. Inspirant un grand coup, il tenta de regagner contenance. Au moins un peu.
Il ne voulait pas inquiéter Charlie plus qu’il ne l’était déjà. Il l’avait déjà suffisamment déranger pour un problème qui n’était pas le sien. Qui n’était pas même celui de Jude, quand on prenait la peine d’y penser. Mais qui l’était devenu à l’instant où il avait décidé de rester.
Soupirant, il frappa ses joues blafardes de ses paumes dans l’espoir de leur redonner quelques couleurs. Il fallait qu’il se montre fort. Pour Soledad, mais aussi pour Charlie.
Et pour lui-même, un peu. L’auto persuasion était le meilleur des remèdes à la dépression. A ce qu’il paraissait.
C’est donc paré de son plus beau sourire qu’il sortie du géant de métal, n’ayant pas même le temps d’arriver jusqu’à la cafet que déjà son regard croisa celui de Charlie.
Il avait l’air fatigué, Charlie. Il avait l’air à bout. Peut-être encore plus qu’il ne l’était lui-même.
Et ce sourire nonchalant qu’il tentait d’afficher n’aidait en rien à cacher ni ses cernes, ni ses yeux rougit et ses lèvres asséchées.
 « -Ça va aller frérot. J'suis là. » Que lui dit son frère, franchissant les quelques mètres les séparant pour le prendre dans ses bras. Ils ne savaient pas mentir. Aussi bien lui que le tatoueur. Ils étaient juste… incapable de cacher leurs troubles à l’autre.
Ils étaient trop proches. Bien trop proche pour croire aux sourires factices qu’ils se servaient pour éviter les questions gênantes. Pour éviter d’inquiéter.
Alors Jude soupira. Encerclant le corps de son frère dans une étreinte timide. Un étreinte censée à la fois le remercier pour tout ce qu’il avait fait pour lui hier et aujourd'hui. Tout ce qu’il ferait sans doute encore pour lui demain et après demain. Mais aussi et surtout pour lui montrer que, aussi mutique que puisse être le châtain, Jude savait.
Il savait. Mais il ne lui demanderait rien.
Il voulait juste que Charlie sente qu’il était là et qu’il le resterait. Quoi qu’il arrive. Quoi que leur réserve le futur et même si son frère faisait la plus grosse erreur de sa vie. Même s’il ne voulait plus jamais le voir. Il serait là.
Toujours.
Alors il le serra fort, le temps de quelques secondes, pas plus, avant de se reculer et lui sourire avec toute la force de son amitié. « -On va aller à l'hôtel. T'as besoin de repos. Et de nourriture. »
Il hoche la tête, prenant le café que Charlie lui tendait avant de presser son bras avec douceur. Remerciement muet pour tout ce que son meilleur ami avait fait pour lui.
Et il observa ses yeux, encore, avant d’étirer son sourire. « Je vais bien Cha. Ca va mieux… Désolé de t’avoir inquiéter »
Il dit, avalant une première gorgée de café lui tirant une bouffée de bien être. Chaleur irradiant son corps si froid. Si fatigué. « On en a tous les deux besoin, je crois… De manger et de dormir un peu… T’as rien mangé de la journée Cha. Je vais nous chercher un petit pain histoire de tenir jusqu’à l’hôtel. Je reviens »

Et il s’éloigne, Jude. Il s’éloigne sans pour autant quitter son frère du regard. Observant son corps long et musclé debout au milieu du couloir. Aux portes de la cafétéria.
Ce corps qu’il connaissait par coeur, caché par une bonne couche de vêtements.
Et il se dirigea jusqu’au présentoir, commandant deux petits pain à la dame d’un âge certain les lui tendant dans un sourire compatissant, sans doute compréhensive à la vue de son visage fatigué qu’elle n’avait du que trop souvent voir au cours de ses années de carrière.
Il répondit à son sourire, Jude. Timide. Du bout des lèvres alors qu’il lui tendait son argent. Récupérait sa monnaie.
Et il retourna jusqu’à chez Charlie, lui indiquant une table libre sur laquelle ils pouvaient s’asseoir avant de s’y laisser retomber comme une masse.
« Tu sais... » Commence-t-il, déposant sa viennoiserie devant Charlie alors qu’il récupérait son café. Son regard ne souffrant d’aucun rejet.
Ils avaient besoin de manger. Tout les deux. Dusses être qu’un simple petit pain d’hôpital. « Je suis content que tu sois venu avec moi… J’sais pas ce que j’aurais fait sans toi Cha.. »
Il lâche d’un voix lasse, portant une nouvelle fois le café à ses lèvres. Force liquide se rependant dans son corps fatigué. « Tu m’as vraiment manqué Charlie. Genre… Vraiment »
Il soupire, Jude. Il croque un premier morceau de petit pain alors que, las, il se laisse retomber contre le dossier de sa chaise, comme désarticuler. Un demi sourire étirant son visage pâle. « Quand t’es pas là… Quand je sais que pourrais pas t’envoyer un message à n’importe quelle heure ou débarquer chez toi à l’improviste quitte à me faire fermer la porte au nez… j’me sens… seul ? C’est trop bizarre mec, vraiment. Encore quand Soledad était avec moi ça allait, j’me concentrait sur elle et ça allait. Mais sitôt qu’elle partait j’me sentais… Seul. Vraiment seul. J’m’étais encore jamais senti comme ça de toute ma vie. C’est pas comme quand tu rentres chez toi après une soirée de ouf et que tu te dis putain j’serais bien rester un peu plutôt qu’être seul chez moi. Non. C’est genre… plus profond »
Il rit, gêné, avant de finir d’une traite son café tiédissant.
Il était gêné, Jude, de se révéler de la sorte. Surtout à l’oral. Surtout là, au beau milieu des gens, dans cet hôpital.
Mais ici, ils n’étaient que deux anonymes parmi la foule. Ici, personnes ne pourraient jamais les juger. « Je suis désolé Cha. Pour ce que je t’ai dis. Je suis même pas désolé. Je suis… dégoûté de moi-même. T’es… mon meilleur ami. T’as mon frère et je t’aime. Je t’aime même lorsque je m’énerve contre toi et même lorsque j’me sens impuissant de pouvoir t’aider... »
Ce disant, il observa une fois de plus son frère. Ses yeux. Son corps tentant de se maintenir droit malgré une fatigue manifeste. Sûrement tant physique que morale. Et il sourit, Jude. Mal à l’aise. « J’ai tellement l’impression de te faire une déclaration d’amour chelou ptn… C’est ptêtre le cas d’ailleurs… mdr… Juste… merci d’être là. Vraiment. Merci de me soutenir depuis autant d’années »

Il hausse les épaules, Jude. Comme vaincu par sa propre fragilité.
Il n’était pas bien sûr de savoir lui-même pourquoi il avait dit tout ça. Il n’y avait pas réfléchi. C’était juste… Sortie. Comme un besoin vital de mettre les choses au clair. De rassurer un Charlie au regard absent. Semblant à peine saisir le sens des mots qu’il venait de prononcer.
Et il sourit, Jude. Vaincu.
Il termina son petit pain sans un mot de plus. Ayant déjà bien trop trop parlé.
Et lorsqu’il se leva jeter le reste de leur goûté, il fit signe à Charlie d’y aller. Attrapant ses clefs sans même lui laisser le temps de discuter « C’est moi qui conduit »
Il dit, catégorique, avant de s’installer devant le volant.
Il était crevé, Jude. Son corps lui pesait. Mais il voyait au regard de son frère qu’il n’en menait pas large lui non plus. Sans doute même moins que lui.
De toute façon, Charlie avait déjà conduit jusqu’ici. Jude avait bien le droit de prendre le relais pour vingt minutes.
Alors, sans un mot, il conduit jusqu’à l’hôtel. Se garant dans leur parking réservé avant de se diriger d’un pas lent jusqu’à leur chambre, se laissant retomber telle une masse informe sur l’un des lits. « Tu prends ta douche en premier ou j’y vais ? »
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Dim 21 Oct - 19:56

SOMBRE



La chambre d'hôtel est calme. Petit hôtel pourris dans le Queens à trente dollars la nuit, il fallait pas s'attendre à grand chose. Certainement pas à trop de confort. On avait surtout pris un endroit pour dormir. Un endroit avec deux lit, des couvertures chaudes et une douche qui fonctionne c'est déjà là un confort suffisant pour deux grands adolescent comme Jude et moi. Largement suffisant, même. Et alors que Jude avait prit de mes mains les clefs de ma voiture, qu'il avait décider de la conduire et que moi, trop vidé pour ne serait-ce que me battre, j'avais hausser les épaules, la fin de journée s'était déroulée dans le calme. On avait fait un détours au Burger King du coin, pour acheter à manger. Silencieux aussi bien l'un que l'autre. Aussi épuiser l'un que l'autre. Et j'avais réagis comme un robot, laissant les émotions qui me submergeait comme des vagues glaciales tout autours de moi, me paralysant complètement. Et j'pouvais bien essayer d'en parler, ça changeait rien. Et j'avais beau fumer et fumer cigarette sur cigarette pour essayer de détendre tout les muscles de mon corps, tout était inefficace. Rien que trop de réalité dans ma gueule.  Rien que toute ma vie qui brûle. Rien que tout mon univers qui s'écroule autours de moi. Tout est cassé . Plus rien de bien ,ici. Et l'idée de tout quitter. De partir d'une façon ou d'une autre, abandonné tout et tout le monde , ne me paraît plus si folle, quand je sens mon cœur fissuré dans ma poitrine, exploser en de tout petits morceaux, fondre tout le reste de ma poitrine, incapable de respirer correctement, tant les choc des jours passés , des semaines même, avaient été rude. Et y'a plus rien de beau ,  j'ai l'impression. Plus rien qui me donne envie de rester. Plus la force de partir non plus. J'voudrais juste que la peine s'arrête. Être apte à claquer des doigts et que tout nos problèmes disparaissent. J'voudrais ne pas me sentir aussi brisé. Aussi abîmé par la vie. J'voudrais arrêter d'avoir le cœur brisé par des gens qui ne m'aiment pas assez. J'voudrais arrêter de ressentir ce sentiment horrible que j'ai lorsqu'elle s'amuse à me briser, un peu, juste un petit peu plus chaque jour. J'voudrais juste qu'elle soit heureuse avec moi , Maxine. J'voudrais qu'elle m'aime, un tout petit peu. Ou que mon amour suffise pour nous deux. Qu'elle soit satisfaite au moins. J'voudrais l'aimer assez pour combler son manque d'amour. Son manque de bonheur aussi. J'voudrais être capable de l'aimer assez pour qu'elle soit satisfaite. J'voudrais être le bon pour elle. Celui qui la soigne juste par sa présence. Comme Jude arrive à le faire, juste un peu avec sa copine. J'voudrais qu'elle me regarde comme la copine de Jude le regarde. J'voudrais qu'elle arrête de pleurer, qu'elle arrête d'être en colère. J'voudrais que Maxine m'aime. J'voudrais qu'elle m'aime ou en tout cas , qu'elle soit heureuse. Assez heureuse pour pas avoir à tout détruire autours d'elle.

Mais, j'ai beau essayer, je suis pas assez fort. J'suis pas encore assez adulte. Pas encore assez mature pour rendre heureuse une femme qui a besoin d'un soutient inconditionnel. Peut-être que c'est ma faute , tout ça. Peut-être que j'ai que ce que je mérite parce que je sais pas faire de sacrifices. Parce que les sacrifices qu'elle m'impose sont trop important pour moi. Peut-être qu'elle a raison. Peut-être que c'est moi qui l'abandonne en choisissant mes amis. En choisissant de faire passer ma famille avant tout. Peut-être que c'est parfaitement normal sa réaction. Parce qu'après tout, mise à part avec elle, je n'ai jamais été avec personne d'autre. Mise à part avec Maxine, je n'ai jamais eut d'autres expériences relationnelles amoureuse. Peut-être qu'on doit, que c'est une obligation, de faire passer la personne qu'on aime avant toutes les autres. Peut-être que je me trompe. Que c'est moi qui fait mal les choses. Peut-être que je ne sais pas lui parler. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je ne sais plus quoi faire, et j'ai beau essayer et essayer encore de trouver un peu de bonheur dans cette situation, j'ai beau essayer de rendre le tableau moins gris, je n'y arrive pas. J'ai l'impression que tout s'écroule. J'ai l'impression d'être entré en enfer. Peut-être même que c'est le cas. Peut-être que je suis mort, comme je l'ai plusieurs fois espéré, depuis la dispute avec mes parents. Peut-être que je suis mort à ce moment-là, peut-être que je suis en enfer. Que j'expie tout les péchés qui ont été les miens. L'âme pourtant bien jeune , pour un châtiment si lourd. Condamné à regarder tout se détruire autours de moi, sans jamais avoir le courage de m'enfuir. Condamné à regarder la vie de mon frère se transformer en un enfer, regarder ma vie pourrir dans une relation qui ne me rendra jamais heureux, que je suis incapable pourtant d'arrêter. Que je suis incapable même si je le voulais, de quitter. Condamné à voir les yeux de ma mère rougit , l'expression d'inquiétude qui la bouffe, qui lui retire toutes les jolies couleurs qu'elle porte habituellement. Condamné à vieillir malheureux. A voir tout ceux que j'aime aussi malheureux que moi . Condamné à ce qu'on arrête de m'aimer, peut-être. Sans jamais avoir le courage de me trancher les veine, d'en finir. Pour de bon. Je pourrais tout réglé avec un simple geste. Une simple coupure. Ça fait pas plus mal que se prendre un gros coup dans la gueule. Ça fait pas plus mal que de se faire tabasser à la Boxe. C'est qu'un geste. C'est qu'un geste qui réglerait tout. J'y ai penser. J'y ai penser, longuement. J'ai étudier les possibilités. J'me suis demander, j'ai fais des recherches sur internet, savoir combien de temps ça prenait avant de mourir. Combien de temps on prenait à disparaître. J'me suis demander qui trouverais mon corps inanimé. Couvert de sang. J'me suis demander ce que ça ferait à ma mère. À Fred. Combien de temps ils mettraient à venir me chercher. La réaction de Jude, s'il me trouvait. Combien il aurait mal. J'ai imaginer Jude me trouver nu, les poignets ensanglantés, le sang partout dans la salle de bain , l'eau glacée qui coule depuis des jours, mon immense corps bleu, appuyer contre les vitre de la cabine de douche. La panique de Jude. La marque que ça laisserait en lui , s'il me trouvait comme ça. Parce que je le sais. C'est Jude qui me trouverais. C'est forcément lui. C'est forcément lui. Et puis quoi après ? Il me trouverais et il faudrait qu'il appelle ma mère ? Qu'il lui explique. Qu'il mette des mots sur les horreurs qu'il viendrait de voir ? Il faudrait qu'on vienne chercher mon corps. Sous les yeux de ma famille. Mon corps nu, gonflé par l'eau, ensanglanté. Il faudrait attendre les secours. La morgue ? Je sais même pas. Comment je pourrais faire une chose pareille à Jude ? Comment est-ce que je pourrais détruire les gens que j'aime à ce point-là.

Parce que c'est pas une question d'avoir envie de vivre. Si on me demande, j'ai vraiment aucun goût en la vie en ce moment. Et j'pense souvent que ce serait bien plus simple. Mais j'ai pas le droit de faire ça. Alors je tiens debout. Sans sommeil, sans faim, comme un putain de robot cassé. Je regarde Jude dormir. Il s'est endormis déjà depuis plus d'une heure et la soirée pourtant, n'a même pas commencer. Je l'observe, alors que j'ai envie, sur un coup de tête, d'aller dans la salle de bain, de mettre fin à mes jours. Plus jamais me réveiller. Mais j'vois son visage endormis, épuisé, et j'ai plus le courage. Parce qu'au fond j'suis sans doute une fiotte. J'suis sans doute un putain de lâche qui s'accroche aux gens pour l'aider mais qui, n'a pas le courage de demander. Alors j'traine derrière Jude comme un boulet. J'l'empêche d'avancer dans sa vie parce que je suis incapable d'avancer dans la mienne. Et il est obliger de m'attendre, il est obliger d'être patient. De faire avec mes problèmes, de faire avec mon malêtre, parce que quoi ? Parce que je l'ai aider quand il était adolescent ? Parce que je l'ai attiré dans ma vie, une vie plus libre ? Mais, bordel de merde , regarde le résultat ? Regarde où on en est aujourd'hui ? Est-ce que j'aurais pas du , plutôt le laisser dans son coin , faire avec ses parents de merde et sa coupe du dimanche ? Est-ce qu'il aurait pas été mieux dans une vie plus calme ? Plus rangée ? Evidemment que si.

Et puis j'ai besoin d'un verre. Tant pis si Jude se réveille dans la nuit et que je suis pas là.Tant pis si il s’inquiète j'ai besoin de boire. Des litres d'alcool jusqu'à tomber dans le coma, parce qu'après tout, quitte à vivre une vie de damner , autant la vivre pleinement. Autant m'installer confortablement en enfer, je suis pas prêt d'en sortir de toute façon. Alors je laisse mon téléphone portable sur la table de nuit, glisse une main dans les cheveux de Jude, des geste tendre que j'ai seulement quand il dort. Parce que j'ai peur qu'il voit comme je suis faible. Plus faible encore que ce qu'il pense. J'laisse mon téléphone portable et mes clefs de voiture. Je laisse mon porte feuille et puis j'prends seulement mon fric. Comme ça, si j'me fais tuer dans la rue, on m'retrouvera pas avant un moment. J'm'en vais dans les rues de New-York. J'me demande si je devrais pas m'installer ici. Quelque part ici. Dans une chambre minable du Bronx, plus jamais revenir. Et puis me planquer. Me planquer au fond des états-unis , dans une ville trop peuplé pour qu'on m'y retrouve. J'en sais rien. Je veux juste m'anesthésier avec de l'alcool. Je veux juste boire jusqu'à m'étouffer.

***

Je suis propulser à l'extérieur du bar, tenant à peine debout, je m'écrase contre le bitume, me cognant la tête contre une voiture garé là. J'ai même pas la force de faire des histoire. J'ai simplement trop bu, je tiens plus sur mes jambes alors le videur me dit de partir avant qu'il appelle les flics et moi je lève une main nonchalante vers lui, essayant de reprendre mon équilibre doucement pour me relevé « -c'bon c'bon j'y vais. » Je crache, en m'appuyant sur la voiture pour me relevé. Et j'ai aucune idée d'où je suis. Aucune idée d'où se trouve mon hôtel. Comme je n'ai pas pris mon téléphone, je sais pas où je suis censé aller. New-york c'est grand et je connais rien, ici. Alors d'un geste je traverse la rue pour arrêter un taxi, manquant par la même occasion d'me faire écraser comme une merde. Ce serait une bonne fin pour ma vie, ça. Mort écrasé par un taxi, trop ivre pour faire gaffe. Ça vaudrait même pas le coup qu'on en parle. Comme moi. J'vaut vraiment pas le coup qu'on en parle. Alors je me laisse retomber de toute ma hauteur dans le taxi, lui souffle l’adresse mon haleine alcoolisée, qu'il me demande si j'pense vomir, son air hautain à la gueule. « -j'vais pas vomir. » Je dis, tapant dans le siège passager vide, comme pour assurer que je vais bien et il roule jusqu'à l'hôtel. Il doit faire le tour de New-York pour me raccompagner parce que le temps semble défilé lentement. Trop lentement. Et les quarante dollars que je dépense pour y arriver confirment que j'étais bien loin de l'hôtel ou que j'ai fais un sacré détours. Peu importe. Ce soir je suis pas apte à me prendre la tête sur de l'argent. Qu'est-ce que je m'en fous , de l'argent. C'est certainement pas ça qui m'rendra plus heureux. Certainement pas ça qui m’enlèvera les idées sombres , qui m'enlèvera cette envie de crevé que j'ai tout au fond. Même ivre mort.

Les escaliers sont un calvaire, trois étages pourtant mais j'dois faire au moins trois pause pour arriver jusqu'à la bonne chambre. Et j'ouvre difficilement la porte, dans un claquement si bruyant que j'entends à l'autre bout de la pièce un grognement significatif d'un Jude qui se réveille à demi. C'est le pas lourd que je  le rejoins, c'est le pas très lourd que je rejoins Jude, que je me laisse retomber , tout aussi lourdement à ses côté. « -Juju tu dors ? » Je dis la voix chargée d'alcool, transpirant du Gin de tout mes pores, je laisse tomber ma grosse paluche sur son épaule. « -Ça va aller tu sais Juju. Ça va aller pour toi. Soledad elle t'aime, toi. Moi personne ne m'aime. Toi t'as Soledad, hein ? » Je dis, un sourire aux lèvres. Bah oui. Ça va aller pour Jude. Ça va aller. « -Un jours, Cara va m'aimer. » Je souffle, alors que la chambre semble tourner à toute vitesse autours de moi. « -J'pourrais bien être papa. C'est pas génial ça ? » Je rigole, mais c'est pas un rire joyeux. Je rigole mais tout ce que mon rire transmet, c'est un sentiment acre d'un malêtre trop profond pour que je le cache. « -C'est pas grave si personne ne m'aime, tu sais ? » Je continue, essayant lourdement de me relevé du lit, me laissant retomber assis au sol, prêt de la grande fenêtre pour l'ouvrir d'un geste en grand et m'allumer une clope. « -Tout va bien. » Comme un derniers mensonge que j'me répète à moi-même. Putain de mantra de merde.

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Live , Hate , Die


Love, Sex , Dreams

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Dim 21 Oct - 22:44
Hospital terror


Il ne va pas bien, Charlie.
Non. Clairement. Il ne va pas bien du tout même.
En douze putain d’années d’amitié, jamais encore Jude ne l’avait vu dans pareil état.
Il l’avait vu en colère, étouffé par la haine. Violent plus que de raison, lorsqu’il avait trop bu et qu’un abruti en manque d’adrénaline venait lui chercher des noises, inconscient de ce à quoi il était en train de se frotter. Il l’avait vu ivre mort, gerbant et frisant le coma plus souvent qu’il n’était capable de se le remémorer. Sûrement bien trop foncedé lui-même pour s’en rappeler.
Il l’avait vu ignorer. Se foutre éperdument de personnes qui, parfois, portaient pour lui un intérêt certain.
Il l’avait même vu pleurer. Chose que Jude n’aurait jamais pensé voir ne serait-ce qu’une seule fois dans toute sa vie.
Pas que Charlie ne pleurait pas, non. Il était humain. Quoi que puisse en dire ou penser certains. Il n’était pas un robot et n’était pas non plus insensible. Au contraire même. Il était juste… Fier. Plus fier encore que beaucoup d’hommes.
Alors de l’avoir vu ainsi, révéler une faiblesse qu’il prenait tant de peine à cacher même face à lui qui était son frère depuis plus d’une décennie, ça l’avait retourner.
Ca l’avait retourné, mais il avait temporisé. Il savait que ce n’était là qu’un coup de mou. Un coup de poignard dans un coeur bien trop pur. Bien trop innocent lorsque cela touchait les sentiments.
Car Soledad avait sans doute raison lorsqu’elle lui avait dit qu’il était plus mature qu’elle lorsqu’il s’agissait des relations. Plus mature que Charlie, surtout.
S’il était bien une chose pour laquelle Jude pouvait se targuer de ne pas être complètement largué, c’était bien ça.
Non pas qu’il était un expert en relation. Loin de là même. En témoigne sa relation de deux ans avec une ex homosexuelle lui ayant forcé à faire ceinture plusieurs mois durant et celle actuelle à veiller sa petite amie malade.
Non. Simplement qu’il possédait une maturité affective qu’il remarquait alors seulement être plus développé que la moyenne des garçons de son âge. Une chose dont-il n’aurait sans doute jamais pris conscience sans Soledad, persuadé qu’il était d’être comme tout un chacun.
Il n’avait jamais pris la peine d’y réfléchir. Juste… Il vivait sa vie et ses amours aux gréés de ses envies et de ses sentiments.
Il se savait être bien plus fleur bleue que Charlie. Le genre de garçon qui croyait au coup de foutre et en l’amour d’une seule femme pour la vie. Oui. Il savait qu’il était le digne héritier d’un putain de prince Disney à lui en coller la nausée. Il en avait souffert toute son adolescence, d’être ce garçon trop sensible qui se fondait en conneries pour récupérer ne serait-ce qu’une bride de street crédibilité. Mais il n’avait jamais pris la peine de chercher plus loin que cette simple et pourtant si honteuse certitude : Il était romantique.
Plus que Charlie, tout du moins
La seule pensée taraudant son esprit lorsqu’il se sentait sombrer dans les affres de l’amour était et avait toujours été qu’il ne voulait pas finir comme ses parents. Victimes d’un amour forcé et fané depuis de nombreuses années déjà.
Il voulait aimer de tout son coeur, Jude. De toute son âme.
Et il aimait.
Il aimait Miranda, Charlie, Fred et Soledad.
Pas du même amour, certes. Mais d’un amour tout aussi sincère pour chacun d’entre eux. Aussi profond et aussi indéfectible. En particulier celui qu’il portait à Charlie.
C’est pour cette raison que de voir le regard rougit d’avoir pleuré de son frère lui fendit le coeur. Qu’il noua sa gorge se déliant en un flot de paroles incessantes. Se voulant rassurante, mais ne faisait qu’augmenter encore un peu plus son angoisse au vu du regard morne que lui offrit le tatoueur pour toute réponse.
Charlie n’allait pas bien, non.
Il semblait comme… ne plus rien ressentir du tout.
Un feu ardant qu'on aurait étouffé. Eteint.
Et Jude aurait pu mourir de se sentir aussi impuissant.

C’est le ventre rempli et le coeur lourd que Jude se laissa retomber sur son lit aux premières lueurs de la nuit.
Ses cheveux trempés inondant l’oreiller jauni de leur chambre d’hôtel bon marché, il remonta la couverture sur son corps à demi nu avant de jeter un regard circulaire à la pièce. Sans doute ne valait-il mieux pas passer les draps à la lumière bleue sous peine de découvrir quelques surprises déconcertante. Surprises offertes par certains clients. Peut-être même par Jude, s’il n’était aussi fatigué.
Petite chambre mal insonorisée, mais contenant le nécessaire de toilette et de couchage.
Une chambre qui, pour être tout à fait sincère, était sans doute en meilleur état que ne l’était son appartement.
Et s’il entendait les voitures fendant la rue aux travers des fenêtres à simple vitrage, ça avait au moins le mérite de lui rappeler les cris incessants de ses voisins délirants devenu au fil des années ses berceuses personnelles.
Le silence l’angoissait, Jude. Il préférait de loin l’agitation nocturne et le bruit des klaxons à un silence pesant. Il aimait sentir la vie grouiller autour de lui, le rappelant à elle.
Aussi, ce fut le regard fixé sur son frère et les cris des New Yorkais dévalant les rues encore bondées en cette fin de soirée pour toute musique que Jude se sentit s’abandonner dans les bras de Morphée.

Un bruit sourd.
Une porte qui claque contre le mur, manquant de peur de sortir de ses gongs.
Jude bondit dans son lit. Réveil brutal d’un sommeil sans rêve. Quelle heure était-il ? Qu’est ce que c’était que ce bruit ?
Il grogne, Jude. Agar, il relâche l’étreinte de son coussin avant de jeter un regard alentour. Remarquant alors seulement l’immense silhouette de Charlie se découper dans l’obscurité. Éclairer par les réverbères nappant leur chambre d’une douce lumière. Et il l’observe se rapprocher de lui sans un mot, démarche maladroite alors qu'il se laissait retomber à ses côtés sur le lit trop petit.
Il pu, Cha.
Il sent l’alcool à plein nez.
« -Juju tu dors ? » Qu’il demande, l’haleine pestilentielle alors qu’il posa sa main sur l’épaule du brun, lui tirant un grognement pour toute réponse.
Non, il ne dormait pas.
Il ne dormait plus.
« -Ça va aller tu sais Juju. Ça va aller pour toi. Soledad elle t'aime, toi. Moi personne ne m'aime. Toi t'as Soledad, hein ? »
Il ne répond rien, Jude. Encore à moitié endormi. Les mots prenant plusieurs longues secondes à faire le chemin de ses oreilles jusqu’à son cerveau.
Et lorsqu’enfin ce dernier eu analyser les paroles de son frère, il se redressa d’un bon sur son lit.
Les yeux comme des soucoupes et le coeur battant à tout rompre sous le coup de l’adrénaline, il manqua de peu d’en avoir la nausée tant il était sorti précipitamment de son sommeil.
Réveil bien trop brutal pour lui.
Et son mal être ne fait que accroître lorsque Charlie lui parle de C ara, son haleine alcoolisée embaumant la pièce. Lui tirant un long frisson de dégoût.
Il n’aurait pas du s’endormir.
Putain.
Il n’aurait pas du s’endormir !
Il avait fallu qu’il cligne des yeux pour que son frère déjà exténué par des épreuves qu’il ne pouvait qu’imaginer au travers de ses silences, de ses yeux et de son corps caché par une trop grande quantité de tissu ne sorte se mettre misère.
Putain.
Putain de merde.
Ce n’était pas tant l’état d’ébriété de Charlie le problème. Non. Il s’était déjà mis minable un nombre incalculable de fois sans forcément de raison.
Non. Ce qui inquiétait vraiment Jude, c’étaient les paroles qui avaient suivit son entrée dans la chambre.
Paroles bien trop sincère pour un homme aussi réservé que l’était son frère.
Putain de bordel de merde.
Ce n’était pas normal, non.
Rien de tout ça n’était normal.
Ni ces mots, ni même l’état de Charlie qui, aussi immature qu’il puisse être, ne serait jamais sortie au beau milieu de la nuit sans rien dire pour se mettre une race tout en sachant la journée qui les attendait le lendemain. Sans compte celles passées sans dormir. A peine nourrit.
« -C'est pas grave si personne ne m'aime, tu sais ? » Des mots sincères. Dur. Brisant d’un coup sec le coeur de Jude qui, impuissant, regardait son meilleur ami se lever et s’approcher de la fenêtre de son pas lourd, tordu.
Il avait mal, Jude. Mal de le voir dans un tel état de détresse. Mal de le voir si prompte à l’aider alors que, de toute évidence, c’était lui qui avait le plus besoin qu’on l’aide.
Charlie avait toujours été un ami en or. Le meilleur ami dont Jude n’aurait jamais même pu rêver.
Il avait toujours fait passer les besoins de ses proches avant les siens. Généreux jusqu’aux portes de l’enfer.
Charlie était un homme en or. Un putain d’ami comme personne ne mériterait sans doute jamais d’en avoir un.
Il était le meilleur ami et le meilleur frère qu’on puisse espérer avoir et, pourtant, Jude se sentait bien impuissant face à de tels propos.
Il ne savait pas quoi dire, tout simplement car il ne comprenait pas l’étendue du mal être qui rongeait son frère.
Il le voyait, que Charlie n’allait pas bien. Il n’était pas aveugle.
Mais il ne savait ni pourquoi, ni comment faire pour le soulager ne serait-ce qu’un tout petit peu. Un tout petit petit peu son âme bien trop lourde à porter.
« -Tout va bien. » Il répète. Et Jude se lève. Enfile un T-shirt avant de se rapprocher de lui, frissonnant en réponse à l’air frais de cette fin de nuit mordant sa peau nue.
Sans un mot, il posa sa tête contre le dos de son frère. Contact fugace alors que l’odeur âcre de l’homme lui agressait les narines.
Mais il s’en foutait, Jude. Charlie pouvait bien sentir le vomit et le cadavre à plein nez qu’il ne se serait éloigné de lui pour rien au monde.
« Non, ça va pas Cha. Ca va clairement pas… Mais ça ira. Je te promets que ça ira… »
Qu’il susurre, son front contre le dos du garçon. Et il inspire, Jude. Il inspire fort comme pour retrouver le courage de prononcer ces simples mots.
Mots dérisoires mais pourtant si sincères.
Et il le contourne. Mettant fin au contact pour lui faire face et, le regard sûr, le prendre à son tour dans ses bras. « Je sais pas ce qu’il se passe dans ta vie, Cha. Mais ça ira. Hein ? Ca ira »
Il dit, se mordant la lèvre alors qu’il hésitait quant aux paroles à suivre.
Il ne pouvait décemment pas lui dire des mots qu’il ne pensait pas. Lui promettre que Maxine l’aimerait alors qu’il savait depuis toujours que ce n’était pas le cas. Que Charlie était embourbé jusqu’au cou dans un amour à sens unique avec une femme qui ne pouvait que le pourrir. Qui était en train de le faire au-delà de toutes les espérance du brun.
Mais il ne pouvait pas non plus lui dire ça. Il ne pouvait pas briser son frère avec une vérité aussi crue. Une vérité que pourtant ce dernier touchait déjà du bout des doigts.
Quant à Cara… Là aussi, Jude ne pouvait répondre à ses attentes.

S’il nourrissait l'espoir que son frère puisse un jour trouver l’amour. Fonder une famille et avoir des enfants, ce n’était certainement pas avec cette femme qu’il le ferait.
Mais il ne pouvait pas lui dire ça. Pas ce soir. Pas maintenant.
« Je sais pas ce que réserve le futur, Cha. Mais je sais que tu finiras par trouver une femme capable de t’apprécier à ta juste valeur… De… passer outre la première impression que tu laisses pour apprendre à te connaître et à t’aimer pour ce que tu es au fond… Et tu seras papa un jour. De cette enfant ou d’une autre »
Il sourit. Sourire compatissant de bon chrétien. Sourire fatigué. Perdu.
Un sourire laissant transparaître et son amour et son inquiétude alors que, relâchant son étreinte, il attrapait lui aussi une cigarette qu’il porta à ses lèvres et alluma d’un geste machinal.
« J’suis pas sûr de grand-chose dans ma vie Cha, mais j’reste persuadé que tu es tout aussi digne d’être aimé que n’importe qui d’autre. Que moi. Et que tu le seras. Que tu l’es peut-être même déjà »
Conclut-il, tirant son sa clope alors que, sans qu’il ne puisse la réfréner, l’image de sa propre sœur s’imposa à son esprit.
Mary l’aimait. Il le savait.
Ou tout du moins, elle l’avait aimé.
Ça se voyait comme le nez au milieu du visage. Les sentiments qu’elle avait pour lui. Ces regards et ces sourires qu’il était le seul à recevoir.
Ces coups d’oeil discrets. Cette insistance qu’avait l’enfant à vouloir rentrer dans sa chambre lorsque Charlie était là.
Elle était jeune, certes. Et cet amour pouvait ne pas être considéré comme tel. Mais il n’en restait pas moins sincère.
Mary enfant avait vu le Charlie que peu de femme avaient vu.
Au delà de ce qu’il montrait.
Et Charlie était bien le seul à ne pas l’avoir remarqué.
Ces regards. Ces sourires. Cette recherche constante d’attention de sa part.
Et si sa sœur aujourd'hui adulte semblait avoir tourné la page, rien n’était moins sûr.
Il avait peur, Jude. Peur à chaque fois qu’il les savait se voir tout les deux en tête à tête. En amis. Amitié malsaine que le garçon avait toujours craint de voir dépasser ce simple stade.
Charlie n’avait que peu d’amies qu’il ne baisait pas. Pour ne pas dire aucune et Mary, aussi sage qu’elle puisse être, ne semblait pas s’être laissé du corps de Charlie.
Des regards ayant continués même encore aujourd'hui. Plus discret, mais pourtant bel et bien présent.
Et peut-être pour la première fois de sa vie, Jude remerciait le ciel d’avoir rendu Charlie aussi aveugle aux autres. A leurs intérêts pour sa personne.
Aussi certainement que Charlie était un bon ami et une bonne personne, il n’était certainement pas un bon partie pour sa sœur. Si pure. Si innocente à côté de cet être de péché. Aussi digne d'être aimé soit-il.
Elle n’était pas femme pour lui. Mais elle était femme. Et elle l’avait aimé.
Quand bien même l’ouvreur se garderait-il bien de faire part de cette évidente vérité à Charlie.
Terminant sa cigarette dans un mot, il déposa sa main sur l’épaule de Charlie et, d’une voix douce, tenta de le conduire jusqu’à son lit. « Retire tes chaussures et allonge toi… Demain est un autre jour, à ce qu’il parait »
Sourit-il, vérifiant que son frère s’allongeait correctement avant de retourner lui-même à sa place dans son lit. Ne le quittant pas des yeux jusqu’à tant de le voir s’endormir.
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froid et détaché

Lun 22 Oct - 19:54

TOUT VA BIEN.



J'essaie de fumer et de pas pleurer. C'est les seules vraies pensées logiques qui se bousculent au milieu de toute la cohue incohérente dans mon cerveau. Confusion alcoolique, confusion totale à l'intérieur de moi. Comme un orage tambourinant dans ma tête. Juste des pensées qui se mélangent , en une grosse bouillie incompréhensible. Pour moi, pour les autres. Je parle mais, je sais pas trop ce que je dis. J'vois les yeux de Jude , effarés, confus, inquiets et je me rappelle pourquoi j'avais choisi de fermer ma gueule à tout jamais. J'voulais pas voir les yeux de Jude. Nan j'voulais pas voir cette terreur. Ce désarrois, parce que y'a des moments où j'ai du mal à faire semblant. Y'a des moments où les sentiments me prennent si intensément que je sais plus quoi faire pour les arrêter. Je sais plus quoi faire pour que le bruit sourd dans ma tête s'arrête. Pour que toutes mes émotions se taisent. J'voudrais tout faire taire. Arrêter de ressentir. J'voudrais que tout s'arrête. L'angoisse, la peur, la peine, l'inquiétude, l'amour aussi, parfois. J'voudrais être capable de ne plus aimer. Ni Jude, ni mes parents, ni même personne d'autre. J'voudrais pas entendre des hurlements dans ma tête. J'voudrais pas entendre les reproches. J'voudrais pas être moi. J'suis fatigué d'être ce putain de Charlie White. Incapable de se faire aimer. Imparfait. Trop imparfait. Même quand j'essaie , tout s'écroule tout de même. Même quand je donne tout ce que j'ai pour faire fonctionner ma vie, je dysfonctionne. Et j'essaie. J'essaie, vraiment.
Parce que j'suis heureux seulement quand ceux que j'aime le sont. Et la seule façon que j'ai trouver d'être heureux sans Maxine, pendant toutes ses années, sans elle, c'était de penser qu'elle avait une fille, qu'elle était mariée, qu'elle avait tout ce qu'une femme pouvait vouloir. Un enfant , une carrière, un mari, une famille. Elle était ce genre de femmes que toutes les filles voulaient être. Et je me suis dis , même si je fais pas partie de cette vie, que j'pourrais l'accepter tant qu'elle était heureuse. Alors j'ai poursuivit mon chemin tout seul. J'me suis jamais vraiment remis mais , j'vivais sans trop de regrets. J'pouvais me regarder dans la glace parce que j'avais fait ce qu'il fallait faire. Le bon choix, même si c'est un peu moi qui en souffrais , j'me disais que c'est pas grave. Que je finirais par l'oublier. Ou que je resterais toute ma vie à attendre un truc qui arriverait jamais. Je m'étais dis que si Maxine est heureuse, y'a aucune raison pour que je sois malheureux. J'suis heureux , quand les gens autours de moi le sont. Quand ceux que j'aime, même si eux ne m'aiment pas , sont satisfait de leurs existence. Alors je dis, que c'est pas grave si on m'aime pas. C'est pas grave si moi, on se décide pas à trouver un truc qui va chez moi pour m'aimer. J'peux pas en vouloir au monde. J'en veux à moi-même. Je dis à Jude que tant qu'il est heureux, ça me va. Tant qu'il est heureux , « -Tout va bien. » j'avais dis. Comme un putain de mantra. Pour me convaincre que ça irait pour moi. Que j'arriverais à me mentir assez longtemps pour survivre. Pour m'habituer. Que même si je disparais, il sera pas tout seul. Tout va bien. Tout va bien pour Jude.

« Non, ça va pas Cha. Ca va clairement pas… Mais ça ira. Je te promets que ça ira… »
Je me mets à rire, rire gras à âcre. Sans joie parce que ses paroles sont incertaines. Parce qu'il sait pas ce qu'il dit. Il sait pas ce qu'il raconte et j'suis bien trop ivre pour le lui expliquer. « Je sais pas ce qu’il se passe dans ta vie, Cha. Mais ça ira. Hein ? Ca ira » Il répète, comme pour se convaincre lui-même et totalement ivre , plus trop capable de raisonner, je hausse les épaules. Tout va bien. Pourquoi ça n'irait pas ? Pourquoi je n'irais pas ? Pourquoi est-ce qu'il faudrait s'inquiété pour ce bon vieux Charlie ? Hein ? Il est fort Charlie. Il se remettra sur pied. Et s'il faut qu'il en crève pour aller mieux, peut-être bien que c'est la plus belle des solutions , hein ? Pourquoi s'en faire pour ce bon vieux Charlie. S'il est pas capable de se géré tout seul, c'est que c'est un putain de raté. C'est que c'est ce genre de type qui mérite pas de vivre, c'est à ça que sert la sélection naturelle, nan ? Garder en vie chaque individu assez fort pour être en vie. Alors fuck it. Pourquoi ne pas en rire ? « Je sais pas ce que réserve le futur, Cha. Mais je sais que tu finiras par trouver une femme capable de t’apprécier à ta juste valeur… De… passer outre la première impression que tu laisses pour apprendre à te connaître et à t’aimer pour ce que tu es au fond… Et tu seras papa un jour. De cette enfant ou d’une autre » Il souffle, assis tout contre moi, comme pour essayer de me filer un peu de sa force. Mais j'ai même pas la force de récupéré ça. J'ai même pas la force de me sauver, un minimum. Ça m'fait rire qu'il pense vraiment que j'puisse un jours être aimé. Ça m'fait rire qu'il ai cette putain de sincérité naïve dans les yeux. Parce qu'il pense que je suis comme lui, Ju. Il pense que je suis un gentil garçon, que je suis le genre de garçon qu'on aime. Qu'on chérit aussi fort qu'on le chérit lui. Il se demande pas, Jude. Si moi j'avais pas eut de famille, personne m'aurait accueillit. Même pas parce que les gens sont pas généreux. Même pas parce que ma mère a une bonne âme et qu'elle accueillit les autres quand beaucoup d'autres leurs tourneraient le dos. Evidemment, que ma mère a une belle âme. Nan. C'est pas ça. C'est que je suis pas Jude moi. J'suis le genre de gamin à problème dont personne n'aurait voulu s'encombrer. J'ai pas la typologie du mec qu'on sauve. C'est peut-être pour ça que j'passe mon temps à essayer de sauver tout le monde. Peut-être pas pour rien , que je me montre tellement ouvert aux problèmes des autres. Tellement renfermer , pourtant quand il s'agit des miens. Et on reste comme deux cons là, en silence.

J'voudrais répété à jude que c'est pas grave. Qu'il se trompe, que ça ira pas. Que Maxine s'arrêtera pas. Qu'elle découvrira pas comment aimer sans être si destructrice. Elle va pas deviner. Inventer. Je sais, que ça ira pas. C'est mon quotidien de merde pour le reste de ma vie ou jusqu'à ce qu'elle se lasse de moi, comme toy-boy, que j'sois trop abîmé, que j'sois plus vraiment le jouet idéale parce que je suis répugnant, au fond. Parce que y'aura plus rien de beau à l'intérieur. C'est soit ça, soit la mort. Et j'suis pas assez courageux. J'ai beau y penser. De plus en plus. De plus en plus fort, avec une intensité sombre qui ne m'avait jamais traversée. J'y pense parfois quand je mange. Quand je travail ou bien au parc avec Cara. J'y pense tout le temps. Tout le temps. Même plus seulement la nuit, maintenant. Et puis il m'aide à me relevé , Jude. Il m'aide à m'installer dans le lit et je me laisse tomber , comme un sac de plâtre , dans un bruit sourd sur le lit qui grince imperceptiblement sous mon poids. Il me dis de me reposer et je ferme les yeux. « - Soit pas triste, Jude. » je souffle, alors que je sens son regard sur moi. « - Soit pas triste si je disparais . » Je dis, en fermant fort les yeux. « -Occupes-toi de maman et soyez heureux. » Et il ne me faut pas plus de quelques secondes pour m'endormir. Pensant à s'il m'arrivait vraiment quelque chose. J'me demande ce qui se passe, pour Cara. Pour tout les autres, si Maxine me mets un mauvais coup ? J'pourrais mourir en une fraction de seconde. Ça va si vite.

***

J'ai du mal à tenir la cigarette entre mes lèvres tant je tremble. De tout mon être des spasmes de panique alors que les larmes me brouillent la vue. J'ai décider ce matin , que j'arriverais pas à passer cette journée. À peine lever, la chambre vide , le mot de Jude, me demandant de me reposer. Comme si tout était déjà trop pour moi. Pas de sms de la part de Maxine. Et j'revis la même journée qu'hier. Je vais pas mieux parce que j'ai dormi. Bien au contraire. J'vais pas mieux parce que j'ai dormis. C'est même pire. Parce que j'ai toute ma tête , maintenant. Parce que je suis quand même épuisé. Parce que je suis quand-même épuisé , par la vie. Par tout ce qui m'arrive. Alors je sais. Je sais en me réveillant, que je veux pas passer cette journée. J'oublie Jude et j'oublie ou je suis. Un court instant seulement. Une heure peut-être j'oublie juste,les conséquences. Je me dis que c'est pas ma responsabilité. Que je devrais pas avoir à être obliger de vivre pour pas faire trop de mal à mon entourage. Je veux plus. Je veux plus supporter ça. Je veux plus supporter tout ce qui se cache dans ma tête. Tout l'orage qui gronde , qui tambourine , qui se déchaine sur mes tempes , qui trempes mes joues d'eau salé , parce que l'océan dans ma tête, les abysses dans mes yeux , sont en train de déborder. J'ai plus la force. Plus aucune force. Ça fera pas trop mal. Ça ira vite. J’espère que ça ira vite. J’espère que tout l'alcool que j'ai ingurgité la nuit dernière rendra l'opération plus rapide encore. J'vais juste m'endormir et plus jamais me réveiller. Tout laisser couler. Jusqu'à disparaître un peu plus. Jusqu'à disparaître complètement et ça ira. Ça ira pour les autres , ça ira pour moi. Et si l'seigneur est si miséricordieux, il m'en voudra pas trop parce qu'il comprendra que je souffrais trop. Que c'était trop dur. Il comprendra que je pouvais plus. Que j'voulais juste le rejoindre. Lui ou rien du tout. Le seigneur ou le néant. Et peut-être un peu l'enfer, sur le chemin. Tout sauf ça. Tout sauf la douleurs qui me prends à la gorge. Qui m'entraine dans un tourbillon terrible. Tout sauf la terreur que je ressens. Alors j'attrape dans ma trousse de toilette une lame de rasoir et puis je m'enfuis dans la salle de bain. Retirant mes vêtements un par un , puant l'alcool. J'retire tout , dans des gestes si lents. Tremblant de tout mon corps. De peur, de peine et puis de sanglot. Je pleure, je pleure toutes les larmes de mon corps , je gémis de douleurs, avant même de m'être ouvert le bras. Parce que j'ai mal d'être en vie. Mal d'être encore vivant. De ne jamais être capable d'être heureux. Pleinement heureux.

Et la cigarette que j'ai entre les lèvres menace de tomber , alors que , nu, l'eau brûlante coulant de la douche, me fait sangloter plus fort. Et je fais mes adieux dans ma tête. Je demande pardon , d'une voix basse à Jude. Et quand je porte la lame à mon poignet , il me faut m'y reprendre à deux fois avant que le sang se mette à couler. À couler vraiment. Flot intarissable de liquide rouge qui s'échappe de moi, tâche le tapis de bain blanc de l'hôtel miteux ou je me trouve. Et je pleure plus fort encore, je me sens avoir la tête qui tourne. J'inspire fort serre le poignet dans un réflexe stupide. La sensation de mes veines qui pulsent en dehors de mon corps me donne la nausée. La vue aussi. Et je pense à Jude. J'y pense fort. À ma mère aussi. Je me rends compte qu'hier matin c'était la dernière fois où j'ai vu ma mère. Je lui ai pas dis que je l'aimais. J'ai pas laisser de notes, j'ai pas laisser d'indication. Et je me rappelle que c'est Jude qui va me trouver, mort , ici dans un hôtel à New-york. Alors je panique d'un coup. Qu'est-ce que je fais putain ? Je peux pas mourir. Je peux pas mourir. Et malgré les larmes, la douleurs et puis la panique, j'me sens retrouver un tout petit peu l'envie de vivre. Première fois depuis des jours, que j'me sens plus aussi vide. Peut-être parce que la douleurs galvanise, j'en sais rien. Mais j'attrape une serviette qui traine , pour empêcher le sang de couler. Et je cherche dans ma trousse de toilette les bandages qui trainent là pour la boxe. Ceux que je mets pour ne pas m'abimer les mains en frappant. J'enroule sommairement mon poignet , serre fort et puis j'enfile mon pantalon, mon sweat-shirt et je m'enfuis de la chambre, laissant la pièce un bazars sanglant., goutes de sang partout, partout, partout. Serviettes imbibée de mon adn , et moi , agissant comme un robot, je prends les clefs de la chambre et je m'enfuis en marchant d'un pas presser vers une pharmacie. Je pleure à grosses goutes , sanglote dans la rue. Et il fait froid, il semble faire très froid , je grelotte sous mon pull. « -J'ai besoin d'aide, s'il vous plait. » Je dis en entrant dans la pharmacie, mon pull plein de sang, mon poignet abîmé sommairement emballé dans un bandage que je ne sais pas faire. Et je tombe presque à la renverse quand elle s'approche de moi, la pharmacienne pour venir me récupéré. Hurlant à sa collégue d’appeler une ambulance. « -Pas d'ambulance. » Je dis, de ma voix cassée, laissant à la jeune femme une meilleure vue de mon poignet qui semble s'être un peu calmer, grâce au garrot que j'ai fais. Et elle me soigne, la jeune femme. Ne demande rien , alors que je pleure. Je pleure et que je pleure encore. De regret , de peur, de culpabilité. J'ai peur, j'ai peur de mourir. Parce que je suis pas assez courageux, j'ai peur qu'il reste rien d'autre qu'un type qui s'éteint sous terre. J'veux pas pourrir et je veux pas mourir. Et la jeune femme referme d'une suture le poignet, seulement deux points et elle observe sans cesses les autres blessures. Les brûlures de cigarettes et puis les bleus , alors qu'en retirant mon sweat-shirt souillé de sang et de larme pour qu'elle puisse me soigné elle avait une vue claire sur tout ce que j'avais essayer de cacher pendant les dernières semaines. « -Vous voulez vraiment pas qu'on appelle quelqu'un, monsieur ? » Je fais non de la tête et elle tente de me sourire. « -Il faudra changer le pansement demain. Revenez me voir, d'accord ? Reposez vous, vous avez perdu , beaucoup de sang. » Je hoche la tête, las et puis je retourne dans l’hôtel à deux rues de la pharmacie.

Le spectacle dans la chambre est terrible. Terrible. Mon sang, partout. Partout, partout. Le tapis de bain , imbibé , la douche toujours en marche et une serviette pleine de sang également et alors que je suis épuisé, il me faut tout de même tout ranger. Tout nettoyer, pour que Jude ne le remarque pas. Alors je tente de nettoyer les serviettes , de les libérés du trop plein de sang qu'elles renferme, je nettoie le sol de la salle de bain , celui de la chambre , le carrelage tâché ,et puis je cache les preuves , ressort pour tout jeter. Pour jeter mon sweat-shirt, pour jeter les tapis de bain , la serviette pleine de sang. Je ne sais pas si j'ai bien tout nettoyer mais j'ai fais de mon mieux. Parce qu'il y en avait tellement. Tellement. Partout autours. Partout sur moi. Partout. Alors qu'il n'est pas encore quinze heure, je tombe d’épuisement. Je tombe dans le lit et puis je m'endors, comme une masse, pleurant encore et encore.

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Love, Sex , Dreams

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Lun 22 Oct - 23:12
Hospital terror


Une longue journée décroissait à l’horizon.
Tirant le frein à main de la voiture d’un autre âge qu’il avait emprunté à son frère, Jude en sorti dans un silence religieux, levant les yeux vers le soleil à son zénith disparaissant lentement derrière les rangées d’immeubles s’étallant à perte de vu. Le teint lessivé alors qu’il portait d’un geste automatique une cigarette à ses lèvres.
Les images de sa petite amie refusant de s’alimenter tournaient en rond dans son esprits. Boucle infernal de sons et d’image qu’il aurait préféré ne jamais voir. Preuve flagrante de cette maladie qu’il ne pouvait plus nier. Qu’il ne pourrait jamais plus nier.
Et ses mots... Mots douloureux lui intimant de la quitter avant qu’il ne souffre trop. Ordre venant d’une femme semblant résignée.
Résigner à le quitter plutôt qu’à se soigner. A se battre contre la maladie.
Il avait mal au coeur, Jude. Mal de voir que Soledad semblait plus prompt à refuser les soins qu’à imaginer ne serait-ce qu’un instant qu’il était sincère lorsqu’il lui disait qu’il ne partirait pas. Qu’il resterait à ses côtés jusqu’à tant qu’elle se soit entièrement soignée.
Car il était ainsi, Jude. Un éternel positif qui voyait le bien en toute chose. Qui ne s’imaginait pas même un seul instant que sa petite amie puisse se laisser emporter par la maladie.
Elle était forte, Sol. Quoi qu’elle puisse en dire.
Et si elle ne l’était pas suffisamment, alors il lui donnerait un peu de la sienne. De celle qui lui restait.
Elle était forte et, avec lui, elle battrait l’anorexie.
Si tenté qu’elle accepte de s’alimenter se régurgiter la moindre cuillerée qu’on lui faisait avaler…

Soupirant imperceptiblement, Jude se passa une main sur le visage. Étirant sa peau flasque et fatiguée.
Tirant longuement sur sa clope, il fini par la jeter au sol et l’écraser de la plante de son pied dans un dernier regard vers le ciel. Étendue d’un bleu profond semblant s’étaler à l’infini.
Esquissant un sourire apaisé à cette pensée, il vérifia pour la deuxième fois s’il avait bien fermé la caisse avant de franchir les quelques mètres le séparant de cet hôtel bon marché dans lequel il passerait encore une nuit. Peut-être deux.
Montant quatre à quatre les marches de l’escalier, il se prit à prier pour que Cha soit encore dans la chambre et qu’il n’ai pas à descendre demander les clefs à la réceptionniste. Il n’avait vraiment pas que ça à foutre, que de redescendre les trois étages pour une putain de paire de clefs qu’ils n’étaient même pas fichu de donner en double.
Hôtel bon marché de son cul.
Et comme un dernier pied de nez pour ses espoirs, Jude se retrouva devant une porte close.
Il ne prit même pas la peine de toquer, persuadé qu’il était que jamais Charlie ne se serait enfermer s’il était présent.
C’était forcément que son frère était sorti prendre l’air. Le laissant là, comme un con devant cette chambre close.
Collant son oreille à la porte, insonorisation médiocre lui laissant entendre la moindre inspiration un peut trop forte, il tenta le tout pour le tout. Cherchant à capter le moindre son témoin de la présence de son frère sur les lieux, mais seul le silence lui répondit.
Non. Charlie n’était pas là.
Grognant des injures dans une langue inconnue se rapprochant du Grecque ancien, Jude redescendit les marches qu’il venait tout juste de grimper jusqu’à la réception. Remerciant le ciel d’avoir mis leurs deux noms sur le registre alors qu’il sortait une pièce d’identité pour prouver qu’il était bien l’un des locataires de la chambre.
Suivant la propriétaire d’un âge certain, mais surtout d’un certain âge jusqu’à leur porte, il l’observa tourner le passe dans la serrure avant de s’engouffrer au travers de la porte entrouverte dans un cri de soulagement à peine voilé.
Putain.
Enfin un peu de repos.
S’approchant du lit, il remarqua alors seulement son frère allongé sur le sien. Position étrange d’un homme assoupi. Presque dans le même état dans lequel il l’avait laissé en se réveillant ce matin.
Charlie avait-il passé toute la journée à dormir ? Rien n’était moins sûr.
Il avait du se lever ne serait-ce que pour aller pisser. Voir se branler.
En témoigne la porte fermée à clef alors que son frère était présent sur les lieux. Ayant sans doute oublier de la rouvrir une fois sa besogne terminer.
Super…

Retirant son T-shirt trempé de sueur qu’il jeta sur son lit d’un geste nonchalant, il s’approcha de son frère à pas de loup. L’observant dormir dans un sourire attendri.
Enfin un peu de calme dans une vie bien trop mouvementé.
Il avait l’air apaisé, Charlie. Sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration. Lente et régulière. Ses paupières tremblant doucement comme sous le coup d’un rêve.
Et il se détourne, Jude. Continuant de se dévêtir avant d’attraper des vêtements propre et se diriger en caleçon jusqu’à dans la salle de bain. Posant ses fringue sur la lunette des toilettes baissée, il fronça les sourcils alors que, pénétrant la douche, il constata l’absence du tapis encore présent le matin même.
Qu’est ce qu’il s’était passé ?
Jetant un regard circulaire à la pièce, il remarqua également l’absence de l’une des serviettes fourni par l’hôtel, mais pas la seconde.
Pourquoi ?
Est-ce que la femme de chambre était passée pendant la sieste de Charlie et les avaient ramassées ? Avait-elle oublié d’en apporter des propres ?

Plus important encore. Y avait-il seulement une femme de ménage dans ce type d’hôtel bon marché ?
Sourcils froncés, Jude grogna alors qu’il pénétrait l’habitacle, résigné qu’il était à tremper le sol de ses pieds sitôt sortie de la douche.
Il aurait tout le temps de râler à la réception une fois séché et apaisé.
Il avait trop, bien trop besoin de prendre une douche pour polémiquer cens dix ans.
Il se sentait sale et fatigué. Trempé de sueur et puant l’hôpital. Une odeur de médicament collant à sa peau. L’imprégnant entièrement. Putain ce qu’il exécrait cette odeur.
Allumant l’arrivée d’eau, il commença à se savonner le regard ailleurs. Gel moussant dans ses cheveux se remplissant peu à peu de bulles informe alors que, coupant l’eau, il remarquai alors seulement l’objet métallique éclairée par la lampe bon marché aux lueurs jaunâtres.
Une lame de rasoir. Posée là, sur le rebord du lavabo. Quelques gouttes de sang coagulés teintant le bois blanc cassé sur lequel elle était posée.
Merde.
Merde merde merde.
Merde.
Soudain livide. Il s’imaginait le pire.
Il imaginait Charlie. Là. A sa place. Un flot rougeoyant s’écoulant de ses poignets. Son visage livide au regard morne fixé sur l’infini. Sur ce putain de ciel que Jude contemplait encore quelques minutes auparavant, mais qui lui semblait tout à coup si loin. Si putain de loin. Invisible au travers des murs fins et du plafond moisie de cette chambre d’hôtel.
Sans plus réfléchir, Jude sauta d’un bon hors de la douche. Les cheveux encore couvert de mousse alors qu’il enfiler un caleçon sans même prendre la peine de se sécher. Attrapant la poubelle qu’il retourna sans même y penser. Retenant un cris d’effroi à la vu du tapis de douche et de la serviette portée disparu. Teinte de rose et de rouge plus ou moins marqués. Humides. Chiffonnés.
Non.
Non non non non non non non.
Tremblant de tout son corps, Jude shoota dans le poubelle alors que, se relevant d’un coup sec, il traversa les quelques mètres le séparant de Charlie.
Trempé, la mousse dégoulinant de ses cheveux humide pour se rependre le long de son corps, il attrapa le bras gauche de son frère endormi qu’il découvrit d’un coup sec, sentant toute ses forces l’abandonnée d’un coup alors que son regard se posait sur ce qui s’y cachait.
Un bandeau blanc. Recent. Teinté de deux marques rouges. Fraîche. L’une légèrement plus épaisse que la seconde.
Tout autour, des cloques. Marques circulaires et purulentes semblant dater de plusieurs jours. Peut-être même plusieurs semaines.
Il a un haut le coeur, Jude.
Un haut le coeur le prenant à la gorge alors que, relâchant le bras de son frère, il sent ses jambes le lâcher.
Pourquoi ?
Pourquoi est ce que Charlie avait fait ça ?
Putain de merde. Pourquoi ?
Observant les marques de brûlure. Marque de cigarette bien disctingue sur sa peu bleuté, Jude savait qu’il tenait là une partie de la réponse à sa question.
Putain…
Si c’était là ce qui se cachait sur ses bras. Qu’en était-il de son torse ?
Nouveau haut le coeur. Jude du se faire violence pour ne pas vomir.
Vomir sa haine de cette femme. Sa haine d’un Charlie ayant osé franchir un tel cap. Un cap qu’il n’aurait jamais pensé le voir ne serait-ce que frôler.
Et quand bien même la bandage était la preuve que le tatoueur s’était raviser. La tentative n’en restait pas moins réelle. Cri de détresse qu’il aurait pu ne jamais entendre. Ou trop tard.
Ultime appel à l’aide d’un homme trop fier pour ne l’avoir jamais fait.
Perdre Charlie… Jude ne pouvait pas même se l’imaginer.
S’il le perdait… Il perdait une partie de son âme.
Si Charlie partait…. Il ne pouvait pas promettre qu’il ne le suivrait pas.
C’était impossible. Hors de question. Impensable.
Jamais, même dans les plus sombres de ses cauchemars il ne s’était imaginer dans pareil situation.
Son regard se posant sur le bras meurtri de son meilleur ami, Jude sentit quelque chose se briser à l’intérieur de lui. Partie de son coeur tombé en morceau à l’intérieur de sa poitrine. Pourri. Noirci.
Le coeur au bord des lèvres, il sentait les larmes couler sur ses joues sans qu’il ne puisse les contenir.
Incompréhension. Dégoût. Inquiétude. Impuissance et colère. Colère contre Charlie, mais aussi contre lui-même pour l’avoir laisser seul. Pour ne pas l’avoir surveiller malgré les promesses faite à Miranda. Pour ne pas avoir été putain de capable de remarquer à quel point son frère allait mal. En colère contre lui-même pour être aussi putain de con. Putain d’inutile.
Cocktail mortel enflant dans ses veines alors qu’il attrapait son frère par les épaules et le secouait avec toute la force de son désespoir.
« T’es sérieux Charlie ? T’es vraiment sérieux là ? »
Qu’il demande, la voix rauque et les doigts crispés sur ses épaules alors qu’il le fusillait du regard.
« T’es putain de sérieux ? T-t-t’es…. t’es... »
Incapable de continuer. La gorge nouée par ses sanglots, Jude attrapa son poignet meurtri et le plaqua devant ses yeux. « P-p-pourquoi ? »
Il gémit, en larme. « POURQUOI PUTAIN ? »
Cri d’agonie. Cri du coeur alors qu’il serrait les poings sous le coup de la colère. De l’impuissance.
Et il serait son poignet, Jude. Le serrait à lui en couper la circulation alors que, le regard perdu, il cherchait une réponse dans celui orageux de son frère. « Pourquoi t’as fais ça ? J-je… Je comprends pas putain. Tu… tu… Fais jamais ça Charlie tu m’entends ?? FAIS PLUS JAMAIS CA ! Je.. Charlie… Je veux pas te perdre » Ultime supplice alors que le brun sentait sa colère fondre comme neige au soleil et que, sans plus attendre, il attrapa son frère pour l’attirer dans les bras. Le serrant fort. Fort.
Plus fort qu’il ne l’avait jamais serré. « Je veux pas te perdre putain… J’le supporterais pas »
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froid et détaché

Mar 23 Oct - 2:02

TOUT VA BIEN.



Je tombe de sommeil. Les émotions de la journée ont été trop , trop, trop. Trop pour moi, trop de pleurs et de peine. Trop de mal que j'ai fais, que j'ai subis. Et j'ai l'impression, lorsque je me laisse tomber, bien emmitouflé dans mon sweat-shirt long, que j'ai perdu toute ma force. Que j'ai perdu toute la combativité qui s'est installée, d'une façon bien trop fugace dans mon corps aujourd'hui. Instinct primaire de préservation qui m'a redonnée pendant seulement quelques heures, une envie de vivre, de me battre, que je pensais très sincèrement avoir perdu pour toujours.Je me sens vide. Tellement vide. Je me sens complètement creux, complètement exténué.Trou béant retrouvant peu à peu sa place dans ma poitrine alors que je m'endors, sombrant doucement dans les méandres du sommeil, m'accrochant fermement à ma manche de sweat-shirt. Je tombe en sommeil. Sans rêve ni même être apte à bouger. Parce que je suis épuiser, vraiment. Epuiser, vidé. Aussi bien de mon sang que de mon énergie. Je voudrais me reposer, dormir pendant des jours, jusqu’à être apte à me réveiller sans mes problèmes. Je suis épuisé, confus aussi. Parce que je ne sais plus où j’en suis. Je me sens simplement vide, fatigué, futile. Et je ne suis pas homme à dormir des heures. Bien au contraire. Normalement, vu le nombres d'heures que j'ai dormis la nuit dernière, je ne devrais même pas être capable de m'endormir de nouveau. Je devrais ne plus être fatigué avant un bon bout de temps. N'étant rester éveillé aujourd'hui que quelques heures. Et pourtant. Et pourtant, je m'endors rapidement. Profondément enfoncé dans un sommeil anxieux , visant non pas à réparer mon corps, mais bel et bien mon esprit. Je ne sais pas. J'ai besoin d'inactivité. J'ai besoin de m'arrêter simplement de penser. De retourner encore et encore les soucis que j'ai en tête. J'voudrais arrêter juste quelques heures de me détester. Plus avoir à vivre dans mon corps mais , quelque part d'autre. Un endroit plus calme. Plus clément. J'voudrais juste ne plus avoir à voir les murs jaunit de l’hôtel à New-york, plus non plus le sang qui se déverse de mon poignet , la panique qui s'empare de moi. J'ai mal, au poignet. Vraiment mal. J'ai mal quand j'y pense. C'est le geste qui me terrifie le plus.

Et si je recommençais ? Et si ça me prenais de nouveau ? Et si j'avais dépasser un cap ne me permettant plus jamais de revenir ? Et je me demande. Je me demande si je suis capable. Si je suis capable de me remettre, de retrouver le bonheur. J'ai peur, maintenant. De ne plus jamais retrouver le bonheur. Je ne veux plus. Je ne veux plus ressortir ça. Je ne veux plus jamais ressentir une terreur comme ça. Plus jamais. Je veux plus jamais ressentir le même désespoir que celui que j'ai ressenti aujourd'hui. Plus jamais ressentir ce besoin de partir. De rejoindre le seigneur, qu'à décider que ce serait pas mon heure aujourd'hui. Qui a décider que j'devais continuer encore un peu plus longtemps parce qu'Il doit me réserver quelque chose, j'en sais rien. Peut-être que j'ai simplement pas terminer de souffrir.

Je crois que je ne me souviens pas vraiment de quand je me suis endormis , je me souviens bien de mes rêves par contre. J'ai rêver être tout seul dans New-york , de la neige partout. Tout est blanc , tout semble mort , Central Park semble piéger sous la glace et je suis immobile au milieu du lac glacé , les immeubles qui se dressent au loin ressemblent à d'immense stalagmites blanches , immuable , le paysage ne semble plus jamais être capable de bouger. Je me rappelle être si gelé que j'ai l'impression que moi non plus , je ne peux plus bouger. Je vois des poissons mort sous la glace , c'est bizarre, ça me fait  vraiment peur , j'entends dans mon rêve mon rire qui raisonne au loin , si loin dans le silence presque intacte de la ville désertée. Je crois que je suis content d'être le derniers mec sur terre. C'est bizarre et en même temps, c'est presque réconfortant , j'essaie de marcher, sur la glace et les petits craquements qu'elle fait sous mes pieds est presque doux aux oreilles. La glace se brise et je sens , une main m'attraper par l'épaule pour me sortir de l'eau. Quand j'ouvres les yeux , j'ai l'impression de me réveiller d'une autre vie. Réincarnation, renaissance , j'en sais rien , en tout cas je frissonne quand je me rends compte qu'il fait chaud ici , avec l'impression qu'on me réchauffe tout d'un coup. J'ai du mal à réaliser où je suis. J'émerge tout doucement et finit par réaliser que je suis dans cet hôtel où je me suis endormis.

Je me sens secoué sous des cris, et j'arrive à peine à ouvrir les yeux. Je me sens secoué de toute part, deux pression bien trop fortes sur mes épaules très faibles. Trop faible maintenant. J'entre-ouvre les yeux, difficilement, j'ouvre les yeux, comme perché dans une autre stratosphère. J'ouvre les yeux, je repense à la glace, me dit que peut-être que c'est ce qui m'attends si je meurs. Peut-être que je serais emprisonner dans une ville parallèle, vide, froide, glacée même. « T’es putain de sérieux ? T-t-t’es…. t’es... » J'ouvre les yeux pour de vrai cette fois , le poignet découvert et mon cœur qui rate un battement. Il me serre fort le bras, il hurle. Hurle de toutes ses forces et je tire ma main , me libère de l'étreinte, très vite. Alors qu'il m'hurle dessus, mon frère. Mais je n'ai pas la force de parler. Je n'ai plus aucunes autres forces que celle de porté ma main le long de mon corps, remettre correctement ma manche, caché bien contre moi, sous toutes les couches de tissus. Je ne veux pas qu'il voit ça , je ne veux pas qu'il ait vu. Et je me sens mou. Je me sens ne plus avoir aucune forces. Je n'ai pas envie de me battre. Pas envie de me défendre non plus. Parce qu'il ne peut pas comprendre , Jude. Personne ne peux comprendre, l'orage dans ma tête. La tempête qui se déchaine , tsunami qui balaie tout le bonheur sur son passage. Y'a plus rien , à l'intérieur. Que des ruines inondées, des tout petit tas de déchets et rien d'autres que la destruction. C'est encore pire que le chaos. C'est encore pire que tout le reste. J'suis submergé tout d'un coup. Par l'émotion trop forte au réveil. Et je pleure pas non. J'suis juste plus capable de bouger un seul muscle. Prostré, la main coller contre mon torse , je me recroqueville lorsqu'il m'attire à lui , me serrant très fort, à m'en faire étouffer.

Je ne sais pas comment réagir. Est-ce qu'il fallait que je m'excuse ? Est-ce qu'il fallait que je mente ? Que je  trouve une excuse, une qui serait pas que j'ai tenter de me foutre en l'air, parce que j'y pensais à chaque secondes de chaque minutes de ma putain de vie depuis au moins une semaine ? Est-ce qu'il fallait que je fasse l'affront à Jude de lui dire qu'il comprends pas ? Qu'il peut pas me sauver ? Est-ce que ça changerait vraiment quelque chose qu'il comprenne ?  Je suis bousillé de toute façon. J'suis qu'une ruine de toute façon. Peut-être que c'est le signe pour Jude qu'il devrait commencer à penser sérieusement à m'abandonner. Et l'idée même fait couler les larmes. Dans un rythme surprenant, explosant littéralement sur le rebord de mes yeux.  J'voudrais parler mais je sens ma gorge nouée tellement profondément à l'intérieure qu'aucun son n'en ressort. J'ai ouvert la bouche pour m'excuser mais, ma voix s'est éteinte avant même avoir réussi à franchir ma trachée. Rien qu'un sanglot est sorti. Et il pleure aussi Jude. Il m'en veut, il pleure, exige des explications que je suis incapable de lui donner. Parce que je me sens si vide, maintenant. Même plus remplis par le désespoir. Simplement vide. Sans âme, sans émotion. J'pourrais bien être mort à l'intérieur. Si ça s'trouve, mon âme est déjà montée rejoindre le seigneur, oubliant d'me prévenir au passage. J'ai plus envie de mourir non. Je ne suis tout simplement plus habité par aucune envie.  Nulle, zéro, néant, nada, rien . Rien du tout. Même pas des remords. J'suis juste lessivé, complètement lessivé. « Je veux pas te perdre putain… J’le supporterais pas » Il me souffle, Jude et moi , j'essaie de forcer le passage de ma voix.

Lui dire que je veux pas mourir. Que je veux plus mourir. Que c'est bon. C'est passé. Lui dire de pas me regarder. De pas regarder les plaies. « -T'aurais pas du regarder. » Ça fini par sortir. Comme un reproche, alors que je serre plus fort mon poignet contre moi. Entre deux sanglot, et alors que je le repousse, d'une main, que je me laisse retomber sur mon coussin, les larmes dégoulinants péniblement contre mes yeux. « -T'aurais pas du faire ça. » Je continue, parce que c'est tout ce qui arrive à sortir. Pas d'excuses, pas de paroles rassurantes et de mensonges élaboré pour faire taire toute la panique qui s'empare de Jude là maintenant. J'voudrais bien, le rassurer. Lui dire que je vais bien maintenant. Mais à vrai dire, je n'en sais rien.  Je ne sais pas si je vais bien. J'en suis pas vraiment certain. C'est si brumeux dans ma tête, et j'ai le tournis. Tout ce que je veux c'est dormir. Dormir encore. J'voudrais dormir et oublier ici. Oublier que j'ai mal. Que j'ai trop , trop , trop mal. J'voudrais oublier pourquoi je pleure. « -J'voulais juste arrêter d'avoir mal. » Je souffle, comme seule explication de mon geste. Ce geste qui pourtant me ressemble si peu. On aurait jamais imager Charlie White être si malheureux, si mal dans sa peau, qu'il n'aurait plus que comme seule envie, celle d'arrêter de vivre. « -J'voulais juste....que ça s'arrête. » C'est tout ce que j'arrive  à dire alors que je pleure, que je hurle de douleurs sous le regard de Jude. Même plus la force d'être fier. Même plus la force de penser à ce que ça fais à Jude , d'entendre une réalité aussi crue. Je n'ose même pas me tourner, je me recroqueville allongé dans le lit, me recouvre plus encore sous la couverture chaude. « -Je ne veux plus mourir maintenant... » Je souffle, inspirant fort mes larmes qui semblent pourtant incapable de tarirent. « - Tout va bien. » Je souffle. Encore ce mantra. Ce mensonge qui me hante, que j'essaie de répété jusqu'à y croire moi-même. Tout va bien. Tout va bien. Tout va bien. Tout ira bien , pour moi, parce que je ne veux plus mourir. Alors je suis obliger de vivre. Il me perdra pas Jude. Ou alors il m'a déjà perdu. Et il s'en rends pas compte. Peut-être que je me suis perdu moi-même. Peut-être que je me suis perdu complètement et que Jude est incapable de me retrouver. Peut-être qu'on ne peux tout simplement pas changer ça. « -J'veux juste dormir. J'suis fatigué. »

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Mar 23 Oct - 16:57
Hospital terror


Il semblait ailleurs, Cha. Loin de cette réalité alors que son frère le tenait par les épaules, le secouant tel un vulgaire sac à patate.
Et il cri, Jude. Il cri d’une voix rongée par l’anxiété. Par la peur. La colère.
Il cri alors qu’il sent son timbre vibrer sous le coup de l’émotion. Fluctuer. S’étrangler aux rythmes de ses sanglots.
Et il pleure, Jude.
Il pleure comme il n’avait sans doute jamais pleurer.
Ni suite aux coups portés par son père lorsqu’il était enfant. Martelant son dos encore marqué de sa présence. Ni lors de sa rupture avec Naomi. Non.
Pas même alors qu’il avait pensé perdre Charlie suite à leur dispute dans le parc et non plus pas lorsque ce dernier l’avait retrouvé ivre mort à la suite de la découverte de la maladie de sa petite amie.
Non. Même tout ça réunie, il n’avait jamais ressentit un tel état de détresse. Un tel état d’anxiété et de panique.
Voilà.
Panique. C’était le mot juste.
Il était tout bonnement paniqué, Jude. Encore humide et couvert de savon, la vue troublée par ses larmes alors que face à lui, Chalie semblait ne pas vouloir réagir.
Il était là, hagard. Son poignet meurtri serré contre son torse.
Et ce manque de réaction ne fit qu’inquiéter encore un peu plus le brun qui, dans un ultime geste de désespoir, attira son frère dans une étreinte qu’il était près à ne plus jamais relâcher. A ne plus jamais ouvrir de peur de voir Charlie s’envoler. Disparaître comme un doux rêve. Fumée entre ses doigts fins.
Jude avait déjà eu le coeur brisé un nombre incalculable de fois. Plus sûrement qu’il n’était capable de le compter.
Mais il avait toujours été en mesure de le réparer. Le colmater jusqu’à tant d’en oublier la douleur. En oublier parfois même jusqu’à la raison de cette dernière.
Mais là, là… Le morceau brisé de son coeur semblait avoir pourri en se détachant, emportant avec lui une partie de son âme. Il avait flétri à l’intérieur de sa poitrine. Il savait d’or et déjà qu’il serait tout bonnement incapable de le réparer. D’oublier.
Douleur incommensurable lui coupant le souffle. Lui brouillant l’esprit alors que, face à lui, Charlie semblait comme perdu au beau milieu de ses larmes et de ses cris. De son inquiétude enflant dans tout son corps comme un ballon posé sur une pompe automatique. Prêt à exploser.

Et il ne savait plus quoi faire, Jude. Ne savait pas quoi dire pour chasser toutes ces émotions de son esprit. De celui de son frère si froid. Si détâcher d’une réalité bien trop inavouable. Bien trop dure à accepter.
Alors Jude le serre fort. Il l’étouffe de sa présence.
Et Charlie ne bouge pas. Il semble comme… absent. Avant de fondre en larmes. Bombe à retardement. Torrents d'eau salée déferlante de ses yeux. Larmes intarissable qui, contre tout attente, rassuraient plus qu'elles n’inquiétaient un Jude le serrant encore un peu plus fort dans le creux de ses bras. Comme pour le protéger du monde extérieur. De ce monde qu'il avait pensé à quitter. Peut être une seconde, juste une seconde, mais une seconde de trop. Une seconde qui aurait pu faire toute la différence. Faire basculer l’entièreté de la vie du brun en supprimant celle de son frère. Son meilleur ami. Peut être son âme soeur. En déplaisent au destin. 
Et il pleurait lui aussi plus fort à cette pensée. Incapable d'endiguer sa peine. Il ne voulait pas. Non. Il ne voulait pas que Charlie s'en aille. Il ne voulait pas qu'il parte de cette façon et plus que tout encore, il ne voulait pas qu'il souffre au point même de penser ne serait ce qu'un instant que tout arrêter était une solution. 
Il aurait tellement voulu qu'il parle putain. Tellement voulu qu'il lui explique les tourments emplissent son âme fatigué. Tellement voulu l'aider. Mais Charlie se refusait à être aidé.
Le pouvait-il seulement ? Il n'en savait rien Jude. Il ne savait plus rien du tout. Mais il voulait essayer. Putain, il voulait juste essayer de soulager un peu sa peine. Rien qu'un peu. Le soulager un tout petit peu du poids de cette vie dont il avait pensé se défaire. Âme charitable, pourtant si solitaire. Aimant à se noyer dans ses propres tempêtes. 
Il aurait tant voulu lui demander quelles étaient ces marques. S'il se les était lui même infligé ou si elles étaient l’œuvre de cette femme. Mais il n'osait tout simplement  pas lui poser la question. Il n'osait pas car, l'une comme l'autre de ces réponses lui glaçait le sang. 
Alors il le serre fort. Toujours plus fort au creux de lui. Décidé à ne pas le lâcher. A le laisser s'épancher sans un mot. Rassurer par ces larmes qui, quelque part, témoignaient de l'étincelle de vie qui persistait en lui. Car, s'il était vraiment mort en dedans, jamais il n'aurait pu sangloter de la sorte. 
Alors Jude le garde contre lui. Trempé. À demi nu sur ce lit. Se foutant plus que tout du monde extérieur. Seul comptait Charlie. Seul lui avait toujours compter ces 12 dernières années. C'était pourtant pas si compliqué à comprendre putain ! Juste... Charlie... Et Soledad, Miranda, Fred, Mary et Misty. Mais avant tout Charlie. Avant tout le reste. Avant même lui même. 
Il était le début de sa vie, de sa vraie vie, et il en serait sans doute la fin. C'était ainsi. 
Mais, alors qu'il attendait là, l'immense bâtisse lui servant de frère prisonnier de ses bras, la seule réponse que lui servit ce dernier entre deux sanglots fut « -T'aurais pas du regarder. »
Une claque. Rapide. Brutale. Mais attendue. 
Petit coup porté à son coeur déjà meurtri. Répété. Et Jude se laissa repousser sans réagir. Sans même tenter de l’en empêcher alors qu'il observait le châtain se recroqueviller sur lui même. 
Tête contre l’oreiller et la preuve de son échec cachée par sa mains libre.

. « -J'voulais juste arrêter d'avoir mal. » Il dit. Simplement. Si simplement que Jude sent son âme se fissurer encore un peu plus. Un peu plus à chaque seconde. A chaque mot. A chaque cri et à chaque sanglot de son frère. « -J'voulais juste....que ça s'arrête. »
Il déglutit, Jude. Il déglutit alors que, aveuglé par ses larmes, il observait Charlie se tasser encore un peu plus sur son lit. Se cacher sous la couverture. Homme immense lui paraissant tout à coup minuscule au milieu de toutes ces larmes et de toute cette détresse.
Coulée aqueuse sur ses joues blafardes. Sur leurs joues. Il ne sait pas quoi dire.
Il aurait tellement voulu trouver les mots. Les mots justes capable de tout arranger d’un claquement de doigt. Mais ces derniers n’existaient pas.
Ils n’avaient jamais existé.
Et l’acte que son frère avait commit en était la preuve.
Alors, assis sur le rebord du lit du châtain, Jude l’écoutait lui murmurer entre deux sanglots qu’il ne souhaitait plus mourir, maintenant. Que tout allait bien. Qu’il voulait simplement dormir.
Et Jude aurait tant aimé le croire.
Putain ce qu’il aurait aimé le croire.
Mais il ne le pouvait pas. Il ne le pouvait plus.
Maintenant que Charlie avait passé ce cap, qu’est ce qui pouvait lui assuré qu’il ne le referait pas une seconde fois ? Seul chez lui ? En pleine nuit sans personne pour le retrouver avant peut-être plusieurs jours ?
Non…
A cette pensée, Jude se sentit trembler de tout son être alors que, sans un mot, il s’allongea à son tour non loin de Charlie. La moitié du corps hors du lit, l’autre sous la couette. Laissant une distance suffisante à son frère pour ne pas l’étouffer alors que son corps encore humide et mal rincé teintait le lit d’une douce odeur de savon. « Charlie… S’il te plait… Je t’en supplie. Parle à quelqu’un… Si tu veux pas me parler à moi, c’est pas grave. Je comprendrais. Mais pitié… pitié… Parle à quelqu’un. Je… Si je peux pas t’aider, peut-être qu’un autre le pourra... »
Il dit, la voix cassée par l’émotion alors qu’il sentait ses yeux le piquer d’avoir tant pleurer. Qu’il déposait sa main sur l’épaule du tatoueur. « J-… J’v… J’pourrais pas continuer sans toi Cha… j’p- j’pe- j’peux juste… pas. Fait toi aider. T-tu mérites mieux que ça… Tellement mieux que ça »
Dernier cri d’agonie. Sanglot étouffant sa voix à peine audible alors que là, dans ce lit, il craignait plus que tout le moment ou ils devraient se séparer. « J’voudrais moi aussi tellement que tu arrêtes d’avoir mal putain…. »
Pressant plus fortement encore l'épaule de son frère, son regard rougit cherchant à capter le sien, il répéta telle une lituanie « Je ferais n’importe quoi si ça pouvait t’aider à aller mieux Cha.. N’importe quoi… Mais pas ça… pas ça... »
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Ven 26 Oct - 1:02

Y'a plus les mots



J'suis fatigué. Une envie irrépressible de dormir. Sans doute le contre coup du trop plein d’émotion, de fatigue, de terreur. J'suis épuisé. Épuisé complètement. Et les sanglot n'aident pas à m'apaiser. Bien au contraire. J'suis épuisé et honteux maintenant. J'voulais que jamais personne ne le découvre. Que ce soit mon secret honteux. Le plus honteux en vérité. J'voulais que personne ne sache jamais, au grand jamais que je suis un garçon capable d'attenter à ma propre vie. Je pensais pas à ce que ça ferait si je me ratais. Je n'y ai jamais penser. Je pensais pas à ce que ça ferais si je me disais que finalement ce n'est pas une bonne idée. Je pensais pas au fait que je devrais supporter le regard de Jude. Que je devrais supporter le regard des autres. De mes proches. De ceux qui me connaissent. Je pourrais pas le cacher indéfiniment. Je le sais , que je pourrais pas garder les poignets couvert pendant toute ma vie. Je les sais. Maxine le verra. Cara le verra. Je le sais. Et vu le visage pâle de Jude, je sais. Je sais que ce que j'ai fais l'a détruit. Que je viens de faire l'une des plus grosses erreurs de ma vie. Je sais que j'ai été trop loin. Que c'est pas réparable avec des mots. Et c'est pour ça que je chiale comme un gamin qu'on vient de trouver en train de faire une bêtise. Mais c'est pas des bêtises de gosses, ça. C'est sérieux. Et j'aurais voulu dire que j'veux plus jamais vivre ça . Mais les yeux de Jude me font regretter d'être envie. Regretter d'avoir à voir ça. J'suis fatigué. Tout ce que je voudrais c'est arrêter. Arrêter tout ça, spirale de merde qui s'amoncelle autours de moi, j'rajoute des problèmes sans jamais trouver de solution. Comme l'impression que le chaos m'a trahit, comme si il m'avait menti, un peu. J'pensais qu'à crée le chaos tout autours de moi , j'pensais qu'en le faisant en connaissance de cause, on pourrait pas trop m'toucher. J'pensais que si je limitais les gens qui peuvent entré dans ma vie, je limiterais la casse. Mais, j'aime trop, moi. J'aime trop et trop fort et c'est surtout ça, le problème. Quand j'y pense, j'voudrais m'arracher l'coeur, le laisser pourrir dans un coin et c'est peut-être bien pour ça que j'ai essayer de l'arrêter définitivement. Peut-être pour ça que j'ai essayer de tout stopper. J'voulais plus ressentir l'amour qui fait mal. Qui me fait mal à moi et qui fait mal aux autres.

Je voulais pas faire souffrir Jude, je voulais juste arrêter de souffrir, moi. Egoïstement, juste une fois, j'voulais me laisser aller et plus penser. Plus jamais penser à ce que les autres veulent. À ce dont ils ont besoin. J'voulais être tout seul à compter. Prouver au chaos, que j'ai pas peur de lui. Qu'il m'a jamais fait peur. Que maintenant, ça compte plus les autres. Mais c'est pas vrai. C'est un gros mensonge. En vérité, ça compte. En vérité, le chaos a gagner. Il gagne toujours, qu'est-ce que je crois, moi ? Il me laisse tout vide, avec une envie de dormir intarissable. Une envie de tout oublier, quitte à m'laisser crevé. J'crois que c'est tout ce que je veux maintenant. Que ça s'arrête, que j'puisse oublier. En vérité, c'était un peu, la seule échappatoire, la seule que je vois, maintenant. Mais Jude porte dans ses rétines, ce regards terrible, noyé dans les larmes et la confusion. Il m'observe avec cette idée que s'il me quitte des yeux , j'pourrais essayer de mourir encore.

Mais c'est fini, maintenant. J'ai plus envie de mourir. J'ai juste envie d'me taire à tout jamais. Parler c'est une torture. Parler de tout ça, expliquer les trucs. Je sais pas le faire. J'ai pas envie. J'veux juste qu'il me laisse tranquille. J'veux juste être tout seul avec moi-même. J'veux juste disparaître dans les méandres de mes pensées sombres. Ça sert à rien, de résister aux néant, quand il m'appelle avec une telle force. Ça sert à rien , de résister à la terreur, à l'enfer, quand ça s'est installer avec une telle facilitée à l'intérieur. J'ai juste besoin d'arrêter de m'en faire. Juste besoin d'arrêter de penser. J'veux juste m'éteindre. M'éteindre complètement.  « Charlie… S’il te plait… Je t’en supplie. Parle à quelqu’un… Si tu veux pas me parler à moi, c’est pas grave. Je comprendrais. Mais pitié… pitié… Parle à quelqu’un. Je… Si je peux pas t’aider, peut-être qu’un autre le pourra... » Il souffle. Mais y'a plus rien à dire. J'crois que je me suis déjà assez épuiser à parler. J'crois que j'ai déjà fait le tour, à l'intérieur de moi-même. J'en suis venu à une seule conclusion cet après-midi. Et c'est pas possible. C'est le seul échappatoire. Mais j'y ai pas accès. Alors préfère me taire et puis me laisser me vidé. J'me dis que c'est mieux quand j'me tais. « J-… J’v… J’pourrais pas continuer sans toi Cha… j’p- j’pe- j’peux juste… pas. Fait toi aider. T-tu mérites mieux que ça… Tellement mieux que ça » Je sais. J'ai compris. Je sais. C'est bien pour ça, que j'ai plus envie de mourir. C'est bien pour ça, que je préfère me taire. Parler , mais pour quoi faire ? Ça changera pas la situation inextricable dans laquelle je me suis fourré.

Non. Je veux pas parler. J'veux juste dormir pour oublier. Alors je continue de chialer comme une merde, parce qu'il reste plus que ça. Même plus la mort pour me tenir compagnie. Juste moi et le vide. Juste moi et cette putain de fatalité. J'suis incapable de m'arrêter. J'suis juste, simplement, incapable d'arrêter d'être malheureux. Incapable d'arrêter avec Maxine, aussi. Parce que je suis un putain de connard qu'à jamais appris. « J’voudrais moi aussi tellement que tu arrêtes d’avoir mal putain…. » Il pose sa main sur mon épaule et j'voudrais qu'il arrête de me toucher. Ça m'fait pas du bien, ce soir. Ça m'fait pas du bien. « Je ferais n’importe quoi si ça pouvait t’aider à aller mieux Cha.. N’importe quoi… Mais pas ça… pas ça... » J'veux juste m'enfermer dans moi-même. « -Tu peux pas. » Je souffle, comme épuiser de ne serait-ce que parler. Je hausse les épaules. « -Laisses-moi tranquille, Jude. » Parce que je suis pas en état, ce soir. Je supplie, j'voudrais qu'il comprenne que c'est pas le moment. Que c'est vraiment pas le moment, de me parler. De me demander de cracher des vérités que personne n'est prêt à entendre à lui ou à quelqu'un d'autre d'ailleurs. J'ai plus envie de parler. « -Y'a plus rien à dire. » Je souffle, en fermant les yeux, plus fort, essayant d'essuyer mes larmes d'un revers de manche. Je veux juste dormir. Oublier. Retourner dans les méandres calmes de mes sommeils sans rêves.

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Sam 27 Oct - 12:56
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Il est des choses que l’on ne pas peut toujours prévoir.
L’amour, par exemple.
On a beau l’espérer, peut-être même le chercher, la vérité reste que rien ne nous indique lorsque nous tombons sur la personne nous étant destinée. Pas même ces foutues initiales sur notre poignet.
Jude le savait bien. Il l’avait compris à force de déceptions et de recherches vaines.
L’amour était imprévisible. Tapis dans l’ombre à attendre son heure.
Il était là, patient. A t’observer galérer jusqu’au jour ou, sans crier garde, il te sautait en pleine gueule et te lacérait la poitrine. En extirpant ton coeur palpitant pour le serrer entre ses doigts chauds. Sucrés. Plus douloureux qu’aucuns autres.
Le maltraitant au rythme de ses envies.
Il y avait l’amour, mais aussi la mort…
Cette femme que l’on espérait croiser que très tard. Bien plus tard. Toujours plus tard.
Une peur sourde commune aux hommes. Une crainte de l’après, mais aussi du pendant. De cette douleur qu’on ne saurait ignorer. Qui dévorera littéralement jusqu’à la dernière miette de nous. Jusqu’à ce que notre pauvre coeur fatigué ne cesse de battre. Ne cesse d’alimenter notre être décharné. Battu.
Cette salope que l’on savait encore invaincue. Au mieux repoussée le temps de quelques jours, semaines, mois, parfois années. Repoussée, oui, mais pour un temps seulement.
Viendra inexorablement ce jour ou elle aura raison de nous. Douce ou plus brutal.
Accident de voiture, maladie, famine, suicide…
Suicide… Un mot si simple et pourtant à l’origine de tant d’incompréhensions. De tant de douleurs... Un combat côte à côte avec la mort. Avec cette réalité que l’on tentait de fuir en vivant plus fort. Chaque jour un peu plus fort. En se noyant dans le travail, dans l’alcool, la drogue, le sexe. En se noyant dans la vie pour oublier qu’un jour elle prendra fin.
Qu’elles prendront fin, toutes ces vies. Famille, amis, inconnus. Qu'un jour, quelqu’un coupera le fil de nos marionnettes. Nous laissant à taire. Inanimé.
Et si Jude savait qu’il lui faudrait un jour ou l’autre côtoyer la mort. Le deuil. Jamais il n’aurait pensé que sa première rencontre avec celle-ci se déroule ainsi.
Fugace. Rapide. A peine un coup d’oeil vers elle avant qu’elle ne prenne la fuite. Retourne se tapir dans un coin en attendant son heure.
A peine un coup d’oeil vers ce poignet meurtri l’ayant appelé à lui avant de se raviser.
Et il avait mal au coeur, Jude.
Il se sentait brisé. Démuni. Perdu.
Il aurait pu imaginer tant de choses. Des milliards et des milliards de scénarios tous plus improbables les uns que les autres, mais pas ça. Pas ça. Pas que son frère puisse ne serait-ce que penser à s’ôter la vie. A le quitter. A les quitter sans même un adieu.
Non. Jamais il n’aurait cru Charlie capable d’un tel geste.
Et quand bien même le tatoué s’était-il ravisé. Quand bien même était-il en vie, là, prostré et en larme devant lui, ce geste n’en restait pas moins réelle.
L’intention de partir n’en devenait pas moins vraie.
Peut-être une seconde, une seule seconde, mais une seconde de trop.
Et Jude sentait son coeur peser comme un trois tonnes à l’intérieur de sa cage thoracique. Marteler sa poitrine d’une douleur vive alors que ses yeux rougit n’osaient même plus quitter son frère de peur qu’il ne disparaissant dans un éclat de fumée.
Qu’il ne le quitte pour de bon, cette fois.

Alors il restait là, allongé face à Charlie. La moitié du corps hors du lit. Tremblant en réponse à l’air frais de cette chambre mal isolée caressant sa peau humide. Mal rincée.
Et il observe son frère. Son meilleur ami. Ce garçon pour qui il était près à tout, mais pour qui il ne pouvait rien.
C’était peut-être ça, le plus douloureux. Cette impuissance face à l’appel à l’aide de Charlie. Face à ce cri de détresse qu’il n’avait su contenir. Qu’il avait tenté de cacher, mais sans succès.
Sa main pressant l’épaule de Charlie, Jude en était même venu à se demander s’il n’avait pas fait en sorte qu’il le découvre. Inconsciemment, peut-être, mais quand même…
Cette lame laissée là, bien en évidence sur une surface blanche, teintée de rouge.
Ces serviettes mal lavées, sang coagulé qui ne partirait sans doute jamais jetées à même la poubelle de la salle de bain. Pas cachées. Pas descendu dans le local. Pas enfoui au fin fond de sa valise ou d’un quelconque lieu où Jude n’aurait sans doute pas penser à chercher. Non.
Pas non plus d’effort pour remplacer les disparus. Rien.
Juste le stricte minimum. De quoi se convaincre que personne n’en saurait jamais rien tout en appelant à ce qu’on l’arrête. A ce qu’on lui vienne en aide.
Cette aide qu’il refusait encore maintenant, alors que Jude le suppliait de voir un professionnel. Lui assurait qu’il ferait n’importe quoi si cela pouvait soulager ne serait-ce qu’un peu son âme douloureuse.  « -Tu peux pas. » 

Il avait dit, Charlie. Prostré dans son lit. Son corps immense recroquevillé comme un enfant blessé. Son visage rougit par ses larmes se fermant à mesure des secondes qui passaient. « -Laisses-moi tranquille, Jude. » Il lâche, la voix lasse, faisant doucement frémir le brun.
Le laisser tranquille ? Jamais. Pas maintenant. Pas après ce qu’il venait de faire. Après ce qu’il avait tenté de cacher.
Ces marques… Récentes et plus anciennes.
Ces coupures n’ayant en rien minimiser la violence des brûlure maculant son bras. Peut-être même les deux. Voir l'intégralité de son corps tout entier, sans doute.
Corps que Jude connaissait par coeur, mais que Charlie gardait caché depuis deux jours entiers…
Corps qui, sans doute, n’avait plus rien à voir avec celui que le brun lui connaissait.
Et à l’idée que ce dernier soit à l’image de ses bras, Jude sentit un nouveau haut le coeur le gagner. L’idée était simplement intenable. Et pourtant… Pourtant, elle aurait pu être la raison d’un tel acte. L’une des raisons, tout du moins. N’excusant en rien ce désir de fuite, mais l’expliquant en parti.
Alors Jude soupire. Retient la nouvelle salve de larmes gagnant ses yeux face à la détresse de son frère et à son impuissance alors que d’une voix brisée il le coupa dans sa dernière phrase.
« T’as raison Cha… J’vais te laisser tranquille… J’vais juste… sortir et t’oublier. Faire comme si j’avais rien vu et te laisser seul à ton malheur. Mieux ! Faire comme si tu n’avais jamais existé !C’est ça que tu veux ? »
Serrant les poings à ces mots, il se sent trembler, Jude. Trembler de tout son être. Colère, incompréhension, inquiétude. Et il hausse la voix, alors que ses prunelles charbonneuses cherchent celles si pâles de son frère. « T’es pas un peu con des fois ? T’es pas un peu complètement con ?? »
Il hausse le ton, Jude. Pointant du doigt le poignet que Charlie gardait caché tout contre lui. Comme si cela suffisait à faire oublier à son frère ce qu’il venait de voir. Comme si le garder ainsi allait effacer son acte. Ce qu’il avait fait. « Arrête d’essayer de faire le fier putain. Juste… arrête. ARRETE ! Merde ! Merde cha. Merde ! Tu crois quoi putain ? TU CROIS QUOI ? Que j’vais rester là ? A te sourire et ignorer que tu vas mal ? C’est ça que tu veux ? C’est vraiment putain de ça que tu veux ?? Bah j’peux pas ! JE PEUX PAS ! » Il cri, s’approchant de son frère pour l’attraper par les épaules. Le secouer tel un vulgaire cocotier. Tenter de le réveiller de sa connerie encore plus palpable que d’ordinaire. « Je peux pas, tu comprends ? Merde Cha ! Fait toi aider ! Vraiment ! Je déconne pas. Je suis putain de sérieux là. Ca peut pas continuer comme ça !! Je peux pas te regarder t'auto détruire sous prétexte que tu refuses d'être aidé ! Sous prétexte que tu l'aimes depuis cinq putain d'années ! »
Il dit, le regard meurtrier alors qu’il l’attirait une fois de plus dans ses bras, la voix lasse,. « Et pense même pas à me dire que si je veux pas voir ça, j’ai qu’à partir. Y pense même pas putain ! J’partirais pas Cha. Même si tu me le demande. Même si tu me menace. Je partirais pas... »
Il lâche d’une voix cassée, brisée par un trop plein d’émotion alors que, se reculant de Charlie, il sortait du lit en reniflant. Essuyant le coin de ses yeux du revers de sa main avant de remonter la couverture sur son frère, l’y enveloppant.
« T’as… perdu beaucoup de sang… T’as besoin de repos… et de manger… Bouge pas »
Il dit, fuyant jusqu’à la salle de bain dans laquelle il se cacha. S’appuyant sur le rebord du lavabo pour reprendre son souffle. Reprendre ses esprit alors que de nouvelles perles d’eau salée s’échappaient de ses yeux. Se rependaientt sur ses joues avant de finir leur course sur le bois jauni de ce putain d’évier. Morceau de son âme semblant s’échapper à chaque sanglot.
Et il attrape un verre, Jude. Vieux verre en plexiglas bon marché traînant là depuis sûrement aussi longtemps que eux. Depuis des années.
Verre censé leur permettre de se rincer la bouche, mais couvert d’une tel couche de calcaire que d’en boire le contenu suffirait sans doute à recouvrir celle protégeant leurs dents.
Alors, les doigts tremblant sous ses sanglots, Jude se prit à le frotter. A la frotter fort. Très fort. Grattant les moindres couches de gras. De saletés accumulées. D’impuretés.
Et il frottait. Frottait. Nettoyant ce verre comme il aurait voulu nettoyer son âme. Son coeur en morceaux s’amoncelant à l’intérieur de sa poitrine. Tombant à son ventre tordu dans une douloureuse contraction.
Contraction qui s’intensifia à la vue de cette lame toujours présente sur le rebord du meuble.
A cette image des bras de son frère. De ces blessures qu’il n’aurait sans doute jamais vu, si Charlie n’avait pas commise la connerie de trop.
Et il sent son estomac se contracter. Une salve de bile remonter le long de sa trachée alors que, ayant tout juste le temps de lever le verre au dessus de sa tête, le contenu de son estomac se déversait contre le céramique de ce lavabo d’un autre âge. Teintant le blanc d’une bouillasse brune.
Du café. Principalement.
Et il vomit, Jude. Vomit sa tristesse, sa peur et son dégoût.
Vomit ces sentiments l’étouffant, le tuant à petit feu.
Se rinçant la bouche, il les observe s’évader par le siphon. Ne restant que les plus gros morceaux qu’il accompagna dans leur fuite d’un peu d’eau.

Vidé au sens propre comme au figuré, ses larmes semblaient s’être taris alors que, jetant la preuve du méfait de Charlie dans les toilettes, il tirait la chasse.
Adieu lame impie. Meurtrière. Ayant failli lui ravir son frère.
Et il écoute le tintement du métal dans les canalisations. L’écoute rejoindre les égouts de New York dans un silence presque religieux avant de retourner au lavabo et remplir le verre d’eau. D’une eau claire. Pure. Limpide.
Et il sort de la poche arrière de son jean les sachets de sucres volé à l’hôpital. Ceux offerts avec le café qu’il récupérait à chaque fois pour finir par les ressortir déchirés, dispersés à l’intérieur de ses vêtement.
Grains de sucres épars. Fléau du des machines à laver.
Sans un mot, il déverse leur contenu dans l’eau et la touille. Homogénéisant au mieux ce breuvage qu’il déposa sur la table de nuit, non loin de Charlie. « Boit. C’est juste de l’eau et un peu de sucre… Et repose toi… Demain, tu m’accompagne à l’hôpital »

Codage par Libella sur Graphiorum


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